Toutes les femmes du monde en une seule. Simone est une femme française à l'élégance rare, sensuelle et lumineuse, parfois insupportable, très souvent délicieuse. Entrez dans le monde de Simone et Raoul, vous n'en reviendrez pas, c'est le vôtre. Le principe ? Une photo m'inspire et j'invente des textes, des dialogues, librement inspirés de ces photos, trouvées au hasard sur la toile. Bon voyage...
vendredi 1 octobre 2010
Maux croisés
- Simone...
- Oui Raoul...
- Je te demande pardon pour ce matin. J'ai été odieux.
- Que se passe-t-il mon chéri ? C'est parce que tu me vois désirable dans cette robe que tu te rends soudainement compte que la lettre qui s'ennuie peut être aussi enivrante que son enveloppe artificielle ? Enveloppe qu'elle aura préparée pour le dîner mondain si important aux yeux de son mari ? Tu remarqueras que mes seins sont absolument invisibles, ta chasse est bien gardée...
- Non mais...
- Non mais quoi Raoul ?? Il te faut absolument une enveloppe irréprochable pour que tu aies envie de lire ton courrier ? Tu crois qu'on trouve l'or dans la boue ou qu'il naît dans un écrin ??
- Je sais. Pardon. Crois-moi, je t'aime, je ne veux pas te perdre.
- Pourquoi me perdrais-tu ?
- Quand tu croises tes jambes comme ça, je sens que tu es prête à séduire, ton corps traduit tes silences, et j'ai peur que tu ne les décroises plus pour moi...
- Raoul, je ne les décroiserai pour personne d'autre. Mais parle-moi encore une fois comme ce matin, et je deviens championne olympique du 110 mètres haies !
La fleur et le confort
- Je m'ennuie Paulette... Que dois-je faire ?
- Que me demandes-tu Simone... ?
- J'aime Raoul. Profondément. Mais le quotidien nous use, il ne s'occupe plus de moi, et quand il le fait, je n'arrive pas à m'enflammer comme au temps béni des feux vigoureux qui nous embrasaient... Et puis il y a cet homme, qui m'écrit des lettres qui me font me sentir belle, neuve, vivante. Sous ses mots, je suis actrice de ma propre renaissance. Il m'aime, j'en suis maintenant convaincue, et dire que je l'aime serait un spectaculaire euphémisme...
- L'éternelle question... Mais je ne peux pas te conseiller quoi que ce soit Simone. Le quitter ? Quitte-le, et tu le regretteras quand il sera déjà trop tard. Prendre un amant ? Tout finit toujours par se savoir, et la trahison est bien plus douloureuse qu'une flamme qui ne brûle plus...
- Que faut-il faire Paulette quand l'amour veut se dédoubler. Quand il propose une route confortable et un chemin fleuri, et qu'on risque l'ennui ou la sortie de route ?
- Choisis le confort. J'aimerais te dire de prendre cet amant qui te rend belle, ce serait la solution facile, de garder son équilibre savamment construit, tout en goûtant au plaisir du funambule sur son fil fantasmagorique. Tu serais comblée, aimée deux fois, comme une épouse et comme une femme, ton quotidien te paraîtrait moins lourd, grâce à la légèreté que t'offrirait ton altitude. Mais une chute, une seule, t'abîmerait vraiment, et tu entraînerais avec toi la confiance de ton mari, son amour, et toute la richesse de votre histoire. Choisis le confort. Et continue de rêver à ton chemin fleuri...
- Merci Paulette. Je l'aime mon Raoul... Mais pourquoi est-ce si difficile de renoncer à certaines évidences, d'ignorer quand un bonheur certain vient vous proposer de souffler sur vos braises ?
- C'est peut-être comme dans les pensées de Pascal. Puisqu'on a tout à gagner à faire le pari de la foi, peut-être avons-nous tout à gagner à faire le pari de l'amour fidèle...
- Tu devrais écrire "Les pensées de Paulette" ma soeur chérie...
(Raoul claque la porte d'entrée)
- Simone ?
- Je suis au téléphone !
- Putain Simone, j'attends un coup de fil de Michel pour le match de ce soir, et c'est quoi cette vaisselle dans l'évier ? T'as que ça à faire chérie, quand même... Pour le dîner de demain, essaie de te mettre un peu en valeur parce qu'hier, t'étais pas vraiment à ton avantage chouchou... Et n'offre pas tes seins à tout le monde, vas-y mollo sur le décolleté ! C'est qui au téléphone ?
- Paulette !
- Embrasse-la de ma part, et demande-lui des conseils pour t'empêcher de traîner à la maison comme ça... J'ai horreur de te voir t'éteindre comme une ado dépressive...
(Paulette)
- Simone... Prends un amant.
- Que me demandes-tu Simone... ?
- J'aime Raoul. Profondément. Mais le quotidien nous use, il ne s'occupe plus de moi, et quand il le fait, je n'arrive pas à m'enflammer comme au temps béni des feux vigoureux qui nous embrasaient... Et puis il y a cet homme, qui m'écrit des lettres qui me font me sentir belle, neuve, vivante. Sous ses mots, je suis actrice de ma propre renaissance. Il m'aime, j'en suis maintenant convaincue, et dire que je l'aime serait un spectaculaire euphémisme...
- L'éternelle question... Mais je ne peux pas te conseiller quoi que ce soit Simone. Le quitter ? Quitte-le, et tu le regretteras quand il sera déjà trop tard. Prendre un amant ? Tout finit toujours par se savoir, et la trahison est bien plus douloureuse qu'une flamme qui ne brûle plus...
- Que faut-il faire Paulette quand l'amour veut se dédoubler. Quand il propose une route confortable et un chemin fleuri, et qu'on risque l'ennui ou la sortie de route ?
- Choisis le confort. J'aimerais te dire de prendre cet amant qui te rend belle, ce serait la solution facile, de garder son équilibre savamment construit, tout en goûtant au plaisir du funambule sur son fil fantasmagorique. Tu serais comblée, aimée deux fois, comme une épouse et comme une femme, ton quotidien te paraîtrait moins lourd, grâce à la légèreté que t'offrirait ton altitude. Mais une chute, une seule, t'abîmerait vraiment, et tu entraînerais avec toi la confiance de ton mari, son amour, et toute la richesse de votre histoire. Choisis le confort. Et continue de rêver à ton chemin fleuri...
- Merci Paulette. Je l'aime mon Raoul... Mais pourquoi est-ce si difficile de renoncer à certaines évidences, d'ignorer quand un bonheur certain vient vous proposer de souffler sur vos braises ?
- C'est peut-être comme dans les pensées de Pascal. Puisqu'on a tout à gagner à faire le pari de la foi, peut-être avons-nous tout à gagner à faire le pari de l'amour fidèle...
- Tu devrais écrire "Les pensées de Paulette" ma soeur chérie...
(Raoul claque la porte d'entrée)
- Simone ?
- Je suis au téléphone !
- Putain Simone, j'attends un coup de fil de Michel pour le match de ce soir, et c'est quoi cette vaisselle dans l'évier ? T'as que ça à faire chérie, quand même... Pour le dîner de demain, essaie de te mettre un peu en valeur parce qu'hier, t'étais pas vraiment à ton avantage chouchou... Et n'offre pas tes seins à tout le monde, vas-y mollo sur le décolleté ! C'est qui au téléphone ?
- Paulette !
- Embrasse-la de ma part, et demande-lui des conseils pour t'empêcher de traîner à la maison comme ça... J'ai horreur de te voir t'éteindre comme une ado dépressive...
(Paulette)
- Simone... Prends un amant.
Autant en emporte Scarlett
- Bonjour Madame, je viens voir Raoul, il est là ?
- Vous êtes ?
- Scarlett, une amie.
- Une amie ? Quel genre d'amie ?
