Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

mercredi 22 septembre 2010

Les promesses de l'aube


- Qu'est-ce que tu regardes ?

- La vérité. La vérité d'un instant volé.

- Mais si tu voles cet instant qu'on ne te donne pas, tu es plus près du mensonge, de l'interdit, non ?

- Non. Il faut vivre dangereusement. Et savoir prendre les instants de grâce que la pudeur garde égoïstement. Qu'elle est belle...

- Qui ?

- Simone. Elle défie tellement tous les canons de beauté qu'elle gagnerait une guerre à elle toute seule...

- On croirait un homme amoureux...

- Comment ne pas faire autrement Charles... Toi, tu es dans l'ombre, et c'est cette ignorance qui te fait me poser la question. Moi, je choisis de voir le soleil, de chercher la lumière. Simone irradie, et de la lumière naît l'amour, toujours. Cet instant n'est pas volé, il est béni...

- Mais comment peux-tu te satisfaire de ce moment qui te dévoile l'intimité d'une femme que tu n'auras jamais ? Tu nourris ta propre frustration et ton malheur futur !

- Au contraire, je me fabrique du bonheur, de l'éternité. J'aurais pu mourir sans voir ça, et depuis ce soir je connais le parfum du rêve.

- Allez, Raoul, viens, on rentre. Tu ne l'auras jamais cette fille, tu le sais...

- On ne sait jamais rien Charles. Il faut toujours croire en ses rêves, et surtout, croire que le possible est accessible à tous...

- Tu es exactement le contraire des hommes qui la séduisent.

- C'est pour ça qu'elle m'aimera..

Montée des marches


- Simone !!! Qu'est-ce que c'est que cet escalier ???

- Classieux non ? Je l'ai fait faire aujourd'hui... Je voulais une entrée directe pour ma salle de bains...

- Mais t'es pas bien ?? Prendre l'escalier normal c'était au-dessus de tes forces ?

- Oui ! Parce qu'il me rappelait tous les jours que j'étais normale ! Et ce n'est pas toi qui le contredit en ce moment ! Au moins, avec cet escalier, chaque montée des marches est un festival, et à chaque fois que je descends, je me sens Rita, Ava, Greta...

- Simone, ces marches te conduisent vers ta mégalomanie...

- Pffff... N'importe quoi Raoul. Alors parce qu'une femme aime se sentir belle et inaccessible, elle est mégalo ? Et toi, avec ton peignoir "Raging Bull", ton coupe-papier "FBI" et ton photo-montage avec Jackie Kennedy qui trône sur ta table de chevet, t'es pas mégalo peut-être ? Tiens, quand tu auras deux minutes, j'aimerais que tu me mettes des spots tout au long de l'escalier, sur les barreaux. Un spot tous les quatre barreaux, ça me paraît pas mal...

- Pourquoi faire ? On voit très bien comme ça !

- Les feux de la rampe Raoul. Les feux de la rampe...

Les atouts de Simone

- Raoul, fais-moi un enfant...

- Mais tu as à peine 21 ans ma chérie...

- Et alors, est-ce une excuse ? Je suis majeure ! Tu n'es pas sûr que je sois la femme de ta vie ?

- Aucune ne peut t'arriver à la cheville...

- Alors prends-la...

- Quoi ?

- Ma cheville... Et fais-moi l'amour... Soit doux, aimant, profond, et il y aura le petit au bout...

Doux débat


- Quand tu portes ça chérie, ça fait débat...

- Je sais Raoul, mais admets que ça fait plus joli des bas en haut

- C'est vrai. Mais ils invitent à t'aimer de haut en bas. D'où le débat.

- J'aime quand le débat est doux... D'où mes bas...

- Débattons mon amour...

- Pas tout de suite, je fais une course, et reviens, prête à m'ébattre...

- A t'ébattre ? Après avoir fendu la foule comme ça ? A débattre !

- Si tu me cherches, je suis en bas...

jeudi 16 septembre 2010

L'insoutenable légèreté de l'être


- Mon amour... Quand je te regarde, je me dis que la sensualité est vivante...

- Ooooh merci chéri... Mais le vent aussi est bien vivant et je dois faire attention parce qu'il ne faudrait pas grand chose pour que mon intimité soit dévoilée !

