Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

mercredi 27 octobre 2010

Simone éclaire la situation


- Ce soir, vous retrouverez votre programme favori...

- Qu'est-ce que tu fais chérie ?

- Je m'entraîne pour mon nouveau travail.

- Quel est-il ?

- Speakerine

- Et ça consiste en quoi ?

- A dire ce qu'il y a à voir sur la télé.

- Une lampe.

- Pardon... ce qu'il y a à voir à la télé...

- Et on a besoin de quelqu'un pour ça ? On a notre magazine, non ?

- Oui, mais ça apporte un peu de glamour, ça permet de faire le lien entre les émissions, d'éclairer le téléspectateur

- Et la lampe ?

- Elle ne peut pas éclairer le téléspectateur la lampe, il est chez lui le téléspectateur...

- Et pourquoi il regarde la télé dans le noir, il n'a pas de lampe lui ? On peut lui prêter si ça l'arrange.

- C'est une expression Raoul, éclairer le téléspectateur, ça veut dire rendre ses programmes plus visibles, plus accessibles.

- Mais comment ils vont t'entendre les téléspectateurs si tu parles dans le salon ?

- Mais je m'entraîne là Raoul ! Quand je travaillerai, je serai en studio !

- Et t'emportes la lampe ?

- Mais c'est quoi ton problème avec la lampe ?

- Bah rien mais si tu es en studio, ça veut dire que tu ne seras plus ici, et donc, tu ne pourras plus m'éclairer sur les programmes, donc moi, j'aurai besoin de la lampe !

- Mais je t'éclairerai depuis la télé ! Tu feras partie de tous les téléspectateurs !

- Bon, bah alors emporte la lampe, je n'en aurai pas besoin...

Simone se fait mousser


- Il faut que tu reviennes chérie, ça fait des jours que ça dure, tout le monde t'attend dehors...

- Oui, ils sont là quand je monte sur ta voiture en bas résille...

- Arrête, tu sais très bien que tu peux aussi bien te déhancher que philosopher, ton charisme est intact.

- Ils préfèrent quand même mes courbes que Descartes !

- Essuie-toi si c'est ce que tu penses, et prends ta retraite.

- Je pense, donc j'essuie.

- Très fin...

- Justement Raoul, il faut prendre en compte la pénibilité de plaire sur la durée, sans le droit d'être vide de tout charme, un jour où je voudrais respirer sans donner dans l'arsenic ou la dentelle. Alors je prends des retraites d'une semaine, ainsi, je durerai plus longtemps que tous les crépuscules.

- Simone, à l'instant où je te regarde, tu ne fais rien d'autre que respirer, sous une mousse que je jalouse, et à chaque fois que tu respires, tu m'inspires... Tu m'inspires tout l'amour du monde, ton vide c'est mon plein. Depuis que tu te prélasses dans ton mutisme, la légèreté sensuelle et le charme élégant sont en crise. Va retrouver ceux qui t'aiment, ils veulent le plein des sens...

- Quelle raffinerie Raoul !

- Raffinement chérie.

- Tu vois, même toi tu ne saisis plus mon humour !

- Pardonne-moi... C'est que plus la mousse s'évapore, moins je t'écoute attentivement...

- Viens dans l'eau Raoul, je te sens sur la réserve... Mon premier plein sera pour toi...

- Je me déshabille et j'arrive !

- Non, viens comme ça, je te prépare un mode essorage tel que tu ressortiras aussi sec que les réservoirs du peuple !

Le fruit de la plume


- Franck, occupe-toi de moi un peu...

- Simone, ma chérie, j'ai mille choses à faire, et puis j'ai eu quelques frayeurs avec ma fille, ça m'a pris beaucoup de temps.

- Elle est belle ta fille, c'est le fruit de ton amour. J'ai ce point commun avec elle.

- C'est joli ça. Et c'est vrai. Je t'aime Simone.

- Oui c'est vrai, je suis le fruit de ton amour, et de ta plume. Sans toi je ne suis rien, reviens s'il te plaît.

- Si Raoul t'entendait...

- Mais lui n'est rien sans toi non plus !

- Merci mais arrête de dire des choses comme ça, parce que ça va finir par faire un peu mégalo vu que je suis l'auteur...

- Tu es peut-être l'auteur mais je ne suis pas toujours d'accord avec ce que tu me fais dire, parfois je me sens extraordinaire de classe et de finesse, et parfois j'ai l'impression d'être une grande naïve qui se fait avoir un peu trop facilement, et mon élégance peut laisser place à une vulgarité assez crûe ! Sous ta plume, je suis tout et son contraire...

- Mais tu es un peu comme ça Simone... Tu es complètement comme ça.

- C'est vrai, mais je n'aime pas toujours que tu me connaisses aussi bien...

Shining star


- Bon, on a perdu Simone... Elle croyait que Nicholson voulait vraiment la tuer avec une tronçonneuse et elle s'est barrée avec le tricycle du petit dans le labyrinthe du jardin... J'ai crié cent fois son nom, je pense qu'elle se cache, terrorisée... Non, c'était son premier rôle, bien sûr qu'elle sait que c'est du cinéma... Mais faut dire que Jack, quand il te regarde avec son sourire de barge et la tronçonneuse qui vrombit, faut avoir une sacrée confiance dans l'homme pour être certain qu'il maîtrise son personnage !

