Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

mardi 30 novembre 2010

Jaune citron


 - Tu es mignonne en jaune citron...

- C'est pour rendre hommage à mon père... Bon, merci Steve, merci beaucoup d'être venu me voir à l'hôpital, ça m'a vraiment fait chaud au coeur...

- Pas trop chaud j'espère. Je n'ai pas envie de finir avec une crête moi, j'ai une carrière...

- J'aimerais que tu me promettes tous tes bains, mais ce serait louche à force, j'en suis consciente...

- Et Raoul n'aurait pas forcément envie de danser s'il te savait aux bains louches... Bon, je te laisse ma belle, je dois répéter un numéro de banjo pour les Oscars demain soir.

- Tu vas aux Oscars ? Tu as des places ?

- Plutôt oui, je concours pour le titre de meilleur acteur... Tu veux venir ?

- Si je veux venir ? Mais je dors sur place dès ce soir pour être sûr de ne pas rater le début !

- Y'aura Warren, Marlon, Woody, Sidney, Faye, Angie, Natalie, tu lui ressembles d'ailleurs à Natalie...

- On me l'a déjà dit oui... Oh Steve, comment te remercier ?

- Mets quelque chose de plus discret pour la cérémonie...

- Tu n'aimes pas mon manteau ?

- Je l'adore. Mais puisque les caméras du monde entier seront braquées sur moi pendant quelques minutes, un zeste de discrétion ne fera pas de mal...

La lune dans le caniveau


- Je suis sûr que c'est ici Professeur...

- Vous croyez qu'il serait arrivé aussi loin Simone ?

- Regardez la forme de ce petit étang, exactement la taille du croissant qu'il devait me ramener... Une oasis de bonheur...

- Mais pourquoi aurait-il choisi un désert chinois ?

- Il n'a pas choisi Professeur, c'est le poids de sa quête qui a choisi pour lui, et c'est là qu'il a jeté l'ancre...

- C'est fou, il a réussi. Vous rendez-vous compte Simone ? ll vous a rapporté un croissant de lune !

- Je suis tatouée à vie. A l'ancre de Chine.

Vive le vent d'hiver


- Simone ! Simone !!!

- Ah mon prince...

- Mais qu'est-ce que tu fais là ?

- Je dormais sous un tas de feuilles, en t'attendant...

- Mais tu aurais pu mourir de froid ! Pourquoi n'avoir pas marché jusqu'à la maison la plus proche ?

- Pour que je tombe sur sept nains alcooliques qui veulent que je les borde, à qui j'aurais été obligée de raconter une histoire pour les endormir et pour que tu me fasses une scène au moment de me tricoter l'haleine ?

- Ouh la... chérie, tu as dû subir un petit traumatisme à cause du froid...

- Oui, pardonne-moi...

- C'est rien... mais quelle imagination quand même !

- Heureusement que c'est l'automne tu sais chéri, ce tapis de feuilles était délicieux...

- Si je n'avais pas été prince, j'aurais été un vent d'hiver, une bise fraîche, pour te découvrir et te saisir...

- J'aurais été transie d'amour, et prête à enfiler ton beau manteau d'hiver, pour devenir la plus pure des femmes, blanche comme neige...

Souffler n'est pas jouer


- mmmm... Simone... quelle endurance...

- Quoi, tu es à bout de souffle ?

- Non, je pourrais escalader l'Everest pour garder le goût du bonheur un peu plus longtemps...

- Tu parles comme un acteur...

- Tu n'aimes pas les acteurs ?

- J'avoue que je ne laisserais pas Steve McQueen coucher dans la baignoire...

- Simone, si jamais tu croises ce type un jour, il faudra que tu sois forte !

- Mais je serai forte ! En même temps, comment tu veux que je le croise, je ne suis pas sa voisine du dessus...

- Pas faux. Mais si ça arrive, détourne les yeux, ou je répondrai aux avances de Sofia Loren...

- Tu as des avances de Sofia Loren toi ?

- Pas encore, mais si je la croise, je suis sûr que je lui plairai...

- grrrrr... embrasse-moi Raoul...

lundi 29 novembre 2010

Blanche comme neige


- Comme je suis heureux de te retrouver ma princesse...

- Moi aussi mon Raoul charmant...

- Tu sens un peu la vodka par contre...

- Tu m'étonnes, j'en ai bu au moins sept ! Je suis un peu claquée là...

- Sept ?

- Oui, avant chaque histoire racontée à mes colocataires pour les endormir, j'en ai bu une, et ils sont sept.

- Tes colocataires ?

- Bah quoi mon charmant, tu croyais que j'allais t'attendre sous un tas de feuilles ? Si je suis en bonne santé, c'est grâce à eux. Tu devrais les remercier.

- Que des hommes ?

- Oui.

- Attends, attends... Tu es allée coucher sept hommes un par un en leur racontant des histoires et à chaque fois tu as bu une vodka ??

- Oui, mais sans pomme. Tu sais que je ne supporte pas la pomme... C'était le dernier soir, ils voulaient marquer le coup quoi...

- Et ben tu t'ennuies pas Simone ! J'imagine que le dernier de la liste était ravi !

- Non, Joyeux.

Voyage en crête


- C'est quoi cette crête ?

- C'est le sommet de mon week-end... J'ai eu une peur...

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Qu'est-ce qu'IL s'est passé...

- Oh ça va Voltaire... Qu'est-ce qu'IL s'est passé ?

- J'étais au cinéma, je suis allé voir Amarcord samedi, on était deux dans la salle, j'avais invité une amie de ma mère, Simone.

- Tu es allée avec Simone au cinéma ? Mais je la connais, elle habite à côté de chez ma tante ! Quelle bombe cette femme...

- C'est surtout une mèche.

- Une mèche ?

- Oui, la bombe c'est son mari, et si t'allumes la mèche, je suis bien placé pour savoir que tu peux te retrouver les cheveux en pétard !

- Son mari était là ?

- Non, mais il est arrivé au mauvais moment, et du coup, il s'est mis en pétard juste avant mes cheveux...

- Qu'est-ce que t'as fait de mal ?

- Bah j'avais la main sur la cuisse de sa femme, alors forcément...

- Mais t'es dingue ! T'avais la main sur la cuisse de Simone ? Ne me dis pas qu'elle ne t'a rien dit ?

- Quoi je suis dingue ! T'es marrant toi, j'aimerais t'y voir avec des cuisses pareilles qui hurlent leur envie qu'on leur parle tout bas ! Si, elle m'a prévenu que c'était dangereux, m'a dit que j'étais trop jeune, et puis je crois qu'elle a été séduite par mes arguments et la vérité de mes sentiments, et elle m'a autorisé à laisser ma main jusqu'à la fin.

- Arrête... Et alors ?

- Et alors son mari est arrivé pour lui faire la surprise ! Il a gueulé "qu'est-ce que c'est que ce cirque ??" Simone a répondu "Oh Raoul, c'est rien, c'est Paul, le fils d'Odette. Il a un peu peur du noir, il avait besoin d'un câlin, c'est tout..."

- Et ensuite ?

- Il a enchaîné : "Il a peur du noir ? Et c'est parce qu'il ne sait pas lire les sous-titres qu'il essaie de comprendre le film sur ta cuisse ? T'as troqué le résille pour le braille ?"

Et là, il m'a chopé par le col, il m'a sorti du cinéma et m'a emmené dans sa voiture. Arrivés sur la pente de son garage, il m'a dit : "Ok le jeune Paul qu'a peur du noir, et bien puisque tu aimes mettre les mains dans les coins, tu vas m'aider à nettoyer les miens, mais on va le faire avec tes cheveux..."

- Ce truc de dingue...

- Alors il m'a descendu avec une poigne d'enfer, il m'a assis sur une chaise dans son garage, m'a rasé la tête sur les côtés, il m'a fait cette crête avec un mélange de mes cheveux et des poils du balai de son garage, il les a collés avec de la colle forte, puis il m'a pris par les chevilles, et m'a dit : "Maintenant tu marches sur les mains, et tu penches bien la tête à chaque fois que tu vois une bordure, je ne veux plus voir la moindre poussière ou toile d'araignée ! Je vais te passer l'envie d'aller dans les coins moi !"

- Ah quand même...

- Et il a ajouté "...au cas où tu aurais eu l'idée de jouer à la brouette avec ma femme, je te donne un avant-goût de ma version ! Et là, je suis gentil..."

- Et toi tu ne disais rien ?

- Quand t'as Raoul qui te tient par les chevilles juste après qu'il t'ait chopé avec ta main sur la cuisse de sa femme, tu dis rien, tu nettoies !

- Ouais, forcément...

- Et toi ?

- Quoi moi ?

- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?

- Ah moi rien, je voulais me faire cette coupe depuis longtemps. T'aimes bien ?

- Tu veux dire que personne ne t'a forcé ?

- Bah non, pourquoi ?

- Ah ouais quand même...

Pilote de courbes


- Que faites-vous ici Monsieur ?

- Je viens faire une surprise à une amie...

- Simone ?

- Oui. Elle va bien ?

- Elle n'a rien de grave, elle a piqué du nez en avion, un problème de moteur apparemment...

- Oui c'est un problème de moteur, mais ça vient plutôt du sien que de celui de l'avion...

- Comment vous savez cela ? Je suis sa soeur et je pensais être la seule à avoir imaginé ce diagnostic, vous êtes un proche ?

- Un ami.

- Vous savez Simone, c'est un papillon, elle a besoin d'évasion, il faut vraiment se mettre dans le bain pour la comprendre...

- Je sais...

dimanche 28 novembre 2010

Ma vie en l'air


- Mais enfin Simone, que s'est-il passé ??

- Vous m'aviez dit que voler c'était aussi beau que du Wagner !

- C'est vrai ! Même si c'est plus impressionnant en hélicoptère mais c'est vrai.

