Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

samedi 15 janvier 2011

Nous ne vieillirons pas ensemble


Steve :

- Qu'est-ce que tu prends Simone ?

- Un Martini

Le patron du bar, à sa femme :

- Tiens, comme le français tout à l'heure ! C'est marrant ça, pas un Martini vendu depuis trois semaines, et là, deux coup sur coup, et à deux français ! J'ai toujours été fasciné par la loi des séries...

- Oh oui, il était drôle ce Raoul avec son histoire de chevalier moderne...

Simone :

- Pardon ??? Il était comment ce Raoul ?

- Un très bel homme, il nous a raconté qu'il était venu chercher sa femme, qu'il avait voyagé autour de la lune pour la séduire et qu'il voyageait autour de la terre pour la reconquérir. Je ne sais pas qui est cette femme, mais elle doit avoir quelque chose pour avoir un homme pareil à ses trousses...

A ces mots, Simone tomba de son tabouret. Steve se précipita à son secours et l'invita à se relever. Pendant leur lente remontée, dans leurs yeux, ils se disaient tout, ils savaient. Chacun savait où était la vie de l'autre, le coeur de l'autre, le choix de l'autre. Chacun savait aussi que la flamme qui palpitait en eux était née de plusieurs braises.

Steve :

- Vas-y... Cours le rejoindre.

- Merci

- Si j'écris mes mémoires un jour, il y aura un long paragraphe intitulé "La fille sur le pont"...

- Nous ne vieillirons pas ensemble Steve, mais j'ai adoré ces quelques rides que tu as fait naître en si peu de temps, et qui me marqueront à jamais, du sceau de l'insouciance, aimante et légère, de la complicité, profonde et évidente. Je vais retrouver mon soleil, j'ai adoré notre éclipse...

- C'est drôle... Notre histoire a commencé en mousse, dans ce bain que tu as fait de jouvence, et elle se termine en mousse... enfin surtout pour moi...

- J'avoue que retrouver le célèbre "king of cool" en uniforme de marin après avoir plongé pour la première fois ensemble, dans une baignoire , c'était le pompon !

Ils souriaient comme des enfants de ces brèves de comptoir, pour ne pas penser comme des adultes, qui cicatrisent toujours moins vite. Cette histoire était comme suspendue dans le temps, personne ne pouvait dire si elle avait vraiment existé, si elle n'était que profondément cérébrale ou superficiellement charnelle, ou l'inverse.

Seules quelques rides heureuses avaient creusé l'empreinte d'une parenthèse absolument idéale. De celles qui sont indispensables pour donner tout son sens à un coeur qui ne saurait mentir.

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