Des bigoudis dans la salade


- Simone, où est passée la batavia ?

- Je l'ai jetée.

- Mais pourquoi ? Et qu'est-ce que tu fous avec le saladier sur la tête ?

- Tu t'occupes tellement peu de moi en ce moment, je me suis dit que si mes cheveux sentaient la salade, ça pourrait réveiller l'âme de la tortue qui sommeille en toi, et que tu pourrais enfin prendre le temps nécessaire à mon plaisir...

- Tu plaisantes ? Il faut que je te caresse le dos pendant une demi-heure, puis je dois te faire des grat-grat dans les cheveux pendant une autre demi-heure, puis te caresser le lobe des oreilles pendant dix minutes chacun, avant de pouvoir enfin accéder à la communion charnelle !

- Et bien oui, j'ai besoin de préliminaires moi !

- Oui, et bien moi aussi, mais je ne suis pas certain que les préliminaires que tu me proposes m'apportent beaucoup de plaisir !!

- Ah bon, tu n'aimes pas mon dos ? Tu n'aimes mes lobes ?

- Mais si j'adore tes lobes, j'adore ton dos, mais le plaisir ma chérie n'a pas signé d'exclusivité avec ta seule personne !

- Bon... et bien rassure-toi, je vais te faire un surprise des plus gourmandes ce soir...

- Ah ?

- Je me fais une mise en plis !

- Pardon ?

- Des bouclettes, des rondeurs, des reliefs, tu vas adorer me passer la main dans les cheveux ! Tu vas ressentir quelque chose de profondément nouveau !!!

- Génial...

Mise en scène


- Si tu touches à ma voiture, je déchire tes robes une par une, je repeins ta salle de bain au ketchup, je te fais des couettes, je les attache au ventilateur et je le mets en marche à vitesse maximum !

- Si tu touches à une seule de mes robes, je décolle toute la moquette de ton bureau avec les dents, avec les tiennes, je plie ton linge sans oublier de mettre une fine couche de beurre entre chaque vêtement, je blinde tes chaussons de carottes râpées, je saute à pieds joints sur ta télé et je couche avec Charles !

- Charles est pas foutu de jouir de sa propre vie !

- Et ben je coucherai avec Bernard !

- Si tu t'approches du charcutier, je lui raconte que tu donnais des cours particuliers de danse classique à son fils en l'appelant Rose, je lui raconte les histoires que tu veux que je te raconte pour t'endormir, je sors les enregistrements de tes ronflements, je lui raconte ta façon de grimper sur la cuvette des toilettes des restaurants avec les pieds pour ne pas salir tes petites fesses ! Je lui raconte que tu croyais que le mot clafoutis était une zone érogène, que tu mets une perruque à ton chien et que tu veux te faire refaire la bouche !

- Je veux me la faire refaire parce que t'embrasses tellement mal que depuis, elle ne sent plus rien !

- Et ben j'irai embrasser Paulette !!! Ca la changera de sa raie sur le côté !

- Elle n'a pas la raie sur le côté Paulette...

- Je parlais de son mari...

- Si tu touches à Paulette, j'appelle la police et hurle au viol, et avant de sortir de ce restaurant, je monte sur la table, et je raconte comment tu t'épiles le pubis avant d'aller jouer au foot, tes copains de vestiaire sont tous là, ils seront ravis !!

- Heu... Simone... T'as même pas besoin de monter sur la table, je crois qu'on nous regarde...

- Hum... je... pardon... nous répétions une scène pour notre pièce de fin d'année... les costumes sont de Donald Cardwell et les décors de Roger Hart !

(silence total...)

- Bon, bah on n'a plus qu'à déménager avec tes conneries... Prends ton manteau, je prends ton sac.

- Si tu touches à mon sac, je dis ce que tu as fait à la chèvre dans les Pyrénées quand t'étais ado !

- Mais ça n'a rien à voir ça ! On était bloqués depuis trente-huit jours dans un refuge !!!

- Et alors ? Ca justifiait de faire bêler la bête ?

- Bah au moins, elle bêle elle !

- C'est parce que tu parles très mal le chèvre, si tu avais compris, tu aurais fait ta première dépression à 17 ans !

Un bijou de femme


- Qu'est-ce qu'il t'arrive chérie ?

- A force d'avoir entendu toute la journée que j'étais une femme en or, je crois que je somatise...

Objectif lune


- C'est fou... On est partis hier soir et le boulevard est encore noir de monde...

- Comme quoi, même si l'enveloppe disparaît, le parfum continue d'enivrer et la mémoire fait durer le plaisir...

- Bravo pour le faux-plancher de la voiture au fait, je ne connaissais pas l'existence de cette trappe. Par contre, j'ai moins aimé les deux heures dans les égouts en pleine nuit !

- Oui, et bien remercie-moi plutôt ! Parce qu'avec ton cinéma mégalo là, t'as failli nous faire écraser comme des fourmis !

- Je voulais voir si d'autres pouvaient encore me désirer...