- Dites-lui que je suis le petit chaperon rouge, il comprendra...
- C'est ça ! Et moi je suis la grand-mère !!! Tu me prends pour une truffe ?? Alors tu vas me remballer tout ça M'am Scarlett et tu vas revenir en jogging, et encore, je suis même pas sûre que tu vas revenir...
- Vous vous méprenez, je tourne un film, une reprise du petit chaperon rouge, et Raoul est un des figurants, et il me soutient beaucoup sur le tournage... Je voulais le remercier.
- Bah voyons, il vous soutient... Et je vois que vous avez en effet besoin d'être soutenue ! Ceci dit, depuis un bout de temps, Raoul, c'est dans ma vie qu'il fait de la figuration, il doit commencer à avoir de l'expérience...
- Comme vous avez de grands yeux...
- C'est pour mieux vous voir venir mon enfant...
- Vous êtes ?
- Scarlett, une amie.
- Une amie ? Quel genre d'amie ?
- Dites-lui que je suis le petit chaperon rouge, il comprendra...
- C'est ça ! Et moi je suis la grand-mère !!! Tu me prends pour une truffe ?? Alors tu vas me remballer tout ça M'am Scarlett et tu vas revenir en jogging, et encore, je suis même pas sûre que tu vas revenir...
- Vous vous méprenez, je tourne un film, une reprise du petit chaperon rouge, et Raoul est un des figurants, et il me soutient beaucoup sur le tournage... Je voulais le remercier.
- Bah voyons, il vous soutient... Et je vois que vous avez en effet besoin d'être soutenue ! Ceci dit, depuis un bout de temps, Raoul, c'est dans ma vie qu'il fait de la figuration, il doit commencer à avoir de l'expérience...
- Comme vous avez de grands yeux...
- C'est pour mieux vous voir venir mon enfant...
Pas de fumée sans feu
- Simone, arrête avec ces cigarettes, tu vas finir par partir en fumée...
- De toutes façons, tout part en fumée Raoul, l'amour, la beauté, la jeunesse... Alors autant prendre du plaisir dans la combustion...
- C'est malin ça... Non, tout ne part pas en fumée, mon amour restera le même dans vingt ans, comme il était déjà il y a vingt ans. Ta jeunesse brillera toujours dans tes yeux, et continuera de nourrir la douceur de tes gestes. Et ta beauté ma chérie, pour qu'elle parte en fumée, il faudrait que le feu en personne arrive à te séduire, et encore, il serait capable de se faire inoffensif pour te plaire... Pose cette cigarette chérie, laisse la vie nous consumer doucement...
- Raoul, écoute la musique du temps qui passe, profite des volutes symphoniques qui embrument mon âme...
- Que tu sois ombre ou brouillard, Simone, tu restes incroyablement solaire, tu continues de m'éclairer, au point d'avoir oublié la nuit...
- Mon chéri... Et tu dors quand ?
- Quand le sommeil se fait jour, et quand ta peau se fait amour...
Ta bouche Simone !
- Ouvrez la bouche Simone...
- Bah je ne peux pas Docteur...
- Non mais la vôtre
- ah pardon... comment dois-je l'ouvrir ?
- comme vous voulez, dites quelque chose...
- Paris Bordeaux Le Mans, Paris Bordeaux Le Mans
- Parfait. On ne voit rien. Vous pouvez donc aller chez votre belle-mère, et réagir comme bon vous semble à table, en tenant bien ceci devant votre bouche. L'inconscient collectif n'enregistrera qu'une seule chose, l'immobilité de vos lèvres.
- Vous êtes sûr de votre coup là ?
- Parfaitement sûr. Ca fera 300 francs s'il vous plaît Madame...
- Dis donc Docteur l'embrouille ! Tu m'as pris pour une naïve ? Parce que tu croyais que j'allais payer ton stratagème à deux sesterces ??? Parce que tu crois que la musique de tout ce que j'ai à dire à ma belle-mère va sortir par les grilles du transistor ?? Qu'un petit bout de carton va tuer dans l'oeuf toute suspicion quant à la possibilité que les mots prononcés puissent l'avoir été par celle qui le tient ? Alors tes 300 francs, tu les oublies, l'immobilité de mes lèvres, je m'assois dessus, et je peux te dire que la belle-doche elle va les voir bouger mes lèvres si elle lance les sujets qui fâchent !!!
- Bah je ne peux pas Docteur...
- Non mais la vôtre
- ah pardon... comment dois-je l'ouvrir ?
- comme vous voulez, dites quelque chose...
- Paris Bordeaux Le Mans, Paris Bordeaux Le Mans
- Parfait. On ne voit rien. Vous pouvez donc aller chez votre belle-mère, et réagir comme bon vous semble à table, en tenant bien ceci devant votre bouche. L'inconscient collectif n'enregistrera qu'une seule chose, l'immobilité de vos lèvres.
- Vous êtes sûr de votre coup là ?
- Parfaitement sûr. Ca fera 300 francs s'il vous plaît Madame...
- Dis donc Docteur l'embrouille ! Tu m'as pris pour une naïve ? Parce que tu croyais que j'allais payer ton stratagème à deux sesterces ??? Parce que tu crois que la musique de tout ce que j'ai à dire à ma belle-mère va sortir par les grilles du transistor ?? Qu'un petit bout de carton va tuer dans l'oeuf toute suspicion quant à la possibilité que les mots prononcés puissent l'avoir été par celle qui le tient ? Alors tes 300 francs, tu les oublies, l'immobilité de mes lèvres, je m'assois dessus, et je peux te dire que la belle-doche elle va les voir bouger mes lèvres si elle lance les sujets qui fâchent !!!
Acrostiche
Sensuelle
Intelligente
Mutine
Orgueilleuse
Nue
Elégante
Jolie
Emouvante
Valeureuse
Opaline
Unique
Sulfureuse
Amoureuse
Inégalable
Magique
Eternelle...
- Raoul, arrêtez c'est trop...
- Madame, c'était juste assez pour le plus sincère des acrostiches..
- Qu'est-ce qu'un acrostiche ?
- Prenez les premières lettres de chaque vers ou phrase, et lisez la phrase qu'elles forment, de haut en bas... Je vous abandonne le temps de votre concentration, la timidité me gagne...
Intelligente
Mutine
Orgueilleuse
Nue
Elégante
Jolie
Emouvante
Valeureuse
Opaline
Unique
Sulfureuse
Amoureuse
Inégalable
Magique
Eternelle...
- Raoul, arrêtez c'est trop...
- Madame, c'était juste assez pour le plus sincère des acrostiches..
- Qu'est-ce qu'un acrostiche ?
- Prenez les premières lettres de chaque vers ou phrase, et lisez la phrase qu'elles forment, de haut en bas... Je vous abandonne le temps de votre concentration, la timidité me gagne...
Simone bulle
- Tu vois chérie, dans cette bulle vit ton souffle de tout à l'heure, c'est déjà le passé qui vole dans notre présent...
- Et ?
- Et si je fais éclater cette bulle, je fais revivre le passé. Plus tu feras de bulles, plus je pourrai suspendre le temps. Souffle, souffle encore, et encore. Et tant que je libèrerai le parfum de tes baisers, le temps ne saura nous rattraper.
Le jour où Simone a vu JFK
(Simone, en chuchotant)
- Viens voir Raoul !! Ne fais pas un bruit...
- Qui c'est ?
- Qui c'est ?? Tu ne vois pas que c'est Marilyn ?
- Oui mais l'homme là, c'est... non...
- JFK ! Oui ! La rumeur est donc fondée !
- Incroyable... Quel couple... Je me disais aussi que son "happy birthday Mister President" était très... chaud.
- Il faut croire que certains l'aiment chaud mon chéri...
- Nobody's perfect !
Bob emmène Martin chez Simone
- Chez Simone s'il vous plaît...
- Je vous connais non ?