- Oui, et bien c'est l'apocalypse maintenant ce voyage !

- Mais comment vous êtes arrivée là ?

- Et bien ce bruit du moteur et ces nuages qui se ressemblent tous, c'est d'un monotone... Et moi, quand le rythme est monotone, je pique du nez !

- Alors à quoi bon s'envoyer en l'air si vous ne prenez pas de plaisir là-haut ?

- Dis donc Tarzan, tu vas descendre de ton arbre et on va poursuivre cette conversation à terre ! Parce que là, j'ai tellement les ailes qui me démangent que je te volerais bien dans les plumes, juste pour le plaisir !

- Mais...

- Et à propos de plaisir, sache que j'en prends où que j'aille, et peu importe l'altitude, mais j'ai besoin de bleu moi, de soleil, pas de ce gris lugubre qui a autant de sensualité que Monsieur Sanzot !

- C'est qui ce Monsieur Sanzot ?

- Mon boucher.

- Mais c'est l'acte de voler qui donne du plaisir pas l'environnement !

- Et bien moi je vole écolo Monsieur ! Je vole pour jouir de la nature ! Tu voles pour qui toi ? Vu la fraîcheur de ton sourire, tu ne voles pour personne. Ou alors tu voles blanc.

- Ca ne veut rien dire de voler blanc, et je ne vous permets pas de parler ainsi de mon sourire !

- Si, voler blanc, ça veut dire voler sans avoir vraiment de convictions ! Moi j'en ai, je veux du soleil, je veux du vent, je veux de la musique ! Je ne veux rien qui soit terne ! Et ici, franchement, que ce soit vos tronches ou la météo, on se croirait dans le XVIIème !

- Pardon ?

- Parce que c'est l'avenue des ternes ici ! Et puis quand c'est moi qui pilote, je m'ennuie, j'aime bien qu'un vrai pilote tienne les commandes, là je peux monter très haut.

- Il fallait me demander, je suis pilote de ligne.

- Mais malheureux, c'est un pilote de courbes qu'il me faut ! Un pilote de ligne... je préfère encore mettre le pilote automatique ! Au moins on est sûrs d'arriver !

Le rouge est mis


- Regarde Raoul, le château de ma mère...

- A voir le jardin, on sait de qui tu tiens... On dirait qu'elle a été très amoureuse ici ta mère.

- Oui, très...

- Mais pourquoi aucune chambre du château n'a-t-elle rougi ?

- La chambre de mes parents donne de l'autre côté, sur le lac. Au coucher du soleil, on ne sait si qui, de l'astre ou de la façade, est le plus rougeoyant... Et si tout est rouge le long de cette allée, c'est parce que c'est là que mes parents se promenaient tous les soirs, jusqu'à ce banc... Et c'est sur ce banc que...

- ...que tes parents se sont embrassés pour la première fois, et depuis le rouge est mis sur le parc...

- C'est pour ça que je t'aime toi ! Oui, c'est exactement ça. Ce banc, c'est la gloire de mon père...

La dolce vita


- Tu aimes les belles femmes Simone ou tu en es jalouse ?

- J'aime beaucoup regarder les belles femmes. Mais je les regarde quand elles ne voient pas que je les regarde. Et si, quand je regarde une belle femme, elle ne sent pas que je la regarde parce qu'elle est belle, je peux même engager la conversation...

- Et si elle le sent ?

- Si elle le sent et qu'elle en est un peu gênée, c'est très séduisant aussi, mais si elle le sent et se gonfle aussitôt l'ego, jusqu'à en devenir laide, je l'ignore superbement. Je ne supporte pas ces femmes qui semblent sortir uniquement pour que les regards se posent sur elles. Elle vous toiseraient presque avec leurs artifices et leurs certitudes. Une belle femme est belle à mes yeux parce qu'elle ne le sait pas autant qu'elle l'exprime, parce qu'elle est toute en douceur et en humilité, elle est belle parce qu'elle remercie la nature à chacun de ses gestes de lui avoir promis la grâce...

- Vous voulez dire que ces femmes qui sentent ces regards changent de comportement ?

- Bien sûr. Elles ne sont plus, elles paraissent... Et vous voulez que je vous dise Coco ?

- Dites-moi

- Être ou ne paraître, telle est la question.

- Vous me plaisez Simone. Vous méritez bien plus la lumière que ces mannequins sans âme... Vous voudriez défiler pour moi ?

- D'accord. Mais alors dans la rue, et sans savoir qu'on me regarde, sinon je me contredirais... Je passerai sous les fenêtres de vos clients et invités, sans savoir qu'ils sont là, je serai, tout simplement. Je serai, fière d'avoir été, et jamais n'aurai paru.

- Extraordinaire concept ! Federico, organise-nous un défilé "Rue Madame" s'il te plaît ! Pour 19h !

- On peut commencer à 20h ? Je dois finir mon scénario aujourd'hui...

- Federico se lance dans le cinéma, il a un talent fou, je crois beaucoup en lui...

- Ah oui ? Quel est le titre de votre film ?

- C'est encore un projet... Je vais l'appeler "Les feux du Music-Hall". D'ailleurs, Simone, j'aimerais vous proposer un rôle, j'en serais très honoré.

- Avec plaisir Federico ! Tant que vous ne me faites pas danser nue dans une fontaine...

- Ce n'est pas mon genre...

vendredi 26 novembre 2010

Cinema Paradiso


- Paul, enlève ta main...

- Non

- Paul, retire ta main tout de suite où elle va se transformer en cendrier dans deux secondes...

- Ce sera un avant-goût de la flamme qui s'éteindra en moi si je la retire...

- Tu racontes n'importe quoi... Ta main Paul...

- Pas du tout, si j'enlève ma main, je ne sentirai plus brûler cette flamme incroyable qu'aucune femme de mon âge n'a jamais su faire naître ! Et je deviendrai moi-même les cendres d'un phénix qui ne pourra renaître loin de vous !

- Mais qu'est-ce que tu racontes ?? Je pourrais être ta mère !

- Ah non...

- Ah si, excuse-moi mais tu as 19 ans, donc je pourrais être ta mère !

- Oui mais non, ma mère n'a pas du tout votre charisme.

- Ah, ça faisait longtemps... Bon, écoute-moi bien, je suis mariée, à un homme qui, t'écraserait la main tellement longtemps si je lui disais qu'elle s'était posée sur ma cuisse que tu pourrais la rouler et la fumer, ou te faire du vent avec si t'as trop chaud, et d'ailleurs là, je pense que t'as trop chaud, tu devrais sortir un peu.

- C'est avec vous que je veux sortir...

- oooooooh je vais me le faire l'asticot !

- C'est vrai ???

- C'est une expression triple buse ! Tu n'as pas idée de l'expérience qu'il faut pour me conduire à bon port, je suis une machine comme on n'en fait plus, de l'authentique, du spectaculaire, moi, on me décroche la lune et on me joue du Wagner, j'ai pris un bain avec Steve McQueen et je fais rougir le lierre ! Raoul a même renoncé à envahir la Loren pour préserver son territoire naturel alors enlève ta main petit, tu pourrais te faire mal à force !!

- Je vous aime Simone...

- Je me mets du vernis sur les ongles des orteils... et après je mets des chaussettes pour aller courir...

- Je m'en fous...

- Je dors à droite du lit, et parfois je ronfle...

- Je m'en fous...

- J'adore qu'on m'apporte le petit-déjeuner au lit...

- Aucun problème...

- J'aime voyager sur un rythme soutenu mais je peux m'endormir si c'est monotone...

- Je m'en fous...

- Je prends toujours le produit au fond du rayon et pas le premier, et s'il ne reste que le premier, je reviens un autre jour

- Je m'en fous complètement...

- Je veux toujours avoir raison, d'ailleurs j'ai toujours raison, et si j'ai tort, je trouve un moyen d'avoir raison sur une des racines du problème qui m'a donné tort.

- Je m'en fous...

- Mais pourquoi vous vous foutez toujours de tout les jeunes ??? C'est important de faire des choix, d'avoir des philosophies de vie, de s'y tenir !

- J'en ai une, et je m'y tiendrai toute ma vie.

- Ah bon ? Laquelle ?

- Je fais partie d'un cercle de poètes, et ce matin, quand on a parlé de cueillir la rose de ce jour, debout sur ma table, je vous ai vue sortir de la boulangerie, avec votre port altier, votre élégance subtile, votre sensualité qui parfumerait une ville entière. Je me suis alors juré de vous cueillir. Vous êtes ma rose Simone. De ce jour et de tous ceux qui suivront. Je veux passer ma vie à entendre les plus belles notes de votre plaisir, quand vous le voudrez, même une fois par an. Vous avez le droit de vous sentir coupable mais aussi celui d'être heureuse de vivre de doux moments sans remettre vos choix en question, je ne vous demande pas votre main, mais vos pétales, je vous veux fleur, ouverte au vent de ma passion. Votre mari vous a décroché la lune, laissez-moi vous accrocher le soleil chaque jour en face de vous, pour le seul plaisir de vous voir vous épanouir...

- Bon, tu laisses ta main jusqu'à la fin du film et après tu rentres...

- Où ?

- Chez toi idiot !

jeudi 25 novembre 2010

Fly me to the moon


- Mais Raoul qu'est-ce que tu fais ??? Raouuuuul !!! Arrête de creuser ! Tu devais me ramener un croissant, pas laisser un croissant ! Regarde-moi ça ! Regarde-moi l'état dans lequel tu m'as mis la lune !

- Simone !!!

- Quoi ??

- Simone !!!!!!!

A ce moment-là, la sensation d'une petite gifle ramène Simone à la réalité. Une réalité assez surprenante puisqu'elle se retrouve allongée, sur le dos, avec son mari sur elle, en plein devoir conjugal...

- Mais qu'est-ce que tu fais là ?

