Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

mardi 25 mai 2010

Simone sans dessus dessous


- Que faites-vous Simone ?

- J'ai des reflux gastro-oesophagiens, c'est la seule façon de bien supporter la descente du vin...

- Mais comment peut-il descendre si vous restez dans cette position ?

- C'est là que vous intervenez, je le garde en bouche, et juste au moment d'avaler, vous devrez me retourner.

- Ma chère Simone, j'ai bien peur que ce vin ne vieillisse mieux dans votre bouche que dans sa bouteille originelle...

- Pourquoi dites-vous cela ?

- Parce que la façon dont vous avez décrit mon rôle m'invite à vous laisser le plus longtemps possible dans cette position, l'idée de vous retourner m'étant presque insupportable...

- M'enfin Monsieur Marcello, prenez mon pied. Ne soyez pas timide... Et mettez-moi à l'endroit.

- Les apparences sont parfois trompeuses ma chère Simone. De vous voir ainsi, c'est moi qui suis tout retourné...

- Je suis en tout cas ravie de ce dîner "Venez en dessous", si on m'avait dit que je ferais de telles rencontres !

- Il faut que je vous avoue quelque chose Simone, devant votre beauté, je n'ai pas pu vous le dire quand vous avez sonné chez moi, mais le dîner auquel vous étiez conviée, c'était dans l'appartement du dessous. C'était cela le jeu de mots dans l'invitation. L'organisateur a mis mon adresse, avec mon accord, et les gens devaient trouver la bonne adresse.

- Et vous avez accepté d'être dérangé par tout ce monde ? Ils sont probablement tous venus sonner chez vous...

- Oui. Mais je n'ai pas ouvert. J'ai juste dit, à travers la porte, ce n'est pas ici, mais ce n'est pas loin, réfléchissez... Mais vous, je n'ai pas pu faire autrement que vous ouvrir...

- Marcello... Ouvrez-moi encore...

- Simone, je crains que la robe de ce Margaux 1966 vous déshabille de votre lucidité et que son bouquet m'enivre à jamais du parfum de votre existence... Je vais vous raccompagner chez vous.

- Vous avez des rollers ?

1 commentaire:

  1. La grande classe ce dialogue je trouve ! On sent le gentleman qui apprécie sincèrement le positionnement de Simone dans l'histoire. Perso je l'imagine très bien assis, au fond de son fauteuil, le verre de vin à la main, petit sourire. On s'y croit à fond !

    C'est toi qui nous retourne avec ta plume... alors Franck... écrivez-nous encore ;)

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