- Possible
- Vous ne vous appelleriez pas Martine par hasard ?
- J'ai une tête à m'appeler Martine ?
- Non, justement, c'est pour ça que ça m'étonnait...
- Et vous c'est comment ?
- Robert
- Ok. Bien joué, je le mérite...
- Non, vraiment, je m'appelle Robert ! C'est fou que l'adresse de Simone soit si courue ce soir...
- C'est l'anniversaire de l'homme de sa vie
- Comment s'appelle-t-il ?
- Raoul
- Vous vous foutez de moi ? La sublime Simone a épousé un Raoul ?
- Il faut se méfier des apparences Robert, il se pourrait que La Martine vous donne vos lettres de noblesse...
mercredi 22 septembre 2010
Les promesses de l'aube
- Qu'est-ce que tu regardes ?
- La vérité. La vérité d'un instant volé.
- Mais si tu voles cet instant qu'on ne te donne pas, tu es plus près du mensonge, de l'interdit, non ?
- Non. Il faut vivre dangereusement. Et savoir prendre les instants de grâce que la pudeur garde égoïstement. Qu'elle est belle...
- Qui ?
- Simone. Elle défie tellement tous les canons de beauté qu'elle gagnerait une guerre à elle toute seule...
- On croirait un homme amoureux...
- Comment ne pas faire autrement Charles... Toi, tu es dans l'ombre, et c'est cette ignorance qui te fait me poser la question. Moi, je choisis de voir le soleil, de chercher la lumière. Simone irradie, et de la lumière naît l'amour, toujours. Cet instant n'est pas volé, il est béni...
- Mais comment peux-tu te satisfaire de ce moment qui te dévoile l'intimité d'une femme que tu n'auras jamais ? Tu nourris ta propre frustration et ton malheur futur !
- Au contraire, je me fabrique du bonheur, de l'éternité. J'aurais pu mourir sans voir ça, et depuis ce soir je connais le parfum du rêve.
- Allez, Raoul, viens, on rentre. Tu ne l'auras jamais cette fille, tu le sais...
- On ne sait jamais rien Charles. Il faut toujours croire en ses rêves, et surtout, croire que le possible est accessible à tous...
- Tu es exactement le contraire des hommes qui la séduisent.
- C'est pour ça qu'elle m'aimera..
Montée des marches
- Simone !!! Qu'est-ce que c'est que cet escalier ???
- Classieux non ? Je l'ai fait faire aujourd'hui... Je voulais une entrée directe pour ma salle de bains...
- Mais t'es pas bien ?? Prendre l'escalier normal c'était au-dessus de tes forces ?
- Oui ! Parce qu'il me rappelait tous les jours que j'étais normale ! Et ce n'est pas toi qui le contredit en ce moment ! Au moins, avec cet escalier, chaque montée des marches est un festival, et à chaque fois que je descends, je me sens Rita, Ava, Greta...
- Simone, ces marches te conduisent vers ta mégalomanie...
- Pffff... N'importe quoi Raoul. Alors parce qu'une femme aime se sentir belle et inaccessible, elle est mégalo ? Et toi, avec ton peignoir "Raging Bull", ton coupe-papier "FBI" et ton photo-montage avec Jackie Kennedy qui trône sur ta table de chevet, t'es pas mégalo peut-être ? Tiens, quand tu auras deux minutes, j'aimerais que tu me mettes des spots tout au long de l'escalier, sur les barreaux. Un spot tous les quatre barreaux, ça me paraît pas mal...
- Pourquoi faire ? On voit très bien comme ça !
- Les feux de la rampe Raoul. Les feux de la rampe...
Les atouts de Simone
- Raoul, fais-moi un enfant...
- Mais tu as à peine 21 ans ma chérie...
- Et alors, est-ce une excuse ? Je suis majeure ! Tu n'es pas sûr que je sois la femme de ta vie ?
- Aucune ne peut t'arriver à la cheville...
- Alors prends-la...
- Quoi ?
- Ma cheville... Et fais-moi l'amour... Soit doux, aimant, profond, et il y aura le petit au bout...
- Mais tu as à peine 21 ans ma chérie...
- Et alors, est-ce une excuse ? Je suis majeure ! Tu n'es pas sûr que je sois la femme de ta vie ?
- Aucune ne peut t'arriver à la cheville...
- Alors prends-la...
- Quoi ?
- Ma cheville... Et fais-moi l'amour... Soit doux, aimant, profond, et il y aura le petit au bout...
Doux débat
- Quand tu portes ça chérie, ça fait débat...
- Je sais Raoul, mais admets que ça fait plus joli des bas en haut
- C'est vrai. Mais ils invitent à t'aimer de haut en bas. D'où le débat.
- J'aime quand le débat est doux... D'où mes bas...
- Débattons mon amour...
- Pas tout de suite, je fais une course, et reviens, prête à m'ébattre...
- A t'ébattre ? Après avoir fendu la foule comme ça ? A débattre !
- Si tu me cherches, je suis en bas...
jeudi 16 septembre 2010
L'insoutenable légèreté de l'être
- Mon amour... Quand je te regarde, je me dis que la sensualité est vivante...
- Ooooh merci chéri... Mais le vent aussi est bien vivant et je dois faire attention parce qu'il ne faudrait pas grand chose pour que mon intimité soit dévoilée !
- Elle est tellement suggérée de la plus élégante des façons que sa naissance aux yeux du monde ne saurait être plus délicieuse. La grâce de tes mains, le dessin des courbes qu'elles préservent, tu es tellement belle que je n'ose croire en ton existence...
- Raoul... Allez, dépêche-toi, parce que ça souffle là, et à force, ma robe va vraiment se soulever, et je te signale que je n'ai rien en-dessous...
- Quoi ?
- Pas eu le temps, tu voulais qu'on soit chez tes parents à midi, et les dessous qui vont avec cette robe n'étaient pas encore secs. Alors active un peu le pas, parce que je te jure que sinon, si ça se soulève, tu croiras autant en mon existence qu'en celle de tous les habitués de la place du village !
- Simone, si le vent soulève ta robe, il me faudra sept ans de réflexion pour comprendre comment j'ai pu épouser autant de chance en une seule vie...
- Raoul !!!
- Oui, on y va, on y va... Dis donc, je pourrai faire exprès de faire tomber ma serviette pendant le repas ?
- Si tu veux chéri, mais essaie d'être plus rapide que ta mère pour la ramasser...
Raoul statue sur son sort
- Dis donc Raoul, merci pour cette somptueuse idée de jouer à chat statue sur cette vue splendide, mais si elles continuent, je ne vais pas pouvoir rester de marbre longtemps...
- Ca tombe bien t'es en plâtre, Charles...
- Je FAIS le plâtre !
- Tu sais que tu fais hyper bien le plâtre Charles ?
La guerre des boutons
- Parfois le bonheur tient à un bouton...
- Celui que tu as sur le front mon amour ? Je confirme...
- Tu as le chic pour anéantir le romantisme bucolique toi hein !
- Pardon Raoul, mais ton point blanc entre les deux yeux, c'est limite niveau romantisme bucolique... Tu veux que je m'en occupe ?
- Mais comment vous faites pour adorer faire des trucs pareils ???
- J'adooore ça... allez viens, je vais lui faire sa fête...
- Mais merde Simone, c'est à ton bouton que je voulais faire sa fête moi !! Et toute la couleur de la journée en eût été changée !!
- Tu t'en occuperas après de mon bouton... Et t'as pas intérêt à te rater d'ailleurs, parce que mon corps tout entier à enregistré le message... Allez viens là mon gros nounours... Tu me dis si je te fais mal...
- Aaaaaaaaaaaaaaïïïïe !!!
- Mais quel douillet... Mais quel douillet !!!