- Comment qu'est-ce que je fais là ? Je croyais être en pleine communion charnelle avec ma femme mais apparemment tu n'étais pas avec moi... Tu t'es endormie !

- Oh la la la la... C'était donc ça cette sensation de creusement...

- Cette sensation de creusement ?

- Je suis désolée mon chéri, je suis crevée en ce moment, j'ai dû être bercée plus que de raison par ton rythme monotone...

- Mon rythme monotone ? Parce que tu voulais du Wagner ?

- Non, mais... oh la la... je me suis endormie... et je rêvais que tu me décrochais la lune...

- C'est ce dont je rêvais aussi oui... jusqu'à ce que je comprenne que sous tes paupières closes il n'y avait point de plaisir mais une bonne dose de sommeil paradoxal ! Qui n'a jamais aussi bien porté son nom d'ailleurs !

- C'est fou...

- Et tu t'es endormie à quel moment ? Tu te souviens de quoi ?

- Je crois que je me suis endormie au moment où tu as mis les gaz et où la lune s'est décrochée de ta boule de caravane...

- Pardon ???

mercredi 24 novembre 2010

Du petit lait et un croissant pour Simone


- Raoul, c'est le professeur Turnsun, vous me recevez ?

- Houston, we have a problem...

- Ne plaisantez pas avec ça mon cher ! Tout va bien Raoul ?

- Oui, ça va, sauf qu'elle pèse un âne mort la grosse boule... Et elle n'avait pas dû bouger depuis longtemps, elle laisse une traînée de poussière blanche hallucinante, on dirait que je traîne une bouteille de lait mal fermée depuis huit heures...

- Une bouteille de lait mal fermée... amusant ça... Est-ce que la trace reste vive ?

- Oh oui, je vois encore celle d'il y a deux heures, elle n'a pas bougé !

- Je note que nous appellerons cette trace... la voie lactée... voilà... Pour la postérité !

- Hey, il y a des droits d'auteurs sur cette idée Tryphon !

- Tri quoi ?

- Rien, vous me faites penser à un héros de bande dessinée que j'aime bien... Bon, qu'est-ce que je fais Professeur ? Parce que là, plusieurs problèmes se posent à moi, comment réussir à revenir sur Terre avec ce poids, le carburant, et surtout où on va la mettre ? Même dans le sous-sol, elle ne va jamais rentrer !

- Ecoutez, je n'osais pas vous le dire mais ici les gens commencent à s'inquiéter de sa disparition, douze gouvernements m'ont même appelé depuis ce matin... Je crois qu'il faudrait la remettre à sa place... Le peuple gronde, et imaginez l'Amour si on lui retire le clair de lune... C'est comme retirer la moitié de ses pétales à une fleur rare !

- La remettre à sa place ? Vous vous foutez de moi Tryphon ? Vous croyez que je fais ce genre de déménagement une fois par semaine ?

- Je prendrai en charge tous les frais.

- Hors de question !

- Et vous aurez une prime conséquente pour les avancées scientifiques permises par votre voyage...

- mouais...

- ...et une prime supplémentaire pour la création de la voie lactée...

- Passez-moi Simone s'il vous plaît.

- Oui chéri ?

- Dis donc, c'est vrai cette histoire de peuple qui gronde ?

- Oui chéri...

- Mais si je ne te rapporte pas la lune, le grondement du peuple ne sera rien à côté du tien !

- Mon amour, tu me l'as décrochée, tu as réussi l'impossible, pour moi, je n'ai pas besoin que tu me la rapportes. Et puis je me sentirais responsable, horriblement coupable, à chaque fois que je verrais une tête en l'air, la nuit, avec ce regard orphelin de la lumière argentée...

- Et puis je disais à Tryphon, de toutes façons, on n'a nulle part où la mettre.

- Oui, même dans le sous-sol, elle ne rentrerait pas...

- Tiens ! Exactement ce que je lui disais ! Et puis t'as pas idée de la taille de la bête ! Vue de notre chambre, c'est une chose, mais quand tu l'attaches à ta boule de caravane, tu sens bien que c'est la pleine lune ! Et tu comprends pourquoi ça énerve la pleine lune ! Bref... Tu me promets que tu ne seras pas déçue ?

- Non mon amour, au contraire, tu m'as comblée, à vie ! Tu te rends compte de ton exploit ? Et en plus, tu as laissé une trace de ton voyage passionné pour l'éternité !

- Le professeur veut l'appeler la voie lactée... Tu aimes bien ?

- Mais c'est magique chéri ! Tu te rends compte ? Les enfants du monde entier vont apprendre l'existence de ton empreinte amoureuse comme on apprend à connaître les étoiles et les planètes !

- Bon... Et bien je fais demi-tour et j'arrive. Par contre, je vais prendre un peu de retard, du coup, je vais peut-être manger froid...

- Je te préparerai un dîner somptueux, qu'on prendra ensemble... au clair de lune...  Par contre, chéri...

- Oui ?

- Je voudrais que tu fasses quelque chose pour moi...

- Quoi ?

- Histoire de ne pas être allé là-bas pour rien, pourrais-tu me ramener un bout de lune pour moi toute seule ? Pour l'exposer, ou le travailler, ou l'observer, ou l'aimer, je ne sais pas, pour l'exceptionnel quoi...

- Bon... Oublie le dîner, je rentre pour le p'tit-dej, j'arriverai avec un gros croissant...

mardi 23 novembre 2010

Ne jamais focaliser sur l'essaim



- Alors Docteur, je manque de charisme n'est-ce pas ?

- Ecoutez Paulette, même si vous êtes un peu moins gonflée que votre soeur, vous ne manquez pas d'arguments pour cultiver votre charisme. A propos, j'ai vu Simone hier, elle vous embrasse, elle était somptueuse dans ce chemisier beige...

- Elle est venue vous voir avec son chemisier beige ?

- Oui

- Elle est gonflée !

- Je viens de vous le dire, c'est naturel chez elle, c'est pour cela qu'on l'aime votre soeur...

- Bon bah ça suffit Docteur, je viens vous voir parce que je me sens plate en société, et vous vantez le caractère gonflé de ma soeur !

- Mais à dessein très chère, à dessein ! Je veux vous dire par là que le naturel et l'absence de limites coercitives sont les meilleurs atouts du charisme. Et vous êtes ravissante, ne me dites pas que votre miel n'attire aucune abeille...

- Vous me gênez docteur... Oui, bien sûr, quelques costumes rayés rôdent parfois, mais disons que si j'étais une fleur, j'aimerais pouvoir choisir ceux qui voudraient me butiner, et les séduire...

- C'est plus un problème d'essaim qu'un problème de fleur

- Pardon ?

- Votre soeur a du succès parce qu'elle sait séduire les hommes qui fantasment sur elle, et son coté gonflé, je parle du caractère, séduit de façon très efficace. Vous choisissez peut-être mal ceux à qui vous voudriez plaire...

- Ah ? Et que me conseillez-vous ?

- Faites-vous refaire l'essaim

- Pardon ?

- Faites-vous aider par votre soeur à changer vos fréquentations, et quand l'essaim de vos prétendants sera renouvelé, je vous promets le miel à la main qui vous touche, je vous promets le ciel au-dessus de votre couche, des fleurs et des dentelles...

- Oui, je connais la chanson docteur, mais j'en jaunis à l'idée...

- Pourquoi donc ?

- Je ne suis pas Simone moi, je suis très timide, je n'ouvre pas les portes du pénitencier comme ça !

- Ma chère Paulette, je crois que c'est là que le bât blesse...

- Je vous en prie ! Le bas va très bien ! Ce n'est pas parce que je trouve que le haut manque de charisme qu'il faut généraliser ! Charles est d'ailleurs tout à fait satisfait de...

- C'est une expression Paulette ! Le bât avec un t !

- Le bas avec un thé ? Où voulez-vous en venir ?

- Je veux vous faire comprendre que vous devez arrêter de vous faire du mal, de vous fermer autant, vous êtes votre propre pénitence ! Sortez, n'ayez pas peur de plaire, osez les courbes, ce n'est pas forcément dépasser les limites que d'oser les courbes.

- J'ai compris pour les bas. Mais le thé, je ne vois pas l'intérêt... ça attire les hommes le thé ?

- Vous ressemblez à votre soeur plus que vous ne l'imaginez Paulette...

Au clair de la lune


- Alors Professeur, vous le voyez ?

- Je le vois parfaitement... Il est en train d'écrire sur de grands panneaux blancs... Il en brandit un, attendez... "Je vous avais dit que personne n'avait jamais mis les pieds sur la lune, c'était un coup d'Hollywood ! Aucun drapeau américain à l'horizon, et on peut respirer sans problème !"

- Il avait raison... Que fait-il exactement ?

- Il est en bermuda... Il a mis sa navette en warning, et... on dirait qu'il attache un câble à la boule de caravane...

- Je me demandais pourquoi il partait dans l'espace avec une boule de caravane...

- Il plante un piton dans le sol lunaire maintenant... Il monte dans la navette... Il met les gaz... Le câble se tend... Il perd la boule !

- Ah ça... Je vous avais prévenu.

- Non, la boule de caravane, il la perd ! Elle s'est décrochée ! Il y retourne...

- Bon, Professeur, vous n'auriez pas un petit Brouilly bien frais ?

- Il plante un piton plus grand... Apparemment, il l'enfonce très profondément... Il attache le câble directement à la barre qui relie les deux réacteurs... Il éteint avant de partir... Mince !

- Que se passe-t-il ?

- Je ne vois plus rien ! Il a éteint la lune avant de partir !

- Normal, un vieux réflexe chez Raoul, il éteint toujours avant de partir.

- Ah, il a rallumé. Oui, forcément, il ne voyait plus rien lui non plus... Il écrit à nouveau sur un panneau... Il le brandit... "Quel con ! Un vieux réflexe chez moi, j'éteins toujours avant de partir !"