- En te mettant sur le toit de la voiture en porte-jarretelle ? Mais t'es pas bien Simone ? La ville entière s'est vidée de ses hommes, tu as fait régner un instinct animal pendant des heures ! N'importe quel porte-jarretelle sur le toit d'une voiture au milieu d'une foule aurait provoqué le même effet !

- Merci Raoul... Après l'hôtesse, la femme banale... N'importe quel
porte-jarretelle tu dis ? Parfait, demain, on y retourne, et tu montes sur le toit en bas résille, juste pour voir la nature de l'instinct que tu feras régner...

- Il faut comparer ce qui est comparable Simone !

- Alors je vais appeler Paulette, et tu verras que c'est ta femme qui fait la différence, pas la dentelle !

- Paulette ? Pardon, j'aime beaucoup ta soeur mais elle a autant de sex-appeal qu'une nageuse est-allemande.

- Donc, c'est ta femme qui a fait la différence...

- Arrête, tu sais très bien ce que je veux dire Simone... Tu as été un poil susceptible, et comme d'habitude, tu es devenue un volcan qui crachait sa colère brûlante...

- Pas faux...

- Tu crois que je ne te désire plus ?

- Si, bien sûr, d'ailleurs, en ce moment, tu ne quittes pas des yeux ton objectif. Et moi, je fais pareil...

Simone filante


- C'est impossible... Elle était là, sur la banquette arrière, elle buvait un verre de lait, elle me parlait à travers la vitre il y a une minute à peine et pfffuiiiiit, plus de voiture, plus rien, elle a filé comme une étoile...

- Si elle avait la voix lactée, c'est qu'elle savait qu'elle allait partir...

Breaking News


(le présentateur télé, en fond)

- Cela fait maintenant huit heures qu'une femme a mis le feu à la ville sans aucune violence ni même une seule flamme, si ce n'est celle qu'elle a semblé allumer parmi les 7867 hommes (7867 selon Simone, 12 selon Raoul) qui continuent d'affluer vers la voiture de la pyromane des sens. Cette femme se prénommerait Simone, elle serait avec son mari, dans une voiture, en petite tenue, en train de dormir sur la banquette arrière, après être montée sur le toit de la voiture pour inviter qui voudrait la suivre à dîner avec elle. Si on ne sait toujours pas à l'heure où je vous parle si la belle s'est endormie, la foule masculine est, elle, bien réveillée, et crie des "libérez Simone !" depuis hier soir. A noter que ce matin, 3429 femmes ont manifesté devant le palais de justice, au son de "Arrêtez Simone !" et plus de 4000 crient encore plus fort, sur le trottoir d'en face, des "Continue Simone !". On pense que les premières sont jalouses et que les autres sont ravies de regarder la télévision tranquillement et de dormir seules dans le grand lit. La police devait intervenir, mais le tas d'uniformes empilés au pied de la voiture laisse à penser que le coeur de l'homme a prévalu sur la raison d'état, et que cette incroyable Simone a donné naissance aux forces du désordre au sein même des gardiens de la paix.

Emportée par la foule


- On ne pouvait pas aller manifester à pied, comme tout le monde ?

- Raoul, j'adore les bains de foule, mais j'aime bien mon intimité, c'était la meilleure solution...

- Mais Simone, on a fait quarante mètres en cinq heures ! On va manger où ? On va dormir où ?

- Ici ! On est bien non ?

- Bah, y'a un peu de vis-à-vis quand même...

- T'es jamais content chéri... On n'est pas bien là ? De toutes façons, y'a plus d'essence nulle part, et ça tombe bien, on n'a même pas besoin d'avancer ! Et tous ces gens, tu te rends compte de l'exposition pour moi ?

- Mais de l'exposition de quoi Simone ?? Tu crois qu'ils sont venus pour toi tous ces gens ? Ils sont venus pour protester contre le gouvernement qui veut baisser l'âge de la retraite à 65 ans, eux, ils veulent continuer de travailler jusqu'à 70, et profiter de cette économie florissante ! Ils ne sont pas venus pour tes beaux yeux ! C'est pour ça que tu m'as demandé de prendre par le boulevard pour aller à la boulangerie ? Je me demandais aussi, ton vanity-case pour aller chercher une baguette, c'était louche... Allez, on rentre, personne ne verra tes cils ici !

- Attends un peu Raoul, je n'ai pas encore ouvert la fenêtre... et puis tu n'as pas encore vu ma tenue pour le dîner... Quand ils la verront, la rumeur va se propager jusqu'à la tête de la manifestation, les premiers vont battre en retraite, et même s'ils seront les derniers, ils seront toujours assez jeunes quand ils arriveront à ma fenêtre...

- S'il y en a UN qui raye ma voiture...

- Ah parce que s'il y en a mille qui reluquent ta femme ça te fait une belle jambe ! Mais si on touche à ton tas de ferraille, c'est l'apocalypse ??

- Apparemment, tu avais prévu d'être exposée non ? Alors fais ton numéro, mais moi, je ne suis pas venu pour faire le salon de l'auto dans la rue avec ma voiture, et encore moins pour offrir l'hôtesse en pâture à tous ces assoiffés, surtout quand l'hôtesse c'est ma femme, et qu'elle rêve d'être l'oasis de toute une ville !