- Hey, je n'ai rien demandé à personne moi hein !! J'étais parfaitement synchro avec cette ambiance érotique et printanière, et toi, tu décides de jouer à la dermato champêtre !
- Oui, parce que faire l'amour dans l'herbe avec un cyclope, merci ! Je ne suis pas venue ici pour tourner la suite de Microcosmos !!!
Simone s'enfonce
- Chérie, je peux savoir pourquoi tu te baignes avec tes talons ?
- Sinon je suis trop petite !
- Mais Simone, ça change quoi ? Tu n'as pas pied !
- Peut-être, mais avec mes talons, je suis quand même plus grande...
- Mouais... C'est surtout pour faire ta belle quand tu sors de l'eau !
- Ecoute Raoul, c'est une certaine idée de l'élégance, tu ne peux pas comprendre...
- Je comprends surtout que si tu persistes, tu vas manger froid...
- Et pourquoi donc ?
- Parce que tes premiers pas sur la plage risquent d'être assez figés ! Tu n'as pas pensé que tu allais t'enfoncer comme une bougie d'anniversaire dans un gâteau avec tes talons ?
- De toutes façons, même si j'étais pieds nus, tu serais toujours là pour m'enfoncer, alors autant s'enfoncer avec classe...
- Arrête un peu ton cinéma Simone, enlève tes chaussures et viens manger !
- Non ! Je resterai digne ! Et si je reste plantée, tu n'auras qu'à appeler les secours ! Et puis tu as de la chance, je suis en blanc, ce sera plus facile pour toi !
- Pardon ?
(Simone mime la scène)
- "Allô, oui, bonjour, je vous appelle parce que ma femme est enfoncée sur la plage ?
- Oui, et comment elle est votre femme ?
- En foncé.
- Oui j'entends bien, mais de quelle couleur est sa tenue ?
- Elle est en foncé je vous dis !
- Mais j'ai bien compris qu'elle était enfoncée !!! Mais des femmes debout sur la plage, y'en a 350, alors j'ai besoin de savoir de quelle couleur est son maillot de bain ???
- Vous ne pourrez pas la rater, elle a des talons...
- Quelle couleur les talons ?
- Difficile à dire... Ils sont enfoncés...
- Dites donc, vous seriez pas en train de vous foutre de moi vous ?
Une femme
Après avoir tiré son épingle du jeu, Simone remontait sa longue chevelure brune, laissant son cou délicieux diffuser son exceptionnel parfum. Je ne savais qui jalouser plus que l'autre, de l'épingle ou de la dentelle. Ils épousaient une partie, parmi les mille et une miraculeuses de mon île, et c'était déjà insupportable d'y renoncer, même pour quelques instants que le quotidien réclame. J'étais un aventurier des mers, j'avais découvert l'Amérique. Avais-je aimé avant de l'avoir découverte ? Il fallait bien des océans pour mériter d'échouer sur un tel succès. Et quand, après avoir savamment placé son épingle, elle décroisait ses jambes idéales et se levait pour donner vie au plus bel élan féminin qui soit, j'étais vaincu par la grâce. Je n'avais jamais triché, l'Amour venait m'en féliciter, et me promettre l'éternité de son paradis, si ardemment désiré.
Croire, toujours. Et aimer, finalement.
Raoul
Simone est une lumière
- Simone, j'ai peur de vieillir sans avoir le temps. Je veux dire de ne pas assez vieillir pour profiter de tout ce que j'ai encore à apprendre.
- Chéri... Tu as encore tout le temps d'apprendre mille et une choses...
- C'est quand même mal foutu la vie, c'est lorsque l'on devient enfin sage, mûr, instruit, délesté de tout artifice et de cette jeunesse qui apprend les fautes que l'on doit laisser la place...
- Oui, Raoul, lorsque la lumière décline, les Hommes deviennent grands...
Par monts et par vaux
- C'est vraiment la montagne qui donne tout son sens à la beauté de la vallée, à sa richesse. Le relief magnifie les creux.
- Qu'est-ce que tu regardes Raoul ?
- La montagne Simone...
- Bon, allez, on s'en va !
- Pourtant, que la montagne belle...
mercredi 8 septembre 2010
Un papillon sur l'épaule
- Attends-moi Simone, tu vas arriver au bout du chemin avant moi !
- Et si c'était le cas Raoul ?
- Pardon ?
- Oui. Si j'étais arrivée au bout du chemin avant toi ?
- Que veux-tu dire ?
- Je veux dire que j'ai besoin de fleurs sur mon chemin, j'ai besoin de me sentir belle, neuve, fraîche, sur mon chemin comme sur le tien, et surtout, surtout, j'ai besoin de sentir que je prends ce chemin pour la première fois, tous les jours, avec toi...
- Simone, que puis-je faire pour te donner cette impression ?
- Me poser la question Raoul, c'est confirmer que tu n'as jamais pensé à la réponse. Or elles sont en toi. Enfin je l'espère, sinon ce chemin va probablement se scinder en deux autres, et c'est en ce point que nous nous quitterons.
- Si tu veux prendre un autre chemin, prends-le Simone. Mais ne me mets pas sur le dos tes envies de voyage, ni le poids de ta lassitude. Et si tu te perds, rebrousse chemin, suis les cailloux que tu auras laissés derrière toi, si mon amour est plus fort que le tien, alors je serai là, à t'attendre.
- Pourquoi ne serait-il pas plus fort ?
- Parce que ton choix d'aller voir ailleurs si j'y suis pourrait me pousser à prendre le même chemin que toi
- Pour quoi faire ?
- Et bien pour que j'y sois quand tu y seras ! Si tu vas voir ailleurs si j'y suis, et que je n'y suis pas, tu iras voir ailleurs ! Et si je suis déjà ailleurs, je ne serai forcément pas dans ton ailleurs à toi !
- Raoul, tu es tellement complexe...
- C'est l'amour qui est complexe chérie, c'est l'amour...
- Je suis une amoureuse Raoul, je suis fidèle, et pourtant, je ne saurais ignorer qu'un papillon se pose sur mon épaule sans embrasser ses couleurs. Et si j'embrassais ses couleurs, je n'aurais pas l'impression de tromper l'amour que je te porte, fort, entier, solide. L'amour est forcément pluriel, même si mon amour pour toi est si singulier qu'il tutoie l'idéal.
- Alors pars maintenant Simone, goûte aux papillons, et quand tu auras compris l'éphémère destin de ces ailes libertines, tu comprendras l'éternité de mon sentiment sous le vernis du quotidien.
- Raoul...
- Chuuut. Je ne peux te forcer à aimer ce vernis, ni te convaincre de l'artifice de certaines couleurs nouvelles, mais ne te perds pas en chemin Simone, ne te perds pas...
- Pourquoi me perdrais-je ?
- Il suffirait qu'on te vole tes cailloux pour les mettre dans ton coeur.
- Mais toi et ton éternel sentiment, vous me retrouveriez n'est-ce pas ?
- Parfois le coeur est si lourd qu'il coule sous le niveau de l'amer, et s'abîme dans d'abyssales blessures. Les poignards des menteurs à l'endroit de ton coeur seront autant de pierres dans mon jardin, et tu seras alors aussi perdue que je serai fané.
- Raoul, accélère le pas
- Pourquoi ?
- C'est moi qui fane à l'instant, refais de moi ton miel, et chassons les papillons ensemble...
lundi 6 septembre 2010
Le numéro que vous avez demandé n'est plus attribué

- T'es sûre de ton idée Simone là...
- Mais oui rrrroooo.... Une soirée costumée demande toujours un peu d'originalité. J'ai pensé que l'idée de téléphones portables serait délicieusement futuriste. Non ?
- Mouais. Ca risque pas d'arriver vu l'encombrement... Mais l'idée de voir les gens par un seul petit trou central toute la soirée me paraît limite question délice...
