Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

mercredi 2 novembre 2011

Le jeu de jambes de Simone


- Qu'est-ce que c'est que toutes ces jambes Simone ?

- Ah ma Paulette... Tu ne trouveras jamais...

- Allez...

- C'est pour manger tranquille.

- Pour manger tranquille ?

- Oui, chez le patron de Raoul. A chaque fois qu'on va dîner chez lui, il me fait un pied pas possible sous la table. Il me l'a fait deux fois, à la deuxième, je me suis dit "j'ai deux solutions, soit je le dénonce devant sa femme et mon mari, et va y avoir du sport, et surtout on oublie la promotion de Raoul, soit je trouve un moyen d'ignorer son manège tout en préservant les intérêts de chacun".

- Et alors ?

- Un ami qui travaille au théâtre comme régisseur m'a donné cette idée géniale. Et depuis, je dîne dans un confort absolu pendant que l'autre s'excite sur ma jambe comme un caniche hystérique !

Rires complices et sonores des deux sœurs.

- Mais comment tu les caches ?

- Je prends un grand sac de sport et je dis que c'est les affaires du petit.

- Ah oui, tiens, comment il va Maxence ? Je ne l'ai pas vu depuis au moins deux mois mon petit chéri avec les vacances...

- Parfaitement bien, merci. Il va avoir un an, c'est fou... Bref. Pendant qu'ils prennent l'apéro, je vais mettre les jambes en place sur la chaise, leur nappe est très longue, on ne voit rien. Quand je m'assois, je mets mes vraies jambes en retrait, derrière les barreaux de la chaise, je mets les fausses entre mes cuisses et le tour est joué !

- Il ne se rend compte de rien ?

- Rien du tout ! Il me caresse le pied, il remonte jusqu'au tibia, presque jusqu'au genou, mais il le fait avec sa chaussure, donc il ne peut sentir l'absence de peau. Et puis ce caoutchouc est très tendre, l'impression de chair est parfaite. Pendant qu'il se fait son film, il me lance des œillades en pensant que je ressens tout ce qu'il me fait, et que j'adore ça puisque je le laisse faire ! Alors qu'en fait, pendant ce temps-là, je fais du pied à Raoul, assis à côté de moi.

- Mais tu n'as pas peur de te faire prendre ? C'est quand même très risqué.

- Je suis hyper attentive à la moindre serviette qui tombe. Je me jette dessus pour la ramasser ! Une fois, j'ai vraiment eu peur, Raoul m'a écrasé le pied involontairement, j'ai exprimé un petit cri de douleur et lui et son patron ont dit "pardon" en même temps. Raoul n'a pas percuté, la femme du boss était plongée dans l'analyse de son choix de vaisselle pour nous recevoir, et son mari m'a regardée, affolé, pendant cinq secondes. Il n'avait rien compris non plus et moi j'étais prête à prendre mes jambes à mon cou !

- Finalement, le patron de Raoul est persuadé qu'il est irrésistible, d'une discrétion rare et que son charisme te fait fondre...

- Il faut toujours faire croire aux patrons qu'ils maîtrisent tout.



Franck Pelé - Octobre 2011

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