Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

mercredi 12 janvier 2011

La croisière jaune



- Simone, j'ai deux nouvelles, une bonne et une mauvaise, on commence par laquelle...?

- La bonne.

- On est arrivés en Asie. Là-bas, c'est la Chine. On a fait toutes les mers du monde, tous les fleuves, Steve ne peut qu'être ici.

- Et la mauvaise ?

- On est à sec, il va falloir continuer en bateau.

- Ok, merci pour tout Robert, posez-moi près de ces rizières, je continue seule.

- Mais ?

- Y'a pas de mais Robert ! Nous allons perdre trop de temps à deux. Et puis je connais quelqu'un ici, il est garagiste, un véritable artiste de la tôle et de la mécanique, il pourra me prêter une voiture. Mais s'il me voit arriver avec un homme, il se fermera comme une huître, je le connais.

- Vous connaissez quelqu'un ici ? Comment est-ce possible ? Et puis une voiture ne vous sera d'aucun intérêt pour descendre les fleuves !

- Je connais quelqu'un dans ces rizières oui, je l'ai rencontré avec un jeune reporter avec qui j'ai fait le tour du monde, c'était incroyable cette expérience, il avait un petit chien, je m'en souviens parfaitement, son chien et son pantalon de golf... C'était il y a longtemps, mais c'est comme si c'était hier. Mon ami s'appelle Chang. Il maquille des voitures, il les bricole, il en fait ce qu'on veut. Par exemple, si je lui demande une voiture qui peut aller dans l'eau, il me la fabriquera. Je me souviens qu'il avait une lotus, bleue, qui pouvait être transformée en américaine amphibie. Il l'a peut-être gardée...

- Je vous souhaite le meilleur Simone, j'ai été ravi de vous emmener autour du monde moi aussi.

- Merci Robert, merci pour tout, je n'oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi. Bon retour en Afrique, embrassez Miss Blixen de ma part. Mais ne lui dites pas qu'on a dormi ensemble à la belle étoile, sinon elle pourrait vous mettre "out of Africa" pour de bon !

- Très drôle... Au revoir chère amie... Soyez prudente.



Simone avait une mémoire d'éléphant. Elle avait immédiatement reconnu le village de Chang. Il était revenu s'installer dans cette région, sa femme lui avait donné un fils, Michael, qui, à 6 ans, était déjà très doué au tennis. Après quelques étages de rizières, grimpés tout en se demandant comment ils faisaient pour arriver à une telle architecture, elle trouva la maison de Chang, et le garage mitoyen, dans lequel il travaillait. Il la reconnut immédiatement :

- Simone !!! Qu'est-ce que tu fais là ?

- Chang !!! Comment vas-tu mon ami ?

- Mais je vais formidablement bien ! Quel bon vent t'amène jusqu'ici ?

- Je n'ai pas beaucoup de temps Chang. Je suis venu retrouver un ami acteur, un américain, il se serait engagé dans la Marine, et serait dans le coin...

- Steve McQueen ??? Tu le connais ?

- A peine, on a pris un bain ensemble, mais la mousse a bien pris... Mais comment sais-tu pour Steve ?

- Tout le monde parle de lui ici ! Il est sur la canonnière américaine, sur le Yang-Tsé !

- Chang, tu as une voiture qui peut faire terre et mer ?

- Bien sûr ma chérie...

- Mais pas trop bridée, j'ai besoin d'aller vite !

- J'ai une tête à faire des voitures bridées ?

- Pardon...

- Voilà, c'est la bleue là-bas...

- C'est pas vrai, ne me dis pas que...

- Si. C'est la Lotus. Elle n'a plus rien d'une lotus à l'extérieur, mais à l'intérieur, elle a toujours son âme indestructible, elle t'emmènera loin. Dès que tu arrives sur l'eau, tu appuies sur ce bouton, là, le petit rouge, et elle va commencer à te mentir avec classe.

- A me mentir ?

- Oui, elle continuera de se présenter comme une voiture, mais elle te mènera en bateau jusqu'à la fin...

C'est ainsi que Simone continua son voyage. Arrivée à la mer, elle appuya sur le bouton rouge, et comme par magie, la Lotus voguait parfaitement. Après son interminable périple dans les airs, Simone pouvait enfin se détendre. Elle restait muette devant tant de beauté sur ce fleuve encore mystérieux. C'était ambiance Lotus et bouche cousue...