- L'hotêsse ? L'hôtesse ???

Simone se met alors en dessous, de la dentelle à faire pâlir d'envie tout napperon qui se respecte, elle ouvre la fenêtre, klaxonne comme une dingue trente fois de suite, monte sur le toit, et hurle, toute de porte-jarretelle vêtue : "Qui veut dîner à la maison ???"

Et là, dans un choeur aussi fourni que spontané, aussi juste que brûlant, la réponse de mille hommes qui n'en font soudain qu'un seul résonne comme une foule dans un stade, comme une prière dans la ville toute entière : " En voiture Simone !!!"

Puis elle redescend, et dit à Raoul :

- Voilà, l'hôtesse a fini son job, normalement, tu devrais avoir du monde sur ton stand dans très peu de temps... Personnellement, je vais dormir en chien de fusil sur la banquette arrière, et dans cette tenue, ça pourrait faire des victimes. Alors je te conseille de sortir pour protéger ta voiture et ton hôtesse, et convaincre cette foule délicieuse qu'elle est effectivement venue pour le battage médiatique et pas pour le battement de mes cils...

Et la foule d'enchaîner : "Libérez Si-mone ! Libérez Si-mone !"

Dallas, ton univers impitoyable


- John, une amie m'a appelé, elle t'a vu avec Marilyn, vous étiez enlacés sur la moquette d'une chambre d'hôtel...

- N'écoute pas les ragots Jackie...

- Ce ne sont pas des ragots, elle m'a décrit la scène, elle ne voulait rien dire, mais nous jouons parfois au bridge ensemble, et elle n'a pas pu trahir notre amitié plus longtemps. Alors, tu avoues ? Ce "bon anniversaire Monsieur le Président", c'était de l'amour n'est-ce pas ?

- Ecoute Jacqueline, il n'y a rien entre cette femme et moi, c'est une amie, c'est tout, mais de là à perdre la tête pour une blonde décolorée...

- Tu as raison John, le jour où tu seras à ce point perturbé amoureusement, tu mettras probablement des chaussettes de tennis ringardes pendant une élégante croisière...

- Exactement ! Et ce n'est pas vraiment mon style comme tu le sais ! Alors laisse-moi me détendre, Dallas arrive dans une semaine, j'ai besoin de calme ! Merci !

- Je pourrai m'occuper de l'itinéraire ?

Simone va piano


- Simone ! There's a guy here, his name is Raoul ! He's looking for you !

- How good looking is he ?

- Handsome ! I think you should come and dance with him, honey !

- Play it again Sam...

vendredi 15 octobre 2010

Raoul le matador


- Ah non votre Altesse, pardonnez-moi, mais il existe une femme qui est bien plus belle que vous...

- Qui est cette traînée ???

- Hé ho calme-toi ton Altesse, elle s'appelle Simone, et elle a une classe, une élégance, un charme sensuel, qui sont autant de qualités que tu n'auras jamais espèce de vieille peau !

- Mais que t'arrive-t-il mon beau miroir ?

- Je ne suis pas un miroir, je m'appelle Raoul et je suis caché derrière depuis un mois pauvre tâche ! Et ça me faisait bien marrer de te regarder te prendre pour une reine alors que t'es juste une pauvre mytho qui n'arrive même pas à la cheville de Blanche-Neige !

- M'enfin ! Ô mon miroir... mais qui est cette Blanche-Neige ?

- T'es bouchée la reine ou quoi ? Je m'appelle Raoul ! Ton miroir il n'a jamais parlé ! D'ailleurs pour croire qu'un miroir puisse parler, il faut quand même attaquer sévère le goulot ! Je suis le mari de Simone, et Blanche-Neige, c'est la deuxième plus belle femme du monde, après ma femme, donc toi, au mieux, t'es médaille de bronze ! Mais bon, franchement, si on t'enlève ta couronne, t'es reine de rien du tout ma pauv' fille...

- Vous prendrez bien une pomme Monsieur Raoul ?

- Mais tu me prends vraiment pour une truffe Geneviève ! Je te conseille de ne pas trop me chercher parce que dans ces cas-là, je deviens un véritable taureau, et crois-moi, il ne vaut mieux pas que tu voies ce que ça donne quand le taureau rentre dans la Reine !

Y'a de la cerise !


- Tu sais que c'était l'anniversaire de Raoul hier soir...

- Oui...

- Donc, le Raoul, il rentre chez lui, nu comme un ver, entièrement recouvert de crème chantilly, avec une cerise savamment placée sur sa masculinité. Comme il veut faire la surprise à sa femme, il n'allume pas, reste dans l'entrée et l'appelle... "Simooone !"

- Il s'est offert lui-même son cadeau ! Elle a dû éclater de rire...

- Attends Lino, mieux que ça ! Il entend Simone qui dit "chéri, c'est toi ?" trompée par la corpulence crémeuse dans l'obscurité... Il répond "évidemment que c'est moi, je t'ai rapporté une énorme gourmandise comme tu aimes, je veux juste que tu te souviennes avant de commencer que le bonheur c'est la cerise sur le gâteau... allume..."