- Tu as toujours eu une vision des choses assez centrée en même temps... Mais pourquoi tu as choisi un téléphone si imposant ? Et puis tu en as deux !
- Oui, celui du haut, c'est pour me dire des mots doux, et celui du bas, c'est au cas où quelqu'un voudrait me décrocher la mâchoire...
- Des mots doux ? Tu as intérêt à répondre à toute femme qui essaierait que c'est un faux numéro mon coco... sinon, je vais te la raccrocher au nez ta mâchoire moi...
- Simone... Tu sais bien que je sonne occupé pour n'importe qui d'autre...
- Bah voyons l'apollon ! Si c'est l'autre blonde de Bernadette qui vient mettre ses doigts pour composer ton numéro, ça m'étonnerait que tu lui dises qu'il n'y a pas d'abonné au numéro demandé ! Hein Raoul ? D'ailleurs, je te préviens, si jamais je la vois te toucher, ne serait-ce que l'écouteur, je lui laisse un message façon bretonne !
- Ah c'est ça ton déguisement, je me demandais ce que tu avais voulu faire avec ton fil qui passe sous le cou comme ça... Je croyais que tu voulais faire une patiente chez le dentiste, mais non, tu fais la douce bretonne...
- Douce ? Pas du tout. J'ai la rage dedans...
Chapeau bas Simone
- Bah alors Simone, il a plu sur ton chapeau ?
- Pffff... Vous ne connaissez rien à la mode mon cher ami...
- La mode ? Si c'est avoir un chapeau qui oblige à téléphoner pour savoir où on va et une chemise qui taille trois fois trop grand, je préfère avoir du style.
- Du style ? Ah parce qu'avec ton bermuda jaune et des soquettes blanches dans tes mocassins, sur la plage de surcroît, tu crois que tu as du style ?
- Un peu plus que toi oui ma chérie ! La mode c'est un truc de snob influençable, le style, c'est inné.
- Dis donc Raoul, tu as déjà vu des photographes de style ?
- Euh... non...
- Voilà. Et des photographes de mode ?
- Mais aucun rapport, personne n'a jamais fait de photos de style !
- C'est bien ce que je voulais t'entendre dire ! Et c'est pas grâce au tien que ça risque de changer !
- Simone, mais quelle mauvaise foi... Tu n'aimes pas mon bermuda ?
- Il est magnifique Raoul... Tu as raison, pour certains le style est inné, et pour d'autres, c'est le port du bermuda. C'est ton point commun avec Humphrey Bogart.
- Il portait des bermudas Humphrey ?
- Du tout. Mais certains ont un peu plus de classe dans le port de l'angoisse...
- Pffff... Vous ne connaissez rien à la mode mon cher ami...
- La mode ? Si c'est avoir un chapeau qui oblige à téléphoner pour savoir où on va et une chemise qui taille trois fois trop grand, je préfère avoir du style.
- Du style ? Ah parce qu'avec ton bermuda jaune et des soquettes blanches dans tes mocassins, sur la plage de surcroît, tu crois que tu as du style ?
- Un peu plus que toi oui ma chérie ! La mode c'est un truc de snob influençable, le style, c'est inné.
- Dis donc Raoul, tu as déjà vu des photographes de style ?
- Euh... non...
- Voilà. Et des photographes de mode ?
- Mais aucun rapport, personne n'a jamais fait de photos de style !
- C'est bien ce que je voulais t'entendre dire ! Et c'est pas grâce au tien que ça risque de changer !
- Simone, mais quelle mauvaise foi... Tu n'aimes pas mon bermuda ?
- Il est magnifique Raoul... Tu as raison, pour certains le style est inné, et pour d'autres, c'est le port du bermuda. C'est ton point commun avec Humphrey Bogart.
- Il portait des bermudas Humphrey ?
- Du tout. Mais certains ont un peu plus de classe dans le port de l'angoisse...
Prise en main
- Paulette, quand tu regardes ta soeur et Raoul, je te sens mélancolique...
- Oui Charles, ils sont tellement beaux enveloppés de cet amour parfait... Ca me rappelle nous, à nos débuts...
- Es-tu sûre qu'ils s'aiment de cette perfection amoureuse idéale ?
- Regarde les mains de Simone. Les mains ne mentent jamais. L'une le retient, comme on retient un trésor, et l'autre caresse et invite à rendre éternel ce baiser que l'on devine magique, cosmique, par delà les nuages...
- Et pourquoi penses-tu que nos débuts sont des horizons si lointains ?
- Charles, la dernière fois que tu m'as pris la tête, c'était jeudi dernier, pour partir en vacances chez ta mère...
God is love
- Raoul...
- Oui chérie ?
- Qui est cet homme là-bas ?
- C'est le responsable des couleurs...
- De quelles couleurs ?
- De toutes les couleurs du monde
- Pardon ? Mais c'est impossible, tu te rends compte du temps qu'il lui faudrait ?
- Il a tout son temps...
- Mais il lui faudrait mille vies pour arriver à ses fins !
- Il les a. Et bien plus encore...
- Que veux-tu dire ? Mais il a commencé quand ?
- A la Création, probablement
- Mais tu veux dire que...
- Oui
- M'enfin Raoul... Il n'a pas du tout ce look-là...
- Pourquoi, tu L'as vu en photo toi quelque part ?
- Mais Raoul, tu m'as toujours dit "Dieu est amour"
- Et alors ? Ne crois-tu pas qu'il en faut une sacrée dose, d'amour, pour colorer la vie ?
- C'est fou... Je ne Le voyais pas comme ça...
- Personne ne le voit comme ça, c'est bien pour ça qu'Il a choisi cette apparence. Et puis la foi doit être morale, pas physique... C'est justement parce que tu attaches tant d'importance à l'image, comme beaucoup, que ta foi souffrirait de connaître Son visage. D'ailleurs, en souffre-t-elle ?
- Mais pas du tout ! Je crois plus que jamais ! Quelle palette ! Divine ! Par contre...
- Quoi ?
- Si Il est responsable des couleurs, il est donc responsable de la couleur de notre salle de bains ?
- Simone...
- Monsieur s'il Vous plaît !
- Simone !!!
- Oui chérie ?
- Qui est cet homme là-bas ?
- C'est le responsable des couleurs...
- De quelles couleurs ?
- De toutes les couleurs du monde
- Pardon ? Mais c'est impossible, tu te rends compte du temps qu'il lui faudrait ?
- Il a tout son temps...
- Mais il lui faudrait mille vies pour arriver à ses fins !
- Il les a. Et bien plus encore...
- Que veux-tu dire ? Mais il a commencé quand ?
- A la Création, probablement
- Mais tu veux dire que...
- Oui
- M'enfin Raoul... Il n'a pas du tout ce look-là...
- Pourquoi, tu L'as vu en photo toi quelque part ?
- Mais Raoul, tu m'as toujours dit "Dieu est amour"
- Et alors ? Ne crois-tu pas qu'il en faut une sacrée dose, d'amour, pour colorer la vie ?
- C'est fou... Je ne Le voyais pas comme ça...
- Personne ne le voit comme ça, c'est bien pour ça qu'Il a choisi cette apparence. Et puis la foi doit être morale, pas physique... C'est justement parce que tu attaches tant d'importance à l'image, comme beaucoup, que ta foi souffrirait de connaître Son visage. D'ailleurs, en souffre-t-elle ?
- Mais pas du tout ! Je crois plus que jamais ! Quelle palette ! Divine ! Par contre...
- Quoi ?
- Si Il est responsable des couleurs, il est donc responsable de la couleur de notre salle de bains ?
- Simone...
- Monsieur s'il Vous plaît !
- Simone !!!
Fondante Simone
- Le regard de Liz devint si intense que Jane fonda...
- "... que Jane fondit", Simone...
- Dis donc Raoul, quand on parlera voitures je te sonnerai, et question cinéma, pardon mais je suis imprenable. Et en l'occurrence, Jane Fonda !