- Elle est tellement suggérée de la plus élégante des façons que sa naissance aux yeux du monde ne saurait être plus délicieuse. La grâce de tes mains, le dessin des courbes qu'elles préservent, tu es tellement belle que je n'ose croire en ton existence...

- Raoul... Allez, dépêche-toi, parce que ça souffle là, et à force, ma robe va vraiment se soulever, et je te signale que je n'ai rien en-dessous...

- Quoi ?

- Pas eu le temps, tu voulais qu'on soit chez tes parents à midi, et les dessous qui vont avec cette robe n'étaient pas encore secs. Alors active un peu le pas, parce que je te jure que sinon, si ça se soulève, tu croiras autant en mon existence qu'en celle de tous les habitués de la place du village !

- Simone, si le vent soulève ta robe, il me faudra sept ans de réflexion pour comprendre comment j'ai pu épouser autant de chance en une seule vie...

- Raoul !!!

- Oui, on y va, on y va... Dis donc, je pourrai faire exprès de faire tomber ma serviette pendant le repas ?

- Si tu veux chéri, mais essaie d'être plus rapide que ta mère pour la ramasser...

Défense d'entrer


- Qu'est-ce que tu fais ici Simone ?

- Je te trompe...

Raoul statue sur son sort


- Dis donc Raoul, merci pour cette somptueuse idée de jouer à chat statue sur cette vue splendide, mais si elles continuent, je ne vais pas pouvoir rester de marbre longtemps...

- Ca tombe bien t'es en plâtre, Charles...

- Je FAIS le plâtre !

- Tu sais que tu fais hyper bien le plâtre Charles ?

La guerre des boutons


- Parfois le bonheur tient à un bouton...

- Celui que tu as sur le front mon amour ? Je confirme...

- Tu as le chic pour anéantir le romantisme bucolique toi hein !

- Pardon Raoul, mais ton point blanc entre les deux yeux, c'est limite niveau romantisme bucolique... Tu veux que je m'en occupe ?

- Mais comment vous faites pour adorer faire des trucs pareils ???

- J'adooore ça... allez viens, je vais lui faire sa fête...

- Mais merde Simone, c'est à ton bouton que je voulais faire sa fête moi !! Et toute la couleur de la journée en eût été changée !!

- Tu t'en occuperas après de mon bouton... Et t'as pas intérêt à te rater d'ailleurs, parce que mon corps tout entier à enregistré le message... Allez viens là mon gros nounours... Tu me dis si je te fais mal...

- Aaaaaaaaaaaaaaïïïïe !!!

- Mais quel douillet... Mais quel douillet !!!

- Hey, je n'ai rien demandé à personne moi hein !! J'étais parfaitement synchro avec cette ambiance érotique et printanière, et toi, tu décides de jouer à la dermato champêtre !

- Oui, parce que faire l'amour dans l'herbe avec un cyclope, merci ! Je ne suis pas venue ici pour tourner la suite de Microcosmos !!!

Simone s'enfonce


- Chérie, je peux savoir pourquoi tu te baignes avec tes talons ?

- Sinon je suis trop petite !

- Mais Simone, ça change quoi ? Tu n'as pas pied !

- Peut-être, mais avec mes talons, je suis quand même plus grande...

- Mouais... C'est surtout pour faire ta belle quand tu sors de l'eau !

- Ecoute Raoul, c'est une certaine idée de l'élégance, tu ne peux pas comprendre...

- Je comprends surtout que si tu persistes, tu vas manger froid...

- Et pourquoi donc ?

- Parce que tes premiers pas sur la plage risquent d'être assez figés ! Tu n'as pas pensé que tu allais t'enfoncer comme une bougie d'anniversaire dans un gâteau avec tes talons ?

- De toutes façons, même si j'étais pieds nus, tu serais toujours là pour m'enfoncer, alors autant s'enfoncer avec classe...

- Arrête un peu ton cinéma Simone, enlève tes chaussures et viens manger !

- Non ! Je resterai digne ! Et si je reste plantée, tu n'auras qu'à appeler les secours ! Et puis tu as de la chance, je suis en blanc, ce sera plus facile pour toi !

- Pardon ?