- Et alors ?

- Alors une énorme clameur résonne, tous les amis de Raoul étaient venus lui faire la surprise pour son anniversaire ! Toute la famille était là, les applaudissements sont nourris, laissant immédiatement place à un silence stupéfait et gêné, puis avec une voix d'outre-tombe, la mère de Simone, tailleur strict et chapeau noir avance et lance un lugubre "Joyeux anniversaire Raoul..." Lui, dans un réflexe pudique met ses mains devant son intimité dans un geste tellement rapide qu'il dégomme la cerise, qui atterrit sur la tête de la belle-mère ! Simone décide de vite lancer la musique pour passer à autre chose, et là, summum du grand moment de solitude, on entend Michel Sardou qui déchire le silence avec son "... elle a des cerises sur son chapeau, la vieille..." !!!

Jeux d'enfants


- Raoul, promets-moi que tu seras mon amoureux pour toute la vie...

- Mais Simone, on est trop petits, on ne peut pas savoir ce qu'il y a après...

- Fais comme Pascal, le Philosophe...

- Pascal ?

- Oui, Pascal, un jour, il a pensé, et il a écrit ce qu'il a pensé dans un livre qui est génial. Il dit qu'on a tout à gagner à faire le pari de la foi, alors fais pareil, fais le pari de l'amour, fais le pari de m'aimer moi, et tu verras qu'après, c'est le paradis...

- Comment tu sais tout ça à ton âge ?

- Parce que ma mère a dit la même chose à mon père, et elle m'a toujours dit que les étoiles sont nées le jour où mon père a dit oui...

- C'est vrai ?? Les étoiles ça vient de tes parents ?

- Oui, c'est mon père qui les a semées pour se rappeler où était la lune...

- Il est allé sur la lune ton père ?

- Oui, il est allé la décrocher pour l'offrir à ma mère, il lui disait souvent que pour elle, il pouvait le faire...

- Simone, je te promets que je serai ton amoureux, et que j'irais décrocher la lune pour toi !

- Mon Raoul, mon amoureux...

- Mais t'es sûr que ton père il l'a remise ? Non parce que j'ai pas trop envie d'y aller pour rien... Et puis si ça se trouve, elle est super lourde, t'imagines la chute ?

- Raoul, mon petit prince, si tu ne trouves pas la lune, dessine-moi un mouton, tu m'éclaireras autant...

Le poids de l'amour


- Qu'est-ce qu'il s'est passé chéri ?

- Il s'est passé que tout le monde parle toujours d'aller décrocher la lune, mais personne ne pense jamais à ce qu'elle pèse si tu y arrives !

Ne jamais mettre Simone en boîte


- Qu'est-ce que tu fais Simone ???

- Puisque tu ne peux pas t'empêcher de me mettre en boîte quand y'a du monde en parlant de ma cuisine, je fais pareil avec ton prochain trimestre de dîners, je le mets en boîte !

- Mais enfin chérie...

- Oh ça va Raoul hein, y'a pas de chérie qui tienne ! Allez, bon appétit, moi je vais chez Paulette quelques jours.

- Mais...

- Ah au fait, je viens de me rappeler une chose, si tu as besoin de ton permis de conduire, il est tout en dessous, je me souviens avoir posé une des premières boîtes dessus...

- Mais je dois partir chez Paul ce soir pour le poker !

- Bah dis-leur de venir ici, dis-leur que t'as fait les courses... ;-) Allez, bon app' mon grand...
- Simooooone !!!

L'amie américaine


- Raoul, c'est Audrey. Excuse-moi de te déranger mais je ne trouve plus ma boucle d'oreille droite. Je pense qu'elle doit être tombée chez toi, ce serait bien que tu la trouves, sinon Simone pourrait se faire des idées...

- Mais comment veux-tu que je la trouve en si peu de temps ?

- Regarde sur le canapé...

- Le canapé ?

- Oui, avec moi, c'est toujours diamants sur canapé...

Moonwalker


- Raoul, où tu vas ?

- Je fais un saut chez le boulanger et je reviens

- Tu me rapportes un croissant ?

- Je te rapporte la lune mon amour !

Zoom zoom zen


- Incroyable cette loupe Raoul...

- Tu as vu ce zoom ? Ca marche à l'intuition solaire...

- A quoi ?

- L'intuition solaire ! Tu penses fort à un gros plan, tout en étant au soleil, et hop, tu l'as !

- Tu te fous de moi ?

- Mais pas du tout ! C'est incroyable ! D'ailleurs, cette nuit, pendant que tu dormais, je l'ai posée sur ton coeur...

- Et ?

- Et j'ai vu à quel point tu m'aimais, ça m'a mis en joie pour l'année...

- Raoul, tu pourrais aller en prison pour un mensonge pareil...

- Qu'est-ce qui te fait croire que je mens ?

- Depuis quand l'intuition solaire fonctionne la nuit ?

- Ah très juste... Appelle la police Simone, je me rends... De toutes façons, même à l'ombre, j'aurais toujours cette intuition solaire de ton amour !

(Simone, dans un sourire qui exprime tout son état fondant devant les mots de son chéri...)

- Tu peux ma lumière, tu peux...