- Bon, d'accord...
- "... que Jane fondit", Simone...
- Dis donc Raoul, quand on parlera voitures je te sonnerai, et question cinéma, pardon mais je suis imprenable. Et en l'occurrence, Jane Fonda !
- Bon, d'accord...
Le troisième homme
- Alors, vous avez réussi ? Vous êtes vraiment partis dans l'espace ?
- Oui M'sieur ! Simone, fais attention à la dernière marche, elle est vicieuse...
- Mais vous vous êtes posés quelque part ?
- Oui, à Reno, dans le Nevada.
- Vous êtes allés dans l'espace pour vous poser à Reno ?
- Non, pour aller dans le futur. En 2051 exactement.
- Ils l'ont fait...
- Nous sommes les premiers n'est-ce pas ?
- Non, je l'ai fait il y a vingt ans, mais personne ne m'a jamais cru quand j'ai parlé des petits hommes verts...
- Ah vous aussi ? Des reptiles en chemise hawaïenne ?
- Oui !!! Il y avait trois personnes dans la maison, Lucien, Claude et René. Je n'ai rencontré que les deux premiers.
- Et ben nous on a fait la rencontre du troisième type !
dimanche 29 août 2010
Madame est servie

- Est-elle à votre aise ainsi Monsieur Raoul ?
- Faites chauffer une nouvelle bouilloire Séraphin, c'est encore un peu frais pour Madame
- Bien Monsieur
- Quel jour sommes-nous Séraphin ?
- Mardi Monsieur.
- A raison de vingt bouilloires par heure, Simone devrait pouvoir se baigner vendredi
- Mais les courants Monsieur ne permettront pas de...
- Ne compliquez pas Séraphin s'il vous plaît !
- Si Monsieur me permet, il faudrait que Madame se baigne plutôt l'été, ce serait plus facile
- Je sais Séraphin, mais l'été, Simone préfère la montagne. Et s'il fait trop chaud, on emmène des camions de neige artificielle...
- Je reconnais bien là Madame.
- Moi aussi Séraphin, moi aussi...
René à Reno

(Raoul, avec Simone derrière lui)
- Heu... Bonjour ?
- Oui ?
- Excusez-nous mais... on est où là ?
- Vous êtes qui ?
- Pardon. Je suis Raoul, et voici ma femme Simone. A force de lui promettre la lune, j'ai craqué, j'ai démarré la soucoupe qui était dans notre jardin, et...
- La soucoupe qui était dans votre jardin ?
- Oui, je vous expliquerai... et j'ai mis le cap sur la lune. Je savais qu'il y avait un risque qu'on arrive dans le futur mais... on n'est pas dans le futur là, si ?
- Et tu te crois où là Raoul... au moyen-âge ?
- Bah non mais...
- Bon, allez, t'es revenu au temps des dinosaures, mais l'histoire a omis de raconter que certains avaient fait fortune dans l'immobilier et portaient des chemises hawaïennes.
- Vous vous foutez de moi ?
- Pas plus que toi avec ta soucoupe dans le jardin.
- Mais je vous jure que c'est vrai !! Monsieur... Monsieur ?
- René
- Monsieur René... Je vous jure que c'est exactement comme ça que ça s'est passé ! Une soucoupe est arrivé, j'ai lu des journaux de 2010, alors qu'on est en 1958 chez nous, et...
- 1958 ? Quelle couleur la soucoupe ?
- Pffff... pas vraiment de couleur... couleur vieille quoi...
- La déco à l'intérieur ?
- Des rideaux verts horribles un peu partout sur du lino orange collé sur les parois, et des cailloux peints sur le sol.
- Putain c'est pas vrai... Arleeeeeeeette !!!!
- Qu'est-ce que vous dites ?
- J'appelle Arlette, ma femme. Arleeeeeeette !!!!!!
- Ouiiii ?
- T'es pas du tout allée chercher une nouvelle bague pour ton cou mardi dernier quand t'as pris la soucoupe !!
- heu... c'est le GPS qui a...
- Le GPS ?? C'est le GPS qui a choisi de mettre le cap sur 1958 ??? Comme par hasard ? L'année des robes dont tu me parlais ??
- Je voulais voir la mode de l'époque... J'avais vu des images dans de vieux magazines...
- La mode de l'époque ? Bah regarde ! C'est pour ça que t'as pris le risque de ne jamais revenir, et celui de ramener du monde d'avant pour qu'on ne soit plus tranquille après ???
(Simone intervient alors énergiquement, en poussant Raoul pour se mettre sur le devant de la scène)
- Hey, c'est de moi que tu parles face d'iguane ? Je m'appelle Simone, et je ne suis pas à la mode, c'est la mode qui est à moi, tu comprends ça, dans ta grosse tête vide ?
- Plaît-il ?
- Alors tu t'excuses immédiatement sinon je t'étrangle, et vu la taille de ton cou, je dois pas être la première à avoir eu cette idée, puis je te finis avec mes talons, et je me fais de nouvelles chaussures avec la peau de ton crâne !!!
- Alors écoute-moi bien ma poulette...
- René, tu t'excuses immédiatement !!!!!! Et je suis pas ta poulette !!!!! (hurle-t-elle dans un visage si écarlate que les yeux de René en deviennent jaunes)
- T'entends ça Arlette ?
- Elle a raison la dame... Ca fait longtemps que j'aurais dû te dire les choses comme ça René. Dites donc madame Simone, s'il vous reste un peu de peau du crâne de mon mari, vous pourriez me faire une paire à moi aussi ?
- S'il s'excuse pas dans la seconde, je te fais des cuissardes...
- Ok, ok, pardon...
- Mieux que ça.
- Je m'excuse...
- Mieux que ça !!
- Je vous présente mes excuses Simone.
- Bon. Acceptées. Vous avez du rosé ?
- Entrez, je vous en prie.
- Merci Arlette...
- René, on est où, et quand ?
- Et bien vous êtes en 2051. A Reno, dans le Nevada. En fait, la vie n'est faite que de cycles, et après vos conneries de réchauffement climatique, on est revenu à l'époque de nos ancêtres. Des dinosaures quoi.
- Vous plaisantez ? Et cette chemise ? Et vous êtes doués de parole ?
- La différence avec nos ancêtres c'est que vous avez laissé énormément de traces, de culture, des disques durs, des livres, des films, des dvd, des puces électroniques. Alors on a vite appris. Et puis c'est l'homme qui s'est un peu reptilisé pour s'adapter au climat. Ce n'est pas le reptile ancestral qui est revenu.
- Oui, vu ta taille, on avait remarqué René.
- Ca ne m'a pas empêché de faire fortune dans l'immobilier Môssieur...
- Ah mais c'était vrai ça ?
- Evidemment que c'était vrai ! Je ne vous ai juste pas dit en quelle année nous étions.
- Mais quel immobilier ? C'est le désert ici.
- Ah non mais là, on est en vacances avec Arlette. On avait besoin de sécheresse, il a un peu plu chez nous, et on doit rester dans la grotte, c'est un peu tristoune...
- Vous habitez une grotte ?
- Oui, à Los Angeles, et j'en vends. Voilà pourquoi je peux me payer de si belles chemises.
- René...
- Oui Simone ?
- Ne donne plus jamais ton avis sur la mode.
vendredi 27 août 2010
Gladys l'entend bien de cette oreille

- Simone !
- Quoi ?
- Viens voir...
- Pourquoi tu chuchotes Raoul ?
- C'est qui la fille dans le salon là ?
- C'est Gladys, une amie du lycée. Elle a les plus grandes oreilles du monde !
- Ah c'est pour ça la coupe de cheveux...
- Bah oui, forcément, pas facile... Tout le monde la vannait sans cesse, mais elle est adorable. C'est moi qui lui ai conseillé cette coupe, pour pouvoir sortir sans subir le regard des autres.