- Je le connais bien mon Pierrot !

- Il ne s'appelle pas Raoul ?

- Il est tellement lunaire que parfois je me demande...

- Il vérifie la tension du câble, il remonte dans la navette... Il remet les gaz... La lune tremble ! Elle tremble de partout !!! Il y a plein de poussière !!! Je ne vois plus rien qu'un énorme nuage de poussière !

- Il va être bon pour le pressing son bermuda...

- Le nuage se dissipe... Je... Mais... C'est impossible !!!

- Quoi ?

- Il n'y a plus rien ! Il a réussi !!! Il a décroché la lune !!!

- Mon amour !!! J'espère qu'il n'aura pas de problème à la douane...

- Quelle volonté... Quelle passion... Mais de quoi est fait cet homme ?

- Raoul c'est mon soleil, et il avait rendez-vous avec la lune, depuis toujours. Pour me la décrocher, et me l'offrir.

- Je crois que c'est vous sa lune, il a décroché l'autre pour que votre seule lumière soit reine.

- Alors l'éclipse sera divine...

dimanche 21 novembre 2010

La tour infernale


- Bonjour...

- Qui êtes-vous ?

- Je suis votre voisine du dessous, Simone. On s'ennuie un peu dans cet hôtel non ?

- Vous êtes la femme de Raoul ?

- Vous connaissez mon mari ?

- Tous les hommes connaissent celui dont il ne faut pas approcher la femme !

- Oui, et bien à l'heure qu'il est, Raoul est à Rome, il tourne avec la Loren, alors je ne me fais pas trop d'illusions sur ses capacités de résistance... Vous êtes acteur vous aussi n'est-ce pas ? Vous êtes le type de la tour infernale... Je suis folle de ce film... Que faites-vous à Colmar ?

- Ecoutez Simone, vous sous-estimez sans doute votre mari, je suis sûr qu'il saura résister à toute attirance charnelle.

- Oui, et bien tant mieux s'il résiste, je comptais bien faire comme lui, mais on n'a pas tous les jours l'occasion d'être la voisine du dessus de l'acteur de la tour infernale !

- Je m'appelle Steve. Et vous ne venez pas de me dire à l'instant que vous étiez la voisine du dessous ?

- Si. Mais quand je vous vois, là, comme ça, j'ai une énorme envie de devenir votre voisine du dessus.

- Bon, Simone, ça suffit, j'ai autre chose à faire qu'à tomber dans un guet-apens !

- Ah bon ? Comme quoi par exemple ?

- Comme me laver par exemple ! Alors merci de regagner votre chambre !

- Steve... Il n'y a pas assez de mousse pour se laver dans votre bain... Et vous savez comment faire de la mousse à coup sûr ? Il faut s'ébattre, remuer l'eau dans des mouvements très rapides et réguliers...

- Simone, si vous mettez un doigt dans l'eau, je crie au viol !

- Ah vous aussi vous utilisez cette technique ? Pareil... Mais je ne vois pas beaucoup de témoins ici. Et qui croirait au viol d'un tel mâle... Je vais mettre un doigt dans l'eau Steve, puis la main, puis je vais venir toute entière vous aider à faire renaître la mousse, prenez cela comme la générosité d'une fan qui vous remercie de la faire rêver... Et si vous arrivez à vous échapper d'un tel supplice, vous aurez encore réussi la grande évasion, et je disparaîtrai comme un papillon...

- Au viol !!!

- C'est ridicule, ça ne vous va pas du tout Steve... Par contre, moi, si je crie, je peux atteindre les tympans du gardien, j'en suis sûre...

- Vous n'oseriez pas...

- Au vioooooool !!!

Trente secondes plus tard, le gardien frappe à la porte :

- Tout va bien ici ?

Steve, chuchotant à Simone :
- Bon, je vais vous faire la tour infernale... mais cinq minutes ! Et si vous criez encore, je vous mets la main sur la bouche et je cesserai toute galanterie, croyez-moi !

- Vous devriez la mettre immédiatement votre main Steve, parce que je crois que je vais crier... J'ai toujours crié devant la tour infernale...

Le gardien :
- Tout va bien ? Monsieur McQueen ?

- Oui, oui, merci, je suis dans mon bain et j'ai oublié d'éteindre la télé ! Ils passent la tour infernale, et ça crie beaucoup, je vais baisser dès que je sors ne vous inquiétez pas !

- Ah très bien Monsieur McQueen ! C'est sur quelle chaîne ? J'adore ce film ! Moi aussi je crie toujours devant ! Vous pourriez pas m'en faire un bout à l'occasion ?

- Heu... d'accord ! Je passerai avant le dîner !

- Merci M'sieur McQueen ! Je vais inviter votre voisine du dessous, je sais qu'elle adore ce film !

- Si vous voulez, mais ne la dérangez pas maintenant, elle m'a fait savoir qu'elle était dans son bain ! Et ça m'étonnerait qu'après avoir vu le film, elle veuille encore s'y replonger !

- Dans son bain ?

- Non, dans le film !

- Oh détrompez-vous, Madame Simone aime tellement ce film qu'elle y plongerait mille fois si elle pouvait ! Vous n'avez pas idée ! Heureusement qu'elle ne sait pas qui vous êtes !

- Heureusement oui !

- Justement, si vous la croisez avant moi, dites-lui que son mari vient d'appeler et qu'il quitte Rome en urgence, je vous le dis à vous, il a refusé des avances de Sofia Loren...

Simone :
"Oh le con !"

Steve :
- Pardon ?

- Non, rien... C'est l'émotion... Je voulais dire... oh la ssss.... enfin la ssss....

- Madame...

- La saleté !! Me renvoyer Raoul en plein suspense, pendant mon film préféré, au moment où le héros allait sauver la belle !

- Je crois que c'est Raoul qui vient de sauver sa belle...

- Bah oui d'accord mais... mais il la fait beaucoup moins bien la tour infernale Raoul... C'est l'amour de ma vie, mais... enfin vous comprenez... c'est vraiment injuste... pourquoi on ne pourrait pas monter dans les tours avec ceux qui maîtrisent les flammes ?

- Parce qu'il y a toujours le risque de devoir sauter par la fenêtre si tout se met à brûler. Et s'envoyer en l'air sans avoir la certitude qu'un pompier attend en bas, c'est un gros risque de fracture, Madame...

- Vous avez raison... Bonne soirée Steve... Et...

- Oui ?

- Et les sept mercenaires ? Vous voudrez bien me faire les sept mercenaires un jour ?

- Simone...

- Bonne soirée Steve...

Simone entrouvre la porte, s'assure que le gardien est parti, se retourne, regarde Steve avec tendresse, baisse les yeux, ferme la porte et s'en va. Derrière la porte fermée, Steve entend Simone dans le couloir...
"- Mais quel con !!!"

Simone et la réalité palpable





- Bouge un peu sur ta droite chérie...

- mmmm... qu'est-ce que tu fais Raoul...

- J'adore te prendre au réveil

- Oui, bah attends un peu, parce que je n'en suis pas encore au réveil là, mais juste un peu avant... tu vois ? Et puis je ne suis pas photogénique le matin...

- Tu plaisantes ? Ce mot a été inventé pour toi, pour définir le génie que tu imprimes sur toute pellicule qui voudrait te garder en souvenir !

- Oh j'ai un fait un rêve incroyable tiens ! Il me revient à l'instant...

- Raconte !

- On était chez mes parents, avec Paulette, Charles, toi et moi, un dîner familial quoi. On parlait du charisme des gens, Paulette me dit qu'elle a moins de charisme que moi. Alors je lui réponds que c'est dû à sa pudeur, que si elle ouvrait parfois un bouton de son col pour faire respirer le trait divin qui annonce la naissance pulpeuse de la douceur, tout en suggestion, elle s'en trouverait bien plus charismatique. Mais je lui dis ça en toute légèreté complice, tu vois ?

- Et ?

- Et alors évidemment elle le prend mal et elle m'agresse. Elle me dit :
"Oui, ah bah toi c'est sûr que si on juge ton charisme à ton décolleté, tu es très populaire ! Arrête de faire ta fausse modeste Simone, avec les seins que tu as, même sans ouvrir un seul bouton, tu attires les regards de tous les alpinistes du monde ! Même Charles ne peut pas s'en empêcher !"

Là, Charles se défend :
"M'enfin chaton, je ne regarde jamais les seins de ta soeur !"

Toi :
"Et bien je t'invite à continuer Charlie ! Ceci dit, tu rates quelque chose..."

- ça m'étonne pas de moi tiens...

- Moi non plus, d'ailleurs, je te reprends de volée, et Paulette en fait de même avec Charles :
"De toutes façons, je vois bien tes yeux qui roulent quand tu regardes un film avec la Sofia ! J'en ai marre de toutes ces femmes qui dictent la loi du désir, et toi Simone, tu n'as pas plus de charisme que moi, tu as juste de plus belles jambes, de plus beaux seins et une bouche parfaitement dessinée, c'est avec ça que tu attires les regards, moi c'est quand je chante du Piaf, c'est moins glamour, mais c'est plus profond !"

- Wouaouh... Et alors ?

- Bah j'ai dégoupillé... :
"Mais ma pauv' paulette, tu as le charisme d'une endive, tu as autant de profondeur qu'un dé à coudre, tu pourrais avoir les seins de Sofia Loren, les jambes de Julie Christie et la bouche d'Anita Ekberg que tu resterais aussi transparente que ton mari !

Charles :
- M'enfin Simone !

- Ah tu es là Charles ? Pardon, je ne t'avais pas vu... Paulette, quand tu te décideras à arrêter d'être jalouse de moi, à aimer vraiment ton mari pour ce qu'il est et pas pour l'amour que tu attends qu'il te donne, quand tu te décideras à arrêter de fermer tes cols jusqu'au cou, à croire que montrer ses genoux c'est se condamner à s'y mettre, quand tu chanteras "Nous sommes des soeurs jumelles" plutôt que "L"hymne à l'amour", quand tu arrêteras de mettre des gants pour te mettre de la crème solaire, ou de changer de chaîne quand tu sens qu'un baiser de cinéma électrise ton corps, tu pourras peut-être envisager d'avoir du charisme, mais pour l'instant, tu es plus près de la chenille que du papillon !

- Oui, et bien moi au moins, je ne butine pas de fleur en fleur !"

Raoul :
- Oh la conne...

- Comme tu dis. La boulette. J'ai pris le fraisier sur la table, et je lui ai écrasé en pleine figure ! Et j'ai un peu tourné dans le sens des aiguilles d'une montre, pour bien l'imprégner de ma réponse...

- Et ?

- Et je me suis réveillée ! C'était incroyablement réaliste cette scène... C'est fou les rêves, quand on en sort à peine, c'est vraiment étrange, ce sentiment de réalité palpable et pourtant impossible à toucher dans la conscience retrouvée...

A ce moment-là, le téléphone sonne, Raoul répond :

- Oui ? Ah bonjour... Oui, ça va... Elle se réveille. D'accord... Très bien, je lui dis. Au revoir, oui, bonne journée à toi aussi, merci.

- C'était qui ?

- C'était Paulette. Elle voulait te dire que les tâches de fraise ne partent pas sur sa robe blanche à col Mao qu'elle a payé 2000 francs...

- Quoi ?? Tu veux dire que...

- Que parfois la réalité d'un rêve est aussi palpable que le visage de sa soeur à travers une grosse épaisseur de crème !

- haaaaannnnn... Mais c'est terrible ça ! Mais arrête de rire Raoul ! Raouuul !!! Arrête de rire immédiatement ! C'est dramatique !

- T'aurais vu les yeux de ta soeur, noirs de rage rentrée, qui contrastaient avec la chantilly immaculée ! Deux petites billes d'incompréhension qui roulaient ! Et toi qui me raconte ton rêve à moitié endormie, le sourire aux lèvres ! ahahahaaaaaa ouhouhouuuuuu !!! J'en pleure !

- J'ai tout oublié avec le champagne...

- Ceci dit ta soeur n'a jamais eu autant de charisme qu'avec ces fraises dans les cheveux...

- Raoul !!!

Et rougir... de plaisir...


- Simone, tu ne peux pas savoir à quel point ça m'émeut de revoir la maison de tes parents... Là où je t'ai connue, où je t'ai embrassée pour la première fois, où tu m'as embrasé pour toujours...

- Tu as vu ma chambre ?

- Quoi ?

- J'ai tellement été amoureuse de toi dans cette chambre que le lierre en a éternellement rougi...

- La chambre de ta soeur, en dessous, est restée un peu verte... Paulette n'a pas aimé Charles autant que tu m'as aimé ?

- Non, c'est la pudeur de Paulette que tu vois résister au rougeoyant désir. Elle a toujours été pudique ma soeur. Et pendant qu'elle s'interdisait un peu, moi je m'offrais, en vert et contre tout, pour mourir dans tes bras, rouge de plaisir...

- Simone, j'ai tellement fait le mur pour t'aimer, je voudrais le défaire pour t'y allonger, et t'aimer tellement encore que je te ferais redevenir aussi verte que tes premières feuilles...

- C'est toujours la main verte du jardinier qui fait la beauté de la fleur...

Simone sans modération


- Pardonnez-moi mais c'est un peu inconvenant ce que vous faites là...

Raoul :

- Vous êtes qui, vous ?

- Le modérateur

- Le modérateur ?

- Oui, je suis chargé de modérer les ardeurs sur ce site...

Simone enchaîne :

- Les ardeurs ? Mais je suis gelée !

- Mais il fait 27 degrés !

- Oooooh dis donc, on a un point commun Moderato ! On vit des choses étonnantes au même moment ! Oui, je suis gelée, et quand j'ai froid, je me mets mon homme en écharpe, une sorte de col raoulé si tu préfères...

- Bon, ça suffit, reprenez une position convenable ou je ferme votre compte !

- Ecoute-moi bien Moderato, tu peux fermer tous les comptes que tu veux, me fermer l'eau, me couper le gaz, je n'arrêterai jamais de couler des jours heureux ici, et de brûler d'amour pour ceux qui m'aiment, allegro... Et tu n'y pourras pas grand chose...

- Mais...

- Mais quoi ? Et comment tu fais pour embrasser ta femme en public, tu te promènes avec une cabine ?

A ce moment-là, tout le monde se lève et crie : "Si-mone, Si-mone, Si-mone !"

- Tu vois la différence entre toi et moi Moderato, c'est que toi tu passes ta vie à calmer les ardeurs des gens, et moi je passe la mienne à les faire naître, à les cultiver. Une espèce de philosophie de vie... Maintenant, tu enlèves tes pattes vite fait de mon Raoul, et tu fonces à l'autre bout de la plage  voir si j'y suis, sinon je crie au viol ! Et comme tu peux voir, j'ai quelques amis qui se feront un plaisir de témoigner...

vendredi 19 novembre 2010

Le choix de Raoul


- Allez, Raoul, approche, je vais te montrer comment Cléopâtre est devenue reine des pyramides...

- Non, Sofia, je ne peux pas, désolé mais...

- Mais quoi ? Tes yeux hurlent ton désir ! Et ma solitude m'a un peu rouillée, j'ai besoin de toi, Ô César dépoussiérant...

- Oui, mais Simone est à Colmar et elle ne se doute tellement pas qu'un tel moment puisse arriver... je ne me sens pas capable d'en profiter...

- Mais tu n'es pas à Colmar là, tu es à Rome, tu ne peux pas tout avoir, alors profite du moment présent, profite de ce que la vie t'offre, tu ne peux pas avoir l'Alsace ET la Loren !

- Non, je ne peux pas... Elle m'appelle son chevalier blanc... Au revoir... Pardonne-moi Sofia...

- Gardes !!!

- Quoi "gardes !"  ??? Tu es chez toi et tu vis seule...

- Ah oui, c'est vrai... réflexe professionnel...

Le coeur sur la main


- Et bien bravo pour l'image que tu donnes !

- Quoi ? Qu'est-ce qu'elle a mon image ?

- Oh rien ma biche, rien du tout... On peut juste voir de la plage, et même peut-être du port, que tu es assise sur une énorme main, mais tout va bien...

- J'aime bien être tenue Raoul !

- Tu es surtout tenue de travailler sérieusement !

- Et alors, parce que je suis assise sur un siège original, je ne suis pas sérieuse ?

- Un siège original ? Toute la ville te voit toute la journée avec une main aux fesses, et tu trouves ça original ? Et pourquoi pas t'allonger nue sur une langue géante ? Ce serait original ça aussi, non ?

- Non, parce que je suis moyenne en langues, c'est pourquoi je me suis spécialisée dans la littérature française d'ailleurs... Et puis c'est une main en bois, tu ne vas pas être jaloux d'une main en bois ?

- Je suis jaloux de la suggestion !

- Détends-toi chéri... Je ne suggère rien d'autre qu'une bibliothécaire sagement assise sur de l'art contemporain.

- Et le vieux lubrique assis sur le banc, en face, qui te mate depuis trois heures, c'est de l'art ou du cochon ?

- M'enfin Raoul, c'est Monsieur Parmentier, mon patron ! D'ailleurs, il m'attend pour une petite partie de tennis à l'ancienne après le travail, je rentrerai vers 20 heures ce soir du coup...

- De tennis à l'ancienne ?

- Oui, une partie de jeu de paume exactement ! C'est très excitant le sport sous cet angle artistique, tu ne trouves pas ?

- aaaaarrrgggh.....

Raoul soigne sa ligne


- Bah tu vois Simone, celui qui a inventé le garde-boue, respect !

- Quelle idée de faire de la moto dans cette position aussi Raoul !

- Je suis au régime...

- Et alors ? Si tu t'assois ça te fait grossir ?

- Régime sans selle.

Couleur menthe à l'eau


- Simone, pousse-toi, tu es en plein dans l'axe là !

- Pousse-toi s'il te plaît mon amour !

- Oui, pousse-toi s'il te plaît mon amour...

- ...que j'aime à la folie...

- Oui, que j'aime à la folie, mais pousse-toi chérie, tu es en plein dans le faisceau là !

- Et si je le transformais en faisceau spatial, et que je te faisais voyager sur ma lune ?

- Simone... Je dois vérifier le montage, il me reste trois heures avant la première séance !

- Viens vérifier le montage avec moi mon amour, j'adore quand tu fais ton monteur, que tu sois un monteur diesel ou un monteur à explosion, tu fais toujours de moi une oeuvre parfaitement rythmée...

- C'est le thé à la menthe qui te fait ça ?

- Non, c'est vrai, j'adore ton art du plan-séquence, et cette façon de mettre ta patte sur l'expression intemporelle de la magie de la vie...

- Parce que j'ai remarqué qu'à chaque fois que tu prends un thé à la menthe après déjeuner, tu ferais fondre la banquise en douze minutes !

- Et ça t'ennuie mon Raoul ? Tu préfères que je m'éclipse ? Te laissant à ta première séance alors que je te propose un écrin savoureux qui ne demande qu'à s'ouvrir pour que les mille diamants qui font mon plaisir puissent éclater de bonheur à la lumière de ton regard ?

- Simone !! J'ai pas le temps d'aller sur la lune, ni de rêver à tes diamants, on ouvre dans trois heures !

- Alors tant pis pour toi ! C'était la dernière séance ! Et le rideau sur l'écrin est tombé !!!

Simone renaîtra de ses cendres

- Qu'est-ce que tu fais Simone ?

- Je m'en vais !

- Mais pourquoi ??

- Je viens d'entendre des gens dire "Le loup sort, je vais faire pipi", du coup ça m'a donné envie de la même chose, et ça m'a fait un peu peur aussi... Tu savais qu'il y avait des loups ici toi ?

- Mais non, ils parlaient de "Louxor et Nefertiti" !

- Peu importe, du coup j'y vais, je ne tiens plus...

- Mais ça fait quatre fois en une heure !

- Et alors ? Arrête de prendre ma vessie pour une citerne !

- Et tu vas où ?

- Je ne sais pas, en amont...

- En amont ?

- Oui, depuis ce matin les gens parlent de tout en amont, alors j'imagine que pour les commodités, comme pour le reste, tout est en amont !

- Simone... Tu es le Sphinx du Nil...

- Ah bon ? De quelle île ? Oui, tiens, d'ailleurs, tu fais bien d'en parler parce que l'agence de voyage m'a longuement décrit la beauté d'une île en Egypte mais sans me dire laquelle, elle est où cette île Raoul ? Parce que j'ai mis mon bonnet bleu exprès moi !

Un souffle au coeur


- Qu'est-ce que tu fais Raoul ?

- Je te fais chauffer le coeur, pour que tu aies une idée de la température à laquelle tu fais brûler le mien quand je te regarde...

Boulevard du Rhum


- Dis donc Simone, tu ne veux pas remettre ton maillot là ?

- Ah parce qu'on ne peut même plus faire seins nus sur son bateau ?!!

- Pas quand on donne le départ de la route du Rhum non...

- Ils sont à voile ou à vapeurs tous ces athlètes ?

- Très fin... Apparemment faudrait que tu baisses ta musique parce que pour l'instant, je ne vois que des surfeurs !

- Mais non ! J'adore qu'on aime ma musique, et si ces hommes aiment les Beach Boys, c'est qu'ils ont déjà beaucoup de qualités... D'ailleurs, ils me sourient tous !

- Simone, habille-toi ! Je vais leur mettre "tais-toi et rame..." de Guy Béart, ça va les refroidir... Et après, on s'en va, sinon ça va être l'émeute !

- Mais... et le départ ?

- Tous les chemins mènent au Rhum !

Simone sur le pont



- Tu n'as jamais eu peur de manquer ta cible chéri ?

- Mais je la manque tous les jours ! C'est pourtant pas faute d'essayer, c'est notre 243ème représentation ! Si tu savais comme j'ai du mal à cacher ma frustration tous les soirs...

- Raoul...

- Bien sûr que non je n'ai jamais eu peur mon amour... Pourquoi tu me dis ça maintenant ? Tu n'as jamais douté... tu doutes ?

- Non, mais toute série ayant une fin...

- Simone, tu es tellement mon paradis que les lames doivent le sentir, comme les manches qui les tiennent, comme mes mains qui jamais ne transpirent autre chose que l'amour qui m'inonde quand je te regarde. Et si jamais je devais avoir une seconde d'absence, tu m'aimantes trop pour pouvoir attirer une autre lame que la mienne. Jamais une seule n'oserait prendre ma place et se planter en toi. Tout est clair entre elles et moi. Point de vague à lame à l'horizon. Je navigue dans le monde du silence, et je jette mes ancres tout autour de toi, pour délimiter le contour de la plus belle île du monde.

- Il ne te manque plus qu'un bonnet rouge et c'est le Commandant Couteau !

samedi 13 novembre 2010

Sainte Simone


- ça y est chéri, on a fini les essayages pour la soirée déguisée de ce soir...

- Et alors ? Verdict ?

- Je suis en Sainte !

- Tu es enceinte ???

- Oui ! Je ne m'attendais pas à ça, mais dès que j'ai essayé le costume, j'ai su que c'était pour moi...

- Mais tu n'as pas eu le moindre signe avant les essayages ??

- Bah non, tout le monde était resté très discret...

- Comment ça tout le monde était resté discret ?!! Tout le monde était au courant ???

- Evidemment ! C'est le couturier qui a tout organisé, donc forcément les gens savaient ! D'ailleurs, il taille vraiment bien, je vais adorer porter son bébé...

- Mais qu'est-ce que tu racontes Simone ??? C'est qui ce couturier ???

- Et bien c'est Paul ! C'est lui qui m'a proposé de me mettre en Sainte, j'étais sceptique, mais quand je l'ai essayé, je me sentais très bien dans ce nouveau rôle.

- Mais Simone, tu me dis ça comme ça, sans remords, rien ne te choque ??

- Oui, je sais, ce n'est pas vraiment mon style, je suis plutôt tournée vers le plaisir que vers Dieu, mais c'est justement ce paradoxe qui fait un effet du tonnerre ! Tu adorerais me voir en Sainte mon chéri...

- Ah ça oui, j'aurais adoré ! Mais j'aurais préféré être le géniteur du projet !

- Mais tu n'as jamais su faire entrer une aiguille dans un chas, et puis tu as horreur des soirées où tout le monde se mélange...

- Ah parce que c'est arrivé comme ça en plus ?

- Comment veux-tu que ça arrive autrement ? Je n'aurais pas été en Sainte si j'avais suivi mon instinct, j'aurais plutôt été tigresse, et on m'a dit, attends, Paul a une idée pour toi, prends en de la graine... Et effectivement, c'est une graine de champion ce Paul ! Bon, je raccroche, il faut que je trouve un prénom pour ce soir.

- Déjà ?

- Oui, Paul est très organisé, et ce prénom me permettra d'entrer complètement dans le rôle.

- Tu sais ce que tu es Simone... ?

- Mais oui, je viens de te le dire, une Sainte ! Tu n'écoutes rien, comme d'habitude...

Un bruit sourd se fait alors entendre au bout du fil, comme si une masse venait de s'effondrer sur la moquette du salon.

En voiture Sissi



- Romy, que se passe-t-il ?

- Il se passe que vous m'attirez Simone, irrésistiblement...

- Mais enfin, que va dire Raoul...

- Raoul n'en saura rien, ce n'est pas un baiser échangé avec vous, dans un moment suspendu, à vos lèvres, qui changera quoi que ce soit à votre amour conjugal, n'est-ce pas ?

- Vous avez raison, l'important c'est d'aimer...

- Exactement. L'amour, la liberté, le secret, ce sont les choses de la vie, et ce baiser que je vous donne et que je vous vole fait partie de ces choses qu'on ne saurait ignorer...

- J'admire votre côté sans-souci, vous êtes une passante délicieuse dans la vie des gens... Nous pouvons aller dans la piscine si vous le désirez...

- Non, ici, près de ce vieux fusil sur la cheminée, c'est parfait. Simone, c'est une histoire simple toutes les deux, un clair de femmes... Et tant que vous m'éclairez autant, je vous garde à vue...

- Mais on pourrait nous surprendre. César et Rosalie doivent arriver d'une minute à l'autre...

- Ils sont chez Max, avec les ferrailleurs, ils prendront le train dans une heure.

- Quel plaisir que cet enfer que vous me faites vivre...

- Il n'est d'enfer que celui que vous propose votre conscience, ce que nous vivons touche plus au divin qu'au diabolique vous ne trouvez pas ?

- Vous embrassez comme une impératrice du baiser Romy...

- Non...

- Si, si...

S comme Simone






Pendant ces années adolescentes, Raoul se demandait quelle serait la femme de sa vie... Sur les bords d'un lac, il discutait avec son ami d'enfance.

- Tu la vois comment Raoul la femme de ta vie ?

- Je la vois magnifique... Sensuelle, élégante, pleine de charme et de finesse, une épouse de rêve, une mère moderne, une amante brûlante,des lèvres pulpeuses, d'une douceur extrême, des courbes à faire pâlir de regrets tous les cubistes...

- Tu as déjà croisé une femme pareille ?

- La petite Simone, je suis sûr qu'elle sera une femme de cette classe. Mais la marche est beaucoup trop haute pour moi.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Comment veux-tu qu'une telle femme fasse attention à moi ? Un petit mec sans prétention qui taille sa route, sans grande ambition, si ce n'est celle d'être heureux, léger, généreux et de distiller du bonheur là où je passe...

- Alors faisons un jeu, j'énumère l'alphabet dans ma tête, tu me dis stop, et la lettre sur laquelle je m'arrêterai sera la première lettre du prénom de ta future femme.

- Allons-y !

A ce moment-là, une forme sort du silence, sur le lac... Un peu de vase sur le bec...

- Regarde Raoul... Regarde sa forme !

- Si ce n'est pas un cygne du destin ça...

mardi 9 novembre 2010

Beach boys


Quelques années avant que Simone rencontre Raoul, elle profitait à plein de ses jeunes années...

- Qui est ce jeune homme ?

- C'est Graham, l'étudiant anglais avec lequel Simone a dansé hier soir...

- Qu'est-ce qu'il fait sur la plage tout seul ?

- Apparemment, il lit un message personnel...

- Tu crois que c'est pour lui ?

- Simone est venue me demander mes lunettes de pilote ce matin, aux aurores... Il lui a promis le septième ciel, s'est vendu comme l'as des as, il faut croire qu'elle est allée le chercher toute seule son septième ciel, et en avion en plus !

- Elle est gonflée quand même, tout le monde peut lire son message...

- Je crois que c'est exactement ce qu'elle veut ! Tu sais Simone, si tu ne l'honores pas comme tu lui a promis, il vaut mieux changer de pays...

- Comment tu sais ça toi ? Tu as eu droit à ta banderole ?

- Moi non, mais je sais pourquoi mon frère ne vient plus à la plage depuis huit ans.

Simone Instinct


- Mais lâchez-moi sale brute !

- Qu'est-ce qui vous a pris de gratifier le jury de ce jeu de jambes "croisé - décroisé" ???

- Un instinct basique ! Vous n'allez quand même pas m'inculper pour fumage !!

- Le monde n'est pas encore assez stone pour ce genre de provocation ma chère Simone !

- Tu m'appelles encore une fois ta chère Simone, je dis à tout le monde que tu m'as fouettée dans ta cave à coups de perruques à bigoudis, que tu t'habillais avec le costume de Blanche Neige, que tu m'attachais au radiateur, et que tu exigeais de me nourrir au sein ! Et je peux te dire que je n'aurai aucun mal à trouver des témoins, et là, alors là, je serai ta chère Simone... Il te faudra sept vies pour payer ton procès et les dommages et intérêts ! Une par nain !

- Mais je n'ai rien fait moi ! Je représente l'autorité !

- Je ne sais pas de quel bois est fait l'autorité, mais si ce que je sens sous mon pied doit me donner une idée de sa puissance, on est très très loin du chêne ! Et même pour me rappeler de son fruit, je n'en ai pas assez sous le pied, il me faut revenir à votre visage pour en avoir une définition parfaite !

- Arrêtez-là !

(Deux inspecteurs interviennent)

- Veuillez lâcher cette femme Monsieur, et nous suivre s'il vous plaît...

- Pardon ?

- C'est à vous ce costume de Blanche-Neige ? On vient de le trouver dans votre coffre.

- Mais ce n'est pas à moi ! Comment vous êtes-vous retrouvés dans ma voiture ?

- Le gardien du parking, un certain Raoul, nous a prévenus.

- Mais il n'y a pas de gardien dans ce parking !!!

- Oui, c'est ça... Allez, on avance gentiment. Pardonnez-nous Madame...

- Je vous en prie. Il voulait m'enfermer simplement parce que j'avais écarté l'idée qu'on m'enferme pour fumage, vous imaginez l'abus de son pouvoir ?

- ...parce que vous avez écarté l'idée ?? Vous n'êtes pas ouverte que d'esprit chère Madame, vous avez un sacré toupet !

- Et le mien n'a pas de bigoudis ! C'est mon pic à glace à moi...

(Là, un membre du jury vient relever Simone, un sourire béat jusqu'aux oreilles...)

- Moi, j'aime beaucoup votre toupet. Je peux vous emmener dîner ?

- Il faut demander au gardien du parking

- Plaît-il ?

- C'est avec lui que je suis en voiture...

La valse à mille temps


- Regarde cet homme Simone, et cette femme qu'il vient de croiser. Leurs âmes ont compris qu'elles étaient faites l'une pour l'autre, et elles dessinent sur les lignes d'une partition imaginaire, les notes d'une symphonie qu'ils n'entendront jamais, endormis par la fatigue de ne plus y croire. Ils sont souverains dans leur solitude, et pourtant, il mourra peut-être, comme Brel le chantait, d'avoir été ce roi mort de n'avoir pas pu la rencontrer...

- Ne me quitte pas Raoul, jamais...

- Aucune chance ma chérie, nos coeurs se sont projetés sur nos ombres dès qu'elles ont entamé cette même valse. Une valse à mille temps. Même au plus profond de la nuit, j'aurais vu ton ombre. Et aujourd'hui, je ne veux toujours qu'une seule chose, que tu me laisses l'inégalable plaisir d'être l'ombre de ton ombre, l'ombre de ta main, l'ombre de ton chien...

- De quoi tu parles Raoul ? Je n'ai pas de chien !

- Je citais Brel...

- Oui, bah tu t'arrêtes là niveau citation, parce que si tu me fais le coup du volcan qu'on croyait trop vieux pour voir rejaillir son feu, je vais aller voir les marins qui boivent aux dames, celles qui leur donnent leur joli corps et leur vertu !

- Ne me quitte pas Simone...

- Je citais Brel ! Mais non mon chou, évidemment que je ne te quitterai pas... Et puis tu as raison finalement, on me dit souvent que j'ai du chien, alors si tu veux être l'ombre de cette brûlante qualité, ça nous fera un peu d'air frais, et si j'ai trop chaud, je viendrai te rejoindre...

- Je ferai un domaine où l'amour sera roi, et où tu seras reine...

- Faudrait déjà qu'on ait fini de payer la maison ! Allez arrête de rêver chéri, et va plutôt prévenir Madame que le coeur de Monsieur l'invite à valser !

Simone montre patte blanche


Le procureur général :

- Vous avez donc mis en danger une mission de plusieurs millions de dollars pour une lubie égocentrique, fumer à la fenêtre d'une fusée au décollage, au mépris de la sécurité de vos équipiers. Je requiers donc une peine de six mois de prison ferme assortie d'une mise à l'épreuve d'une année, pendant laquelle vous devrez montrer patte blanche pour entrer dans toute manifestation de la NASA.

- Monsieur le Procureur, je vais me défendre seule puisque mon mari a dépensé en clubs de golf ce qui m'aurait permis de me payer un avocat... Raoul, mon mari, m'a promis plusieurs fois de me décrocher la lune, devant son incapacité à tenir promesse, j'ai décidé de l'accompagner puisqu'il me jurait qu'elle était plus qu'accrochée. Au moment du décollage, il y avait plus de fumée autour de la fusée que dans le four de Paulette quand elle fait un gigot. Je n'ai donc trouvé aucun danger à y ajouter un peu de la mienne. Quant à la fenêtre ouverte, les trois cowboys de l'espace avaient la tête enturbannée de plexiglass, il y avait donc peu de chance pour qu'ils attrapent un rhume et aucun danger qu'ils ne puissent plus respirer. Il est d'ailleurs toujours recommandé de respirer à la fenêtre plutôt que dans un casque de cosmonaute, c'est quand même meilleur pour la santé !

- Madame, s'il vous plaît...

- Et ne me dites pas qu'on était dans l'espace, il faisait jour ! En France, nous fumons à la fenêtre, on n'est peut-être jamais allés sur la lune, mais on sait parler aux femmes. Alors Monsieur le Procureur, messieurs les jurés, dites-moi auquel d'entre vous je dois montrer patte blanche, je l'inviterai à dîner à la maison, et je lui montrerai qu'on peut tout à fait fumer à la fenêtre juste après avoir décollé, dans le délice d'une explosion censée nous faire partir dans les étoiles !

Simone haute en couleurs


- Excusez-moi Monsieur mais je cherche les scènes en couleur...

- Pardon ?

- Je dois tourner une scène avec Glenn Ford dans laquelle je dois le séduire, et je crois que je me suis trompé d'endroit.

- Vous êtes Simone ?

- Oui

- Vous êtes au bon endroit, je suis Glenn Ford, ravi de vous rencontrer enfin...

- Mais nous sommes dans un film en noir et blanc là ?

- Et alors ? Ca donne un cachet délicieux, vous ne trouvez pas ?

- Mais ça m'enlève beaucoup de cordes à mon arc le noir et blanc ! Je n'ai aucune chance de vous séduire en noir et blanc ! Moi, je suis une femme haute en couleurs, comment voulez-vous que je m'exprime dans cette teinte ?

- Simone, votre arc est si puissant qu'il tire ses flèches sans vous attendre, venez retirer celle que vous venez de me planter dans le coeur à l'instant, et buvons un verre. Rouge ou blanc ?

- Blanc, forcément, sinon comment voulez-vous que les gens sachent ce que je bois ?

- Les dialogues ma chère, et la puissance de l'imagination. Votre regard par exemple, il est d'un bleu extraordinaire, on voudrait s'y plonger mille ans, et pourtant le simple fait de suggérer sa beauté le rendra encore plus bleu que ne le ferait le Technicolor. Anita Ekberg, dans la Dolce Vita, elle est blonde ou brune ?

- Blonde évidemment...

- Et pourtant, ce n'était pas un film en noir et blond...

- Pas faux... Vous avez raison. Mais pourquoi John Wayne avait-ils les cheveux roses dans ses westerns ?

- Les cheveux roses ? Il n'a jamais eu les cheveux roses John !

- Ca dépend des imaginations, vous voyez que la suggestion propose, l'imagination dispose ! Alors arrêtez votre cinéma et retirez votre flèche tout seul cher Monsieur Fiesta et...

- Ford

- ...oui, peu importe... et n'essayez même pas d'insister ou de me faire boire, parce que si je parle de votre manège à mon mari, il va vous laisser une telle farandole de couleurs en souvenir que vous remercierez votre production de proposer une pellicule qui ne pourra jamais témoigner de la force de son amour !

- Mais enfin, ça ne va pas bien ? Pourquoi se mettre dans cet état ? Je n'ai fait que vous inviter à boire un verre en attendant de tourner ! Et vous devenez rouge de colère, qu'est-ce qui vous prend ?

- C'est Raoul qui me prend ! Et comment pouvez-vous savoir si je suis rouge de colère dans une scène en noir et blanc Monsieur je sais tout !

- Ford !

Simone prend le verre de blanc, le finit d'un trait, le pose dans un geste sec et bruyant, et lance à son partenaire :

- Blanc sur Noir, Simone se barre !

- C'est à l'écran que le rouge est noir, ici c'est du rouge !

- Blanc sur rouge, Simone bouge !

- Complètement allumée... Vous auriez du prendre du rouge, parce que le blanc manifestement, ça vous donne mal à la tête...

Simone prend un verre de rouge, le finit d'un trait, et lance :

- Rouge sur blanc, Simone fout le camp !

- Sécurité !!!

- Au revoir Monsieur Opel...

- Ford !!!!

mercredi 3 novembre 2010

Eternal flame


- Raoul, arrête, je plaisantais quand je te disais que j'avais peur de vieillir... Arrête !

- Attends...

- A quoi ça sert d'attendre si le temps est arrêté ?

- Attends, je vais t'expliquer...

Raoul arrête le temps, puis redescend, prend le visage de Simone, doucement, entre ses mains, et lui dit :

- Si j'arrête le temps, ce n'est pas pour t'empêcher de vieillir, c'est pour te dire à quel point tu n'as jamais été aussi belle... Déjà, hier, tu étais magnifique, et pourtant, tu n'étais pas aussi belle, alors si je laissais le temps figé, comment pourrais-je te voir inventer chaque jour de nouvelles déclinaisons du charme et de la beauté ? Plus tu déclines et plus je m'incline... Et toi, quand tu déclines, ça n'a rien à voir avec un soleil qui se couche, tu fais l'amour avec le temps...

- Mon amour... C'est adorable... mais remets le temps en route parce que je n'aime pas trop faire l'amour avec un truc immobile !

- Je vais le remettre en route... Je ne voulais pas perdre une seconde de ton élégance pendant que je lui rendais hommage.

- Tu me fais tourner la tête chéri...

- Ce doit être le décalage horaire...

- Je veux vieillir dans tes bras, parce que jamais je n'aurai l'impression de perdre mon temps... Parce que chaque palpitation de ton coeur annule celle du temps qui passe, tu es mon éternité Raoul...

Au fond, Simone n'est pas si légère


- Ca sert à quoi le gros bouchon au fond de la cale Raoul ?

- Mais qu'est-ce que t'as fait Simone ???

- Je l'ai enlevé... pour voir... quelle idée de mettre un bouchon au fond d'un bateau aussi, on fait pas un tour de baignoire !

- Si, c'est une idée très intelligente, pour vider l'eau en fond de cale quand on est à terre !! Passe-moi les gilets !!!

- Bah oui mais moi, quand je vois un bouchon, je le fais sauter, c'est mon côté champagne....

- Passe-moi les gilets !!!

- Les gilets ? Quels gilets ? T'as emmené des gilets ? T'as froid ? Il fait 25 degrés Raoul !

- Simone, dans mille ans, si ce bateau n'a jamais cessé de couler, il n'aura toujours pas atteint les profondeurs abyssales de ta légèreté !

- Tu sais ce qu'elle te dit ma légèreté ??? Tu es bien content de l'avoir ma légèreté ! Tu es même le premier à lui faire sauter le bouchon à ma légèreté !!

- Oh je t'en prie Simone...

- Quoi, je te choque ?

- Passe-moi les gilets !!!

- J'ai pas froid ! Mets une écharpe ! Tu veux qu'on philosophe ? Que je te montre l'étendue de ma culture plutôt que celle de ma légèreté ? Tu le regretteras avant moi mon ami ! Alors très bien, dès ce soir, au lit, nous parlerons de la théorie des idées de Pluton et du mythe qui promettait et puis qui mettait ! Ca a beaucoup moins de cuisse, tu verras !

- La théorie de Platon et le mythe de Prométhée et Epimethée...

- Et voilà, ça étale sa science mais ça a froid en plein mois de juillet !

- Mais on coule Simone !

- Et ben coule Raoul !! Et si tu croise ma légèreté en train de remonter, tu comprendras que finalement c'est le moins lourd qui remonte toujours à la surface !

Du monde au balcon


- Que se passe-t-il ?

- Raoul et Simone qui se cherchent, comme d'habitude...

- Ah... Non, pas comme d'habitude justement, ça fait seulement quelques jours qu'ils sont à cran, la faute à la pleine lune peut-être ?

- Je crois que c'est surtout parce qu'elle est trop bien accrochée...

(plus bas, Simone et Raoul...)

- C'est quoi cette histoire que tu as raconté à Yvonne ?? Tu cherches à organiser un plan à trois, à l'aube ? Mais avec qui ??? Je ne te suffis pas moi espèce de malade ??

- Mais t'es pas bien chérie ? J'ai demandé à Yvonne si elle avait un plan de Troyes, dans l'Aube ! Je te rappelle que c'est là qu'habite ta beau-frère et qu'on y va déjeuner demain !

- Ah ?

- Ah... oui... ah ! Chérie, je serais toi, j'irais me coucher, parce que j'ai l'impression que tu manques de sommeil en ce moment...

- Pardon ? Parce que j'ai mal entendu, je manque de sommeil ?

- Et voilà, c'est reparti... Tu es un moteur à explosion depuis quelques jours, partout où tu passes, les murs tremblent ! J'en ai marre Simone ! Je t'aime, la lune, tu la vois tous les jours dans mes yeux, mais toi, tu n'en as jamais assez, il faut te la décrocher, et même si j'y arrivais, ce ne serait probablement pas encore assez, tu voudrais que je fasse se lever le soleil pour bronzer en pleine nuit ! Tu es chiante Simone ! Va te coucher, et lève-toi quand tu auras retrouvé ta douceur élégante ! Et profite, on vient de gagner une heure !

- Quand ?

- A l'instant, il est trois heures du matin, et heure d'hiver oblige, il est maintenant deux heures.

- Je t'aime mon amour...

- Pardon ?

- Je t'aime, tu es un diamant aux mille facettes...

- Simone, tu es sûre que ça va ? Tu ne réagis pas à ce que je viens de te dire ?

- Il est deux heures, tu ne m'as encore rien dit... Viens te coucher chéri, dévorons cette heure gagnée, dégustons la madeleine du temps perdu...

- Ma chérie...

- Et puis c'est bien qu'on dorme un peu plus si on doit partir à l'aube...

- Dans l'Aube !

Fenêtre sur four


- Simone c'est quoi ce courant d'air là ???

- C'est moi, je fume à la fenêtre !

- Mais t'es pas bien, ferme !!

- Oh ça va, on ne va pas se prendre d'amende non plus... Parce que pour nous rattraper, faudrait qu'elles mettent un sacré coup de pédale les contractuelles !!

- Feeeeerme !!!! On est dans une fusée là Simone !!! On sera dans l'espace dans deux secondes ! Et y'a pas d'air dans l'espace !!!

- Impeccable, comme ça, y'aura plus de courant d'air...

- Simone, ou tu sautes ou tu fermes la fenêtre !!

- Bon, ça va Raoul... c'est d'avoir la tête enfermé dans un aquarium qui te donne cet air de poisson rouge ?

- Non, c'est que je suis prêt à exploser avec tes conneries !

- Oui, bah vous feriez mieux de vous garer parce que vu comment ça fume en dessous, à mon avis, t'es pas le seul qui est prêt à exploser mon chéri... votre moteur a sans doute un problème, ça marche au gasoil une fusée ?

- C'est une fusée, ça fume beaucoup au décollage, mais elle c'est normal, toi beaucoup moins, surtout à la fenêtre ! Ferme !!!!

Un petit pas pour Simone, un grand pour son homme


- On est vraiment obligés d'emmener ta femme Raoul ?

- J'ai tout essayé Neil, mais quand elle a su qu'on partait sur la lune, elle m'a dit que si je ne lui décrochais pas cette fois, elle demanderait à un autre d'avoir un peu plus d'attention...

- Mais tu ne lui as pas dit que c'était impossible ? Quel âge elle a ta femme ?

- Elle a l'âge d'aimer et de rêver tous les jours, le temps n'a pas de prise sur ça chez elle... Bien sûr que je lui ai dit ! Je lui ai dit exactement : "Chérie, on ne PEUT PAS décrocher la lune, c'est impossible, c'est une image, une métaphore amoureuse pour expliquer jusqu'où on peut aller par amour pour quelqu'un !"

Et elle m'a répondu :

- Ah oui ? Et tu ne vas même pas essayer ? Tu vas sur la lune et tu ne vas même pas essayer ?? Prends des outils au moins, montre-moi que tu vas essayer !

- Mais la lune n'est accrochée à rien Simone !!

- Ah bon ? Elle tient comme ça, toute seule, par l'opération du Saint-Esprit ?? Tu me prends pour une truffe ? Evidemment qu'elle est accrochée ! Et de toutes façons, quelqu'un est-il allé voir pour être sûr ? Non ! Vous êtes les premiers à y aller ! Alors puisque c'est comme ça, je viens avec vous, comme ça je serai sûre que tu ne me baratines pas !

- Mais Simone, il faut de l'entraînement, il n'y a pas à manger pour trois, et puis l'apesanteur te fera flotter dans l'air pendant tout le voyage...

- Tant mieux, il faut que je me mette un peu au régime, Paulette a moins de ventre que moi, ce qui est une aberration technique. Raoul, je viens, c'est tout ! Et puis ça fait longtemps que tu ne m'as plus fait connaître l'ivresse de l'apesanteur...

- C'est nouveau ça...

- Oui, parfaitement, depuis des mois, il n'y en a que pour Neil ! Neil ! Neil ! C'est par amour pour lui que tu lui montres jusqu'où tu peux aller ? Elle est là ta métaphore amoureuse à toi ? Alors reste sur ton Neil, moi je veux explorer l'océan des étoiles et décrocher la Reine !

...

- Elle est pas un peu têtue ta femme ?

- C'est la présidente du club...

Simone 150ème !


- Elle s'appelle Simone, et comme elle est tout le temps sur une autre planète, je me suis dit qu'elle était peut-être ici...

- Non Monsieur, vous m'en voyez désolé, mais nous n'avons pas de Simone ici.

- Bon...

- Mais pourquoi m'avoir choisi moi pour me poser cette question ?

- Oh, c'est très simple... Vous savez, Simone est vraiment une femme en or, alors en vous voyant, j'ai pensé que peut-être...

- Je comprends... vous avez pensé qu'elle serait venue naturellement vers moi... mais vous savez je ne me mélange pas avec les humains, je les aime beaucoup, mais j'évite de vouloir à tout prix m'intégrer dans cette communauté... J'aime ma solitude métallique.

- Simone aurait peut-être eu une chance de vous plaire, si vous saviez comme elle est une extraterrestre...