Simone n'est pas de glace






- Tu vois cet homme chérie ? Il me fait penser à moi...

- Pourquoi ?

- J'ai l'impression de me voir porter mon amour pour toi... Pour te l'apporter sur un plateau, j'irai jusqu'à glisser sur des lames, au mépris de la chute. La tâche est ardue, le port est fragile mais l'attitude sereine et élégante.

- Enlevez vos gants cher ami, posez votre plateau, et servez-moi une jolie dose d'amour, j'en ai une soif irrépressible, inextinguible, irrésistible...

- De la glace ?

- Vous rigolez jeune homme, je la ferais fondre dans la seconde !

- Patinons ensemble ma très chère...

- C'est cela Raoul, patinons, patinons, et n'arrêtons jamais de dessiner les courbes qui nous lient...

Au bout du fil


- Qu'est-ce qui se passe ici ?

- C'est Simone qui téléphone à Raoul depuis une heure, elle lui dit des mots d'amour...

- Pousse-toi, pousse-toi, je veux écouter !

- Bah tu te mets où y'a de la place mon grand ! On est là depuis le début nous...

- Je peux me mettre là ?

- Non là c'est ma cuisse...

- Et là ?

- Là c'est mon aile...

- Bon, l'aile ou la cuisse, qu'est-ce que tu préfères ? Parce que tu vois bien qu'il va falloir se serrer ! Alors qu'est-ce qu'ils disent ?

- Des folies... Et dire que toute cette histoire de mots doux ne tient qu'à un fil...

- Je vais répéter ça à ma colombe, elle va adorer... J'adore quand Raoul sort sa plus belle prose... je vais lui écrire, sans lui dire que c'est moi, pour voir...

- Mais qu'est-ce que vous avez tous les corbeaux à vouloir rester anonymes ??

- C'est notre côté obscur... Je te demande si tu veux un Strepsil toi le rouge-gorge ? Bon, alors lâche-moi avec mon côté sombre ! Et les hirondelles ne sont pas là ?

- Non, elles font le printemps...

- Elles ont la belle vie celles-la...

La roue de l'infortune


- C'est pas vrai ! On m'a encore piqué le protège-jante de ma Jaguar !!!

- Mince alors... Qui aurait pu faire une chose pareille... ?

Simone n'a pas d'âge


- Tu penses à la même chose que moi Paulette ?

- Oublie Simone, tu n'es plus en course pour ces jeunes étalons...

- Parle pour toi ma chérie, tu es peut-être rentrée à l'écurie, mais pas moi, la jument a toujours du jarret et la crinière qui vole au vent !

- Simone... Ils n'ont pas trente ans...

- Déjà un point commun, moi non plus !

A deux doigts du bonheur


- Combien j'ai de doigts là Raoul ?

- Trois...

- Tu ne vas pas me faire croire que tu ne t'es pas trompé de chambre volontairement quand même ! Entre 302 et 303, y'a quand même une différence de courbes dans le dessin du chiffre final !

- Oui... et y'a pas que dans le dessin du chiffre final qu'y a une différence de courbes...

- Pardon ?

- Non rien, le bonheur parfois se joue à une unité...

vendredi 1 octobre 2010

Dans le dos de Simone


- Chérie... Ta main, tes cheveux, ton dos, tes grains de beauté, même le drap que tu recouvres, tout est d'une perfection sensuelle et élégante absolument hallucinante... Je t'aime Simone... Tu es une ode à la féminité qui mériterait un éternel écho...

- C'est gentil mais vous n'avez pas bu que de l'eau ce soir très cher...

- Pourquoi tu dis ça ? Tu es gonflée ! Je n'ai rien bu, et même si j'avais bu, je t'ai déjà dit mille fois, avec mille mots différents à quel point ta beauté me bouleversait ! Pourquoi tu me dis ça Simone ???

- Parce que vous êtes dans la chambre 302 là Monsieur...

- oops, pardonnez-moi madame...

My name is Raoul


- Pardonnez-moi Simone...

- Les Russes ?

- Non, une guêpe

Au théâtre ce soir


- Et là, c'est ma femme, qui répète pour samedi. Elle a trouvé un petit rôle de bureau...

- Elle joue un bureau ?

- Oui, et comme vous pouvez le voir, elle le fait parfaitement !

- Je vois oui... Il reste des places au premier rang ?

- Pourquoi au premier rang ?

- Ecoutez, j'aime pouvoir lire sur les lèvres des acteurs, je suis un peu sourd...

- Mouais... J'ai comme l'impression d'avoir saisi l'origine de votre surdité Maître...

- Plaît-il ?

- Non, il plaît pas du tout, je vais me débrouiller autrement pour la vente de la maison, alors tu vas rentrer chez toi, tu vas prendre ta petite sacoche et ton petit manteau, tu vas rentrer ta petite carcasse dans ta petite voiture, et tu vas faire très vite, sinon tu vas te prendre une graaaaande beigne !

- Mais enfin, Raoul ??

- Monsieur Raoul ! Et si je te vois traîner devant le théâtre, je te traîne en justice, mais façon Raoul, par les petits cheveux de derrière, de chez moi jusqu'au palais de justice !

Maux croisés


- Simone...

- Oui Raoul...

- Je te demande pardon pour ce matin. J'ai été odieux.

- Que se passe-t-il mon chéri ? C'est parce que tu me vois désirable dans cette robe que tu te rends soudainement compte que la lettre qui s'ennuie peut être aussi enivrante que son enveloppe artificielle ? Enveloppe qu'elle aura préparée pour le dîner mondain si important aux yeux de son mari ? Tu remarqueras que mes seins sont absolument invisibles, ta chasse est bien gardée...

- Non mais...

- Non mais quoi Raoul ?? Il te faut absolument une enveloppe irréprochable pour que tu aies envie de lire ton courrier ? Tu crois qu'on trouve l'or dans la boue ou qu'il naît dans un écrin ??

- Je sais. Pardon. Crois-moi, je t'aime, je ne veux pas te perdre.

- Pourquoi me perdrais-tu ?

- Quand tu croises tes jambes comme ça, je sens que tu es prête à séduire, ton corps traduit tes silences, et j'ai peur que tu ne les décroises plus pour moi...

- Raoul, je ne les décroiserai pour personne d'autre. Mais parle-moi encore une fois comme ce matin, et je deviens championne olympique du 110 mètres haies !

La fleur et le confort


- Je m'ennuie Paulette... Que dois-je faire ?

- Que me demandes-tu Simone... ?

- J'aime Raoul. Profondément. Mais le quotidien nous use, il ne s'occupe plus de moi, et quand il le fait, je n'arrive pas à m'enflammer comme au temps béni des feux vigoureux qui nous embrasaient... Et puis il y a cet homme, qui m'écrit des lettres qui me font me sentir belle, neuve, vivante. Sous ses mots, je suis actrice de ma propre renaissance. Il m'aime, j'en suis maintenant convaincue, et dire que je l'aime serait un spectaculaire euphémisme...

- L'éternelle question... Mais je ne peux pas te conseiller quoi que ce soit Simone. Le quitter ? Quitte-le, et tu le regretteras quand il sera déjà trop tard. Prendre un amant ? Tout finit toujours par se savoir, et la trahison est bien plus douloureuse qu'une flamme qui ne brûle plus...

- Que faut-il faire Paulette quand l'amour veut se dédoubler. Quand il propose une route confortable et un chemin fleuri, et qu'on risque l'ennui ou la sortie de route ?

- Choisis le confort. J'aimerais te dire de prendre cet amant qui te rend belle, ce serait la solution facile, de garder son équilibre savamment construit, tout en goûtant au plaisir du funambule sur son fil fantasmagorique. Tu serais comblée, aimée deux fois, comme une épouse et comme une femme, ton quotidien te paraîtrait moins lourd, grâce à la légèreté que t'offrirait ton altitude. Mais une chute, une seule, t'abîmerait vraiment, et tu entraînerais avec toi la confiance de ton mari, son amour, et toute la richesse de votre histoire. Choisis le confort. Et continue de rêver à ton chemin fleuri...

- Merci Paulette. Je l'aime mon Raoul... Mais pourquoi est-ce si difficile de renoncer à certaines évidences, d'ignorer quand un bonheur certain vient vous proposer de souffler sur vos braises ?

- C'est peut-être comme dans les pensées de Pascal. Puisqu'on a tout à gagner à faire le pari de la foi, peut-être avons-nous tout à gagner à faire le pari de l'amour fidèle...

- Tu devrais écrire "Les pensées de Paulette" ma soeur chérie...

(Raoul claque la porte d'entrée)

- Simone ?

- Je suis au téléphone !

- Putain Simone, j'attends un coup de fil de Michel pour le match de ce soir, et c'est quoi cette vaisselle dans l'évier ? T'as que ça à faire chérie, quand même... Pour le dîner de demain, essaie de te mettre un peu en valeur parce qu'hier, t'étais pas vraiment à ton avantage chouchou... Et n'offre pas tes seins à tout le monde, vas-y mollo sur le décolleté ! C'est qui au téléphone ?

- Paulette !

- Embrasse-la de ma part, et demande-lui des conseils pour t'empêcher de traîner à la maison comme ça... J'ai horreur de te voir t'éteindre comme une ado dépressive...

(Paulette)

- Simone... Prends un amant.

Autant en emporte Scarlett


- Bonjour Madame, je viens voir Raoul, il est là ?

- Vous êtes ?

- Scarlett, une amie.

- Une amie ? Quel genre d'amie ?

- Dites-lui que je suis le petit chaperon rouge, il comprendra...

- C'est ça ! Et moi je suis la grand-mère !!! Tu me prends pour une truffe ?? Alors tu vas me remballer tout ça M'am Scarlett et tu vas revenir en jogging, et encore, je suis même pas sûre que tu vas revenir...

- Vous vous méprenez, je tourne un film, une reprise du petit chaperon rouge, et Raoul est un des figurants, et il me soutient beaucoup sur le tournage... Je voulais le remercier.

- Bah voyons, il vous soutient... Et je vois que vous avez en effet besoin d'être soutenue ! Ceci dit, depuis un bout de temps, Raoul, c'est dans ma vie qu'il fait de la figuration, il doit commencer à avoir de l'expérience...

- Comme vous avez de grands yeux...

- C'est pour mieux vous voir venir mon enfant...

Suspicious minds


- Simone, gimme two kisses, honey...

- why two ?

- One for the money, two for the show

Pas de fumée sans feu



- Simone, arrête avec ces cigarettes, tu vas finir par partir en fumée...

- De toutes façons, tout part en fumée Raoul, l'amour, la beauté, la jeunesse... Alors autant prendre du plaisir dans la combustion...

- C'est malin ça... Non, tout ne part pas en fumée, mon amour restera le même dans vingt ans, comme il était déjà il y a vingt ans. Ta jeunesse brillera toujours dans tes yeux, et continuera de nourrir la douceur de tes gestes. Et ta beauté ma chérie, pour qu'elle parte en fumée, il faudrait que le feu en personne arrive à te séduire, et encore, il serait capable de se faire inoffensif pour te plaire... Pose cette cigarette chérie, laisse la vie nous consumer doucement...

- Raoul, écoute la musique du temps qui passe, profite des volutes symphoniques qui embrument mon âme...

- Que tu sois ombre ou brouillard, Simone, tu restes incroyablement solaire, tu continues de m'éclairer, au point d'avoir oublié la nuit...

- Mon chéri...  Et tu dors quand ?

- Quand le sommeil se fait jour, et quand ta peau se fait amour...

Ta bouche Simone !


- Ouvrez la bouche Simone...

- Bah je ne peux pas Docteur...

- Non mais la vôtre

- ah pardon... comment dois-je l'ouvrir ?

- comme vous voulez, dites quelque chose...

- Paris Bordeaux Le Mans, Paris Bordeaux Le Mans

- Parfait. On ne voit rien. Vous pouvez donc aller chez votre belle-mère, et réagir comme bon vous semble à table, en tenant bien ceci devant votre bouche. L'inconscient collectif n'enregistrera qu'une seule chose, l'immobilité de vos lèvres.

- Vous êtes sûr de votre coup là ?

- Parfaitement sûr. Ca fera 300 francs s'il vous plaît Madame...

- Dis donc Docteur l'embrouille ! Tu m'as pris pour une naïve ? Parce que tu croyais que j'allais payer ton stratagème à deux sesterces ??? Parce que tu crois que la musique de tout ce que j'ai à dire à ma belle-mère va sortir par les grilles du transistor ?? Qu'un petit bout de carton va tuer dans l'oeuf toute suspicion quant à la possibilité que les mots prononcés puissent l'avoir été par celle qui le tient ? Alors tes 300 francs, tu les oublies, l'immobilité de mes lèvres, je m'assois dessus, et je peux te dire que la belle-doche elle va les voir bouger mes lèvres si elle lance les sujets qui fâchent !!!

Acrostiche


Sensuelle
Intelligente
Mutine
Orgueilleuse
Nue
Elégante
Jolie
Emouvante
Valeureuse
Opaline
Unique
Sulfureuse
Amoureuse
Inégalable
Magique
Eternelle...

- Raoul, arrêtez c'est trop...

- Madame, c'était juste assez pour le plus sincère des acrostiches..

- Qu'est-ce qu'un acrostiche ?

- Prenez les premières lettres de chaque vers ou phrase, et lisez la phrase qu'elles forment, de haut en bas... Je vous abandonne le temps de votre concentration, la timidité me gagne...

Simone bulle


- Tu vois chérie, dans cette bulle vit ton souffle de tout à l'heure, c'est déjà le passé qui vole dans notre présent...

- Et ?

- Et si je fais éclater cette bulle, je fais revivre le passé. Plus tu feras de bulles, plus je pourrai suspendre le temps. Souffle, souffle encore, et encore. Et tant que je libèrerai le parfum de tes baisers, le temps ne saura nous rattraper.

Le jour où Simone a vu JFK


(Simone, en chuchotant)

- Viens voir Raoul !! Ne fais pas un bruit...

- Qui c'est ?

- Qui c'est ?? Tu ne vois pas que c'est Marilyn ?

- Oui mais l'homme là, c'est... non...

- JFK ! Oui ! La rumeur est donc fondée !

- Incroyable... Quel couple... Je me disais aussi que son "happy birthday Mister President" était très... chaud.

- Il faut croire que certains l'aiment chaud mon chéri...

- Nobody's perfect !

Bob emmène Martin chez Simone


- Chez Simone s'il vous plaît...

- Je vous connais non ?

- Possible

- Vous ne vous appelleriez pas Martine par hasard ?

- J'ai une tête à m'appeler Martine ?

- Non, justement, c'est pour ça que ça m'étonnait...

- Et vous c'est comment ?

- Robert

- Ok. Bien joué, je le mérite...

- Non, vraiment, je m'appelle Robert ! C'est fou que l'adresse de Simone soit si courue ce soir...

- C'est l'anniversaire de l'homme de sa vie

- Comment s'appelle-t-il ?

- Raoul

- Vous vous foutez de moi ? La sublime Simone a épousé un Raoul ?

- Il faut se méfier des apparences Robert, il se pourrait que La Martine vous donne vos lettres de noblesse...