(Simone mime la scène)
- "Allô, oui, bonjour, je vous appelle parce que ma femme est enfoncée sur la plage ?

- Oui, et comment elle est votre femme ?

- En foncé.

- Oui j'entends bien, mais de quelle couleur est sa tenue ?

- Elle est en foncé je vous dis !

- Mais j'ai bien compris qu'elle était enfoncée !!! Mais des femmes debout sur la plage, y'en a 350, alors j'ai besoin de savoir de quelle couleur est son maillot de bain ???

- Vous ne pourrez pas la rater, elle a des talons...

- Quelle couleur les talons ?

- Difficile à dire... Ils sont enfoncés...

- Dites donc, vous seriez pas en train de vous foutre de moi vous ?

Une femme


Après avoir tiré son épingle du jeu, Simone remontait sa longue chevelure brune, laissant son cou délicieux diffuser son exceptionnel parfum. Je ne savais qui jalouser plus que l'autre, de l'épingle ou de la dentelle. Ils épousaient une partie, parmi les mille et une miraculeuses de mon île, et c'était déjà insupportable d'y renoncer, même pour quelques instants que le quotidien réclame. J'étais un aventurier des mers, j'avais découvert l'Amérique. Avais-je aimé avant de l'avoir découverte ? Il fallait bien des océans pour mériter d'échouer sur un tel succès. Et quand, après avoir savamment placé son épingle, elle décroisait ses jambes idéales et se levait pour donner vie au plus bel élan féminin qui soit, j'étais vaincu par la grâce. Je n'avais jamais triché, l'Amour venait m'en féliciter, et me promettre l'éternité de son paradis, si ardemment désiré.

Croire, toujours. Et aimer, finalement.

Raoul

Simone est une lumière


- Simone, j'ai peur de vieillir sans avoir le temps. Je veux dire de ne pas assez vieillir pour profiter de tout ce que j'ai encore à apprendre.

- Chéri... Tu as encore tout le temps d'apprendre mille et une choses...

- C'est quand même mal foutu la vie, c'est lorsque l'on devient enfin sage, mûr, instruit, délesté de tout artifice et de cette jeunesse qui apprend les fautes que l'on doit laisser la place...

- Oui, Raoul, lorsque la lumière décline, les Hommes deviennent grands...

Par monts et par vaux


- C'est vraiment la montagne qui donne tout son sens à la beauté de la vallée, à sa richesse. Le relief magnifie les creux.

- Qu'est-ce que tu regardes Raoul ?

- La montagne Simone...

- Bon, allez, on s'en va !

- Pourtant, que la montagne belle...

Lupus dei


- L'homme est un loup pour l'homme

- Simoooooooooone !

mercredi 8 septembre 2010

Un papillon sur l'épaule



- Attends-moi Simone, tu vas arriver au bout du chemin avant moi !

- Et si c'était le cas Raoul ?

- Pardon ?

- Oui. Si j'étais arrivée au bout du chemin avant toi ?

- Que veux-tu dire ?

- Je veux dire que j'ai besoin de fleurs sur mon chemin, j'ai besoin de me sentir belle, neuve, fraîche, sur mon chemin comme sur le tien, et surtout, surtout, j'ai besoin de sentir que je prends ce chemin pour la première fois, tous les jours, avec toi...

- Simone, que puis-je faire pour te donner cette impression ?

- Me poser la question Raoul, c'est confirmer que tu n'as jamais pensé à la réponse. Or elles sont en toi. Enfin je l'espère, sinon ce chemin va probablement se scinder en deux autres, et c'est en ce point que nous nous quitterons.

- Si tu veux prendre un autre chemin, prends-le Simone. Mais ne me mets pas sur le dos tes envies de voyage, ni le poids de ta lassitude. Et si tu te perds, rebrousse chemin, suis les cailloux que tu auras laissés derrière toi, si mon amour est plus fort que le tien, alors je serai là, à t'attendre.

- Pourquoi ne serait-il pas plus fort ?

- Parce que ton choix d'aller voir ailleurs si j'y suis pourrait me pousser à prendre le même chemin que toi

- Pour quoi faire ?