A cette époque après-guerre, dans les mers de Chine, on pouvait croiser beaucoup de stars en vacances. Simone fixait un couple sur un bateau. Elle enlevait ses lunettes pour être certaine...




C'est Monsieur et Madame Kennedy ! Elle avait connu JFK, quand elle l'avait surpris avec Marilyn, dans cette chambre. Elle n'avait jamais vu sa femme.


- John !!! Houhou !!! Johnny !!! C'est moi, Simone !!!



- Qui est cette fille John ?

- Je te jure que je ne sais pas chérie!

- Elle aussi elle t'a chanté Happy Birthday Mister President ? Mais tu as combien de groupies célèbres John ?

- Mais arrête Jackie ! Je te dis que je ne connais pas cette femme, je l'ai peut-être croisée une fois ou deux mais nous n'avons jamais rien partagé !

Simone :

- Bonjour John ! C'est moi Simone, vous vous souvenez ?

- Bonjour ! Non, je ne me souviens pas pardonnez-moi !

- Je cherche Steve McQueen, l'auriez-vous croisé aujourd'hui ?

- Ah oui, mais ça fait bien deux heures, il remontait en amont, il s'est engagé comme mécanicien sur la canonnière !

- Parfait, merci John ! Et bonne chance pour Dallas !

- Merci Simone ! Oui, mes conseillers ont opté pour une parade en décapotable alors je soigne mon teint !

Un peu plus loin, un autre visage connu, oui, c'était lui...



- Excusez-moi mais vous êtes cet acteur en vogue n'est-ce pas ?

- Je ne suis jamais aussi en vogue que derrière la barre de mon bateau... Vous êtes ?

- Simone, et vous ?

- Vous plaisantez ?

- Pas plus que vous non...

- Pourtant, Alain Delon est une star en Asie !

- Bah vous voyez, tout arrive, vous êtes une star en Asie, moi sur le reste de la planète, et aucun de nous n'a reconnu l'autre... Je cherche Steve McQueen, un ami, vous l'avez vu ?

- Ah mais oui, je vous reconnais ! Vous êtes la Simone des Oscars !

- Entre autres évènements marquants cette année, oui...

- Steve vient de passer, le bateau doit s'arrêter pour ravitailler, vous pourrez le rattraper, et y monter à ce moment-là.

- Merci Alain.

- Je vous en prie... Vous pouvez vous décaler un peu parce que je suis en plein soleil là et j'ai du mal à vous regarder sans cligner des yeux...

- Rien à voir avec le soleil mon ami, aucun homme n'a jamais pu me regarder fixement très longtemps sans cligner. Il est des charismes éclatants que voulez-vous...

- Dites donc, un peu d'humilité ne vous ferait pas de mal vous !

- Comme quoi, la prétention, dès qu'elle est en plein soleil, peut vite déteindre... Mes hommages cher ami !

Simone reprenait son voyage au long cours, et deux heures plus tard, enfin, elle arrivait au bout du bout de son interminable périple. Elle était là, face à la canonnière ! En grimpant sur le bateau, elle croisait le Capitaine qu'elle apostropha immédiatement :

- Capitaine !



- Oui mon petit ?

- Je cherche Monsieur McQueen !

- Il est sur le pont, mais parlez-moins fort, les mousses font la sieste... Et vous savez ce que c'est, quand on réveille le mousse, le mousse tique, et quand le mousse tique, le mousse pique !

- Il pique quoi ?

- Une grosse colère !

- Je serai très prudente, et très silencieuse.

- Dois-je le prévenir ?

- Non, non, s'il vous plaît, laissez-moi lui faire la surprise... Je viens de très très loin.

- Il vous attend ?

- Pas vraiment non.

- Et bien ça va lui faire du bien de voir une femme qui le connaît, ça va le remettre dans le bain !

- Vous ne croyez pas si bien dire...

2 commentaires:

  1. Simone est une grande aventurière !!!

    Va-t-elle finir par entrer dans une B.D., comme le héro de Tron au sein d'un programme ?...


    Love Simone forever !! <3

    -Splim-

    RépondreSupprimer
  2. super ce texte! Plein d'humour, comme j'aime.

    RépondreSupprimer