- Et t'es sûre qu'on ne la regarde plus maintenant...
- Peut-être, mais dorénavant, c'est pour de bonnes raisons, artistiques, ça a du style non ?
- Simone, tu devrais arrêter d'aider tes amies...
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a encore ?
- Elle ne voit rien avec la coupe que tu lui proposes !
- Pas grave ça ! Elle entend super bien.
- Simone, ton imagination est abyssale...
- Non, non vraiment, elle a l'ouïe hyper développée, comme les aveugles. Elle n'a pas besoin de voir pour se déplacer. Du coup, j'en ai profité pour lui créer une coupe que personne d'autre ne porte.
- Chérie, le projet de nattes pectorales que tu avais pour moi, je t'avais dit oui hier...
- Oui ?
- On va attendre un peu...
My Taylor is rich, but she travels in Simca

- Mais dites-moi Jean-Pierre, qui est cette Simone ?
- C'est une femme française, tous les réalisateurs ne jurent plus que par elle...
- Mais enfin, je suis quand même Liz Taylor, et depuis deux jours que je suis là, pas un agent, pas un directeur de casting n'est venu dans ma loge. J'ai même changé mon nom sur le fronton pour rappeler que j'étais la femme de Richard, rien !
- Vous ne pourrez pas grand chose, j'en ai peur.
- Et pourquoi cela ?
- Parce qu'en plus d'être Simone, charismatique et irrésistible, elle est la femme de Raoul.
- Ah c'est cette Simone-là ?
- Oui...
- Jean-Pierre, allez prévenir Richard, préparez nos bagages je vous prie, et dites-lui que nous partons ce soir. Nous prendrons la Simca, je ne veux absolument pas que notre départ soit éventé.
- Soyez tranquille. Nous avons parfaitement géré la fuite de Paul Newman et Joanne Woodward pour les mêmes raisons la semaine dernière...
Envoûtante Simone

- Mais comment saurais-je vous inspirer cette envoûtante mélodie Raoul ?
- Simone, vous êtes une note à vous seule, vous êtes toutes les notes,vous êtes aigüe et grave, symphonique et mélodique, vous êtes la clé de sol de tous les coeurs mélomanes...
- Raoul... C'est trop...
- Non... Je ne vois aucun bémol sur votre partition... Il faudrait tous les orchestres du monde, ensemble, pour faire frissonner l'extatique perfection de la musique que vous laissez derrière vous. Comme une empreinte de votre existence.
- Vous me faites rougir...
lundi 23 août 2010
Simone aux six troncs
- Quelqu'un a vu Simone ?
- Elle lit John, sur la plage aux six troncs.
- Il a une plage John ?
- ??? ... Elle lit John Le Carré, sur la plage avec les troncs là-bas...
- Ah... aux six troncs ! Je croyais que tu parlais de la plage au citron, comme le fruit...
- Bah non, sinon j'aurais dit la plage DU citron. Tu vas au coiffeur toi ? Tu fais de l'essence ? Tu dis "le rêve que je t'ai parlé" ? Faut que j'y alle ?
- Oui, bon, bah ça va, y'avait moyen de se tromper non ? La ressemble sonore pouvait piéger quand même...
- Mouais. Accepté...
- Et tu sais comment elle retrouve sa plage Simone quand elle la perd ?
- Non... ?
- Ah bah tu sais pas tout alors !
- Raconte...
- Elle met un marque-plage !
- T'es bon toi...
- Comme ça elle est toujours à la plage.
- ... ou à la bonne plage...
- Voilà ! Tu l'as ! Et quand elle a le soleil dans le dos, tu sais ce qu'elle fait ?
- ... elle tourne la plage ?
- Bingo ! Il faut toujours savoir tourner la plage...
Retour vers le futur
- Raoul, je crois qu'on devrait descendre... S'ils revenaient ?
- A l'heure qu'il est, ils sont déjà loin.
- Mais on parle de qui là ?
- Les petits hommes verts, Simone.
- Mais qui nous dit qu'ils sont verts ? C'est dans les bouquins ça !
- Oui, les soucoupes volantes, c'était dans les bouquins aussi, et là, y'en a une dans le jardin. Il faut fouiller dans leurs affaires, on va peut-être trouver des choses étonnantes...
- Raoul, regarde, là, cette pile de journaux. Alors ils savent lire notre langue ?
- Le Figaro, daté de juillet 2010... Libération, Le Parisien, L'Equipe... 2010... Incroyable...
- Mais on est en 1958 Raoul, c'est impossible !!!
- Ils viennent du futur...
- Ce ne sont pas des extraterrestres alors ?
- Sauf si on livre nos journaux dans l'espace...
- Remarque, ça va être facile de les repérer en ville du coup.
- Pourquoi ?
- Bah tous ceux qui ont 52 ans de plus que nous, ce sont forcément eux !
- Ah d'accord, donc tous les retraités sont des extraterrestres ?
- Heu... Pas faux... Ceci dit, quand on voit comment ils s'habillent, on peut se poser des questions...
- Tu parles pour mes parents là ?
- Raoul, tu ne vas pas me dire que tes parents sont les ambassadeurs du bon goût...
- Ah parce que ta mère avec ses chapeaux qui captent l'ORTF, elle a la classe internationale ?
- Quoi ma mère ?? Au moins, elle capte quelque chose ELLE !
- Bah voyons ! Parce que mes parents, ils sont cons comme la lune !
- Je sais pas mais on n'a qu'à décoller tiens, on pourra vérifier !
- Dis donc Simone, t'as mal dormi ou quoi ? C'est quoi cette agression gratuite là ? T'as un problème avec mes parents ?
- C'est toi qui as fait l'amalgame avec les retraités.
- Ils sont retraités en même temps, donc le raccourci était facile.
- Alors si je parle des retraités, des provinciaux, des dégarnis, des susceptibles, des concierges, des Gaullistes, tu te sentiras toujours visé, via tes parents ?
- Ils ne sont pas susceptibles mes parents !!! Alors que toi, tu sors l'artillerie lourde si j'ose aborder le sujet du chapeau de ta mère !
- Et voilà... Tu recommences. Bon, Raoul, j'ai pas envie de me fâcher, emmène-moi sur la lune... Démarre...
- J'ai pas mon permis soucoupe.
- On s'en fout du permis soucoupe, ça m'étonnerait qu'on croise beaucoup de képis sur la route...
- Peut-être. Mais si on va vers le futur, sans faire exprès, et qu'on se retrouve dans une époque qu'on ne connaît pas ? Avec des gens qu'on ne connaît pas ? Si on se retrouve à devoir utiliser des micro-ondes, des téléphones portables, Internet, si les machines à laver durent cinq ans, si le Président a épousé une chanteuse, si on ne peut plus rouler vite, boire l'apéro, fumer dans les bars, si les villes ont remplacé nos campagnes, si l'économie et le profit ont fait explosé le prix des tomates, du pain, de la salade, des fruits, en même temps que leur goût ? Si les femmes sont séduites par des images, et les hommes par des artifices ? Si les voitures sont tellement nombreuses qu'on ne peut plus avancer sur les routes, et que la pollution de tous les pots d'échappement du monde trouent la couche d'ozone ? Si le petit Domenech, déjà chiant comme la pluie devient sélectionneur de l'Equipe de France ? Si on ne parle plus à table à cause de la télé ? Si on ne s'envoie plus de courrier à cause de l'ère numérique ? Si les femmes se font tirer la peau et refaire les seins pour défier le temps et ressembler à des canards ? Si les....
- D'accord ! D'accord !! D'accord !!!
- Quoi...
- D'accord, j'ai compris, la lune, elle est ici.
- Oui ma chérie, qu'elle soit de miel ou un clair argenté, je suis sûr qu'elle a meilleur goût ici...