- Et bien pour que j'y sois quand tu y seras ! Si tu vas voir ailleurs si j'y suis, et que je n'y suis pas, tu iras voir ailleurs ! Et si je suis déjà ailleurs, je ne serai forcément pas dans ton ailleurs à toi !

- Raoul, tu es tellement complexe...

- C'est l'amour qui est complexe chérie, c'est l'amour...

- Je suis une amoureuse Raoul, je suis fidèle, et pourtant, je ne saurais ignorer qu'un papillon se pose sur mon épaule sans embrasser ses couleurs. Et si j'embrassais ses couleurs, je n'aurais pas l'impression de tromper l'amour que je te porte, fort, entier, solide. L'amour est forcément pluriel, même si mon amour pour toi est si singulier qu'il tutoie l'idéal.

- Alors pars maintenant Simone, goûte aux papillons, et quand tu auras compris l'éphémère destin de ces ailes libertines, tu comprendras l'éternité de mon sentiment sous le vernis du quotidien.

- Raoul...

- Chuuut. Je ne peux te forcer à aimer ce vernis, ni te convaincre de l'artifice de certaines couleurs nouvelles, mais ne te perds pas en chemin Simone, ne te perds pas...

- Pourquoi me perdrais-je ?

- Il suffirait qu'on te vole tes cailloux pour les mettre dans ton coeur.

- Mais toi et ton éternel sentiment, vous me retrouveriez n'est-ce pas ?

- Parfois le coeur est si lourd qu'il coule sous le niveau de l'amer, et s'abîme dans d'abyssales blessures. Les poignards des menteurs à l'endroit de ton coeur seront autant de pierres dans mon jardin, et tu seras alors aussi perdue que je serai fané.

- Raoul, accélère le pas

- Pourquoi ?

- C'est moi qui fane à l'instant, refais de moi ton miel, et chassons les papillons ensemble...

lundi 6 septembre 2010

Le numéro que vous avez demandé n'est plus attribué


- T'es sûre de ton idée Simone là...

- Mais oui rrrroooo.... Une soirée costumée demande toujours un peu d'originalité. J'ai pensé que l'idée de téléphones portables serait délicieusement futuriste. Non ?

- Mouais. Ca risque pas d'arriver vu l'encombrement... Mais l'idée de voir les gens par un seul petit trou central toute la soirée me paraît limite question délice...

- Tu as toujours eu une vision des choses assez centrée en même temps... Mais pourquoi tu as choisi un téléphone si imposant ? Et puis tu en as deux !

- Oui, celui du haut, c'est pour me dire des mots doux, et celui du bas, c'est au cas où quelqu'un voudrait me décrocher la mâchoire...

- Des mots doux ? Tu as intérêt à répondre à toute femme qui essaierait que c'est un faux numéro mon coco... sinon, je vais te la raccrocher au nez ta mâchoire moi...

- Simone... Tu sais bien que je sonne occupé pour n'importe qui d'autre...

- Bah voyons l'apollon ! Si c'est l'autre blonde de Bernadette qui vient mettre ses doigts pour composer ton numéro, ça m'étonnerait que tu lui dises qu'il n'y a pas d'abonné au numéro demandé ! Hein Raoul ? D'ailleurs, je te préviens, si jamais je la vois te toucher, ne serait-ce que l'écouteur, je lui laisse un message façon bretonne !

- Ah c'est ça ton déguisement, je me demandais ce que tu avais voulu faire avec ton fil qui passe sous le cou comme ça... Je croyais que tu voulais faire une patiente chez le dentiste, mais non, tu fais la douce bretonne...

- Douce ? Pas du tout. J'ai la rage dedans...

Chapeau bas Simone


- Bah alors Simone, il a plu sur ton chapeau ?

- Pffff... Vous ne connaissez rien à la mode mon cher ami...

- La mode ? Si c'est avoir un chapeau qui oblige à téléphoner pour savoir où on va et une chemise qui taille trois fois trop grand, je préfère avoir du style.

- Du style ? Ah parce qu'avec ton bermuda jaune et des soquettes blanches dans tes mocassins, sur la plage de surcroît, tu crois que tu as du style ?

- Un peu plus que toi oui ma chérie ! La mode c'est un truc de snob influençable, le style, c'est inné.

- Dis donc Raoul, tu as déjà vu des photographes de style ?

- Euh... non...

- Voilà. Et des photographes de mode ?

- Mais aucun rapport, personne n'a jamais fait de photos de style !

- C'est bien ce que je voulais t'entendre dire ! Et c'est pas grâce au tien que ça risque de changer !

- Simone, mais quelle mauvaise foi... Tu n'aimes pas mon bermuda ?

- Il est magnifique Raoul... Tu as raison, pour certains le style est inné, et pour d'autres, c'est le port du bermuda. C'est ton point commun avec Humphrey Bogart.

- Il portait des bermudas Humphrey ?

- Du tout. Mais certains ont un peu plus de classe dans le port de l'angoisse...

Prise en main


- Paulette, quand tu regardes ta soeur et Raoul, je te sens mélancolique...

- Oui Charles, ils sont tellement beaux enveloppés de cet amour parfait... Ca me rappelle nous, à nos débuts...

- Es-tu sûre qu'ils s'aiment de cette perfection amoureuse idéale ?

- Regarde les mains de Simone. Les mains ne mentent jamais. L'une le retient, comme on retient un trésor, et l'autre caresse et invite à rendre éternel ce baiser que l'on devine magique, cosmique, par delà les nuages...

- Et pourquoi penses-tu que nos débuts sont des horizons si lointains ?

- Charles, la dernière fois que tu m'as pris la tête, c'était jeudi dernier, pour partir en vacances chez ta mère...

God is love

- Raoul...

- Oui chérie ?

- Qui est cet homme là-bas ?

- C'est le responsable des couleurs...

- De quelles couleurs ?

- De toutes les couleurs du monde

- Pardon ? Mais c'est impossible, tu te rends compte du temps qu'il lui faudrait ?

- Il a tout son temps...

- Mais il lui faudrait mille vies pour arriver à ses fins !

- Il les a. Et bien plus encore...

- Que veux-tu dire ? Mais il a commencé quand ?

- A la Création, probablement

- Mais tu veux dire que...

- Oui

- M'enfin Raoul... Il n'a pas du tout ce look-là...

- Pourquoi, tu L'as vu en photo toi quelque part ?

- Mais Raoul, tu m'as toujours dit "Dieu est amour"

- Et alors ? Ne crois-tu pas qu'il en faut une sacrée dose, d'amour, pour colorer la vie ?

- C'est fou... Je ne Le voyais pas comme ça...

- Personne ne le voit comme ça, c'est bien pour ça qu'Il a choisi cette apparence. Et puis la foi doit être morale, pas physique... C'est justement parce que tu attaches tant d'importance à l'image, comme beaucoup, que ta foi souffrirait de connaître Son visage. D'ailleurs, en souffre-t-elle ?

- Mais pas du tout ! Je crois plus que jamais ! Quelle palette ! Divine ! Par contre...

- Quoi ?

- Si Il est responsable des couleurs, il est donc responsable de la couleur de notre salle de bains ?

- Simone...

- Monsieur s'il Vous plaît !

- Simone !!!

Fondante Simone

- Le regard de Liz devint si intense que Jane fonda...

- "... que Jane fondit", Simone...

- Dis donc Raoul, quand on parlera voitures je te sonnerai, et question cinéma, pardon mais je suis imprenable. Et en l'occurrence, Jane Fonda !

- Bon, d'accord...

Le troisième homme


- Alors, vous avez réussi ? Vous êtes vraiment partis dans l'espace ?

- Oui M'sieur ! Simone, fais attention à la dernière marche, elle est vicieuse...

- Mais vous vous êtes posés quelque part ?

- Oui, à Reno, dans le Nevada.

- Vous êtes allés dans l'espace pour vous poser à Reno ?

- Non, pour aller dans le futur. En 2051 exactement.

- Ils l'ont fait...

- Nous sommes les premiers n'est-ce pas ?

- Non, je l'ai fait il y a vingt ans, mais personne ne m'a jamais cru quand j'ai parlé des petits hommes verts...

- Ah vous aussi ? Des reptiles en chemise hawaïenne ?

- Oui !!! Il y avait trois personnes dans la maison, Lucien, Claude et René. Je n'ai rencontré que les deux premiers.

- Et ben nous on a fait la rencontre du troisième type !