- Il fait froid dans le dos ton futur quand même Raoul... Quel pessimiste tu fais.
- Avec tout ce que je lis, je me dis que ça pourrait arriver.
- Mais d'où sors-tu tous ces mots ? Internet, numérique, micro-ondes ?
- Bon, je suis déjà venu cette nuit dans la soucoupe, et j'ai lu un peu leurs journaux, je ne voulais pas te faire peur...
- Raoul, suspends le vol du temps.
- Embrasse-moi...
- A l'heure qu'il est, ils sont déjà loin.
- Mais on parle de qui là ?
- Les petits hommes verts, Simone.
- Mais qui nous dit qu'ils sont verts ? C'est dans les bouquins ça !
- Oui, les soucoupes volantes, c'était dans les bouquins aussi, et là, y'en a une dans le jardin. Il faut fouiller dans leurs affaires, on va peut-être trouver des choses étonnantes...
- Raoul, regarde, là, cette pile de journaux. Alors ils savent lire notre langue ?
- Le Figaro, daté de juillet 2010... Libération, Le Parisien, L'Equipe... 2010... Incroyable...
- Mais on est en 1958 Raoul, c'est impossible !!!
- Ils viennent du futur...
- Ce ne sont pas des extraterrestres alors ?
- Sauf si on livre nos journaux dans l'espace...
- Remarque, ça va être facile de les repérer en ville du coup.
- Pourquoi ?
- Bah tous ceux qui ont 52 ans de plus que nous, ce sont forcément eux !
- Ah d'accord, donc tous les retraités sont des extraterrestres ?
- Heu... Pas faux... Ceci dit, quand on voit comment ils s'habillent, on peut se poser des questions...
- Tu parles pour mes parents là ?
- Raoul, tu ne vas pas me dire que tes parents sont les ambassadeurs du bon goût...
- Ah parce que ta mère avec ses chapeaux qui captent l'ORTF, elle a la classe internationale ?
- Quoi ma mère ?? Au moins, elle capte quelque chose ELLE !
- Bah voyons ! Parce que mes parents, ils sont cons comme la lune !
- Je sais pas mais on n'a qu'à décoller tiens, on pourra vérifier !
- Dis donc Simone, t'as mal dormi ou quoi ? C'est quoi cette agression gratuite là ? T'as un problème avec mes parents ?
- C'est toi qui as fait l'amalgame avec les retraités.
- Ils sont retraités en même temps, donc le raccourci était facile.
- Alors si je parle des retraités, des provinciaux, des dégarnis, des susceptibles, des concierges, des Gaullistes, tu te sentiras toujours visé, via tes parents ?
- Ils ne sont pas susceptibles mes parents !!! Alors que toi, tu sors l'artillerie lourde si j'ose aborder le sujet du chapeau de ta mère !
- Et voilà... Tu recommences. Bon, Raoul, j'ai pas envie de me fâcher, emmène-moi sur la lune... Démarre...
- J'ai pas mon permis soucoupe.
- On s'en fout du permis soucoupe, ça m'étonnerait qu'on croise beaucoup de képis sur la route...
- Peut-être. Mais si on va vers le futur, sans faire exprès, et qu'on se retrouve dans une époque qu'on ne connaît pas ? Avec des gens qu'on ne connaît pas ? Si on se retrouve à devoir utiliser des micro-ondes, des téléphones portables, Internet, si les machines à laver durent cinq ans, si le Président a épousé une chanteuse, si on ne peut plus rouler vite, boire l'apéro, fumer dans les bars, si les villes ont remplacé nos campagnes, si l'économie et le profit ont fait explosé le prix des tomates, du pain, de la salade, des fruits, en même temps que leur goût ? Si les femmes sont séduites par des images, et les hommes par des artifices ? Si les voitures sont tellement nombreuses qu'on ne peut plus avancer sur les routes, et que la pollution de tous les pots d'échappement du monde trouent la couche d'ozone ? Si le petit Domenech, déjà chiant comme la pluie devient sélectionneur de l'Equipe de France ? Si on ne parle plus à table à cause de la télé ? Si on ne s'envoie plus de courrier à cause de l'ère numérique ? Si les femmes se font tirer la peau et refaire les seins pour défier le temps et ressembler à des canards ? Si les....
- D'accord ! D'accord !! D'accord !!!
- Quoi...
- D'accord, j'ai compris, la lune, elle est ici.
- Oui ma chérie, qu'elle soit de miel ou un clair argenté, je suis sûr qu'elle a meilleur goût ici...
- Il fait froid dans le dos ton futur quand même Raoul... Quel pessimiste tu fais.
- Avec tout ce que je lis, je me dis que ça pourrait arriver.
- Mais d'où sors-tu tous ces mots ? Internet, numérique, micro-ondes ?
- Bon, je suis déjà venu cette nuit dans la soucoupe, et j'ai lu un peu leurs journaux, je ne voulais pas te faire peur...
- Raoul, suspends le vol du temps.
- Embrasse-moi...
Coule Raoul

- Alors Simone, elles te plaisent tes vacances ?
- J'adoooore... tu sais à qui tu me fais penser comme ça, Raoul ?
- Non... Prends une pose plus naturelle... oui, comme ça...
- A Vincent Perez... tu es mon hussard sur le toit...
- Ma Fanfan... Tu me donnes envie de valser.
- Si ça continue, tes rêves vont devenir réalité, parce que j'ai l'impression que la mer monte...
- Mais non. Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- J'entends l'eau très proche. Vraiment proche.
- L'eau est amie, et une amie est toujours très proche.
- Non mais Raoul, tu ne trouves pas que l'estafette bouge ?
- C'est normal qu'elle bouge, on est sur le sable, et avec la marée, l'estafette se meut un peu...
- Se meut ?
- Du verbe se mouvoir.
- Oui, je te remercie, prends-moi pour un bulot ! Je faisais juste remarquer non sans une certaine ironie ta bourgeoisie de syntaxe dans une telle situation ! Et nous, nous nous mouvons à quelle heure ? Parce que le mec qui parle à la radio, là, juste en-dessous, il vient de faire "gloub"
- Il a fait "gloub" ?
- Oui
- Combien de fois ?
- Bah c'est bien la quatrième là...
- Putain, y'a le journaliste qui se noie ! Il faut prévenir quelqu'un !
- Et ben descends et meus-toi Raoul !
- Mais... mais... Simone, y'a de l'eau partout !!!
- Oh mon pauv' chou.... allez, saute, à la hussarde !
- Et toi ?
- Moi je ne risque rien, nous sommes très proches l'eau et moi. Et puis on n'a jamais vu une marée submerger une estafette ...
- Non, je ne pars pas sans toi.
- Oh c'est mimi... Dis donc Raoul...
- Oui ?
- Tu serais pas un peu en train de flipper comme un dingue là ? Tu as peur de sauter, c'est ça... ooooh mon loulou... allez, accroche-toi à moi...
- Jamais ! Je suis le roi de la brasse coulée !
- C'est bien ce qui me fait peur...
- J'adoooore... tu sais à qui tu me fais penser comme ça, Raoul ?
- Non... Prends une pose plus naturelle... oui, comme ça...
- A Vincent Perez... tu es mon hussard sur le toit...
- Ma Fanfan... Tu me donnes envie de valser.
- Si ça continue, tes rêves vont devenir réalité, parce que j'ai l'impression que la mer monte...
- Mais non. Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- J'entends l'eau très proche. Vraiment proche.
- L'eau est amie, et une amie est toujours très proche.
- Non mais Raoul, tu ne trouves pas que l'estafette bouge ?
- C'est normal qu'elle bouge, on est sur le sable, et avec la marée, l'estafette se meut un peu...
- Se meut ?
- Du verbe se mouvoir.
- Oui, je te remercie, prends-moi pour un bulot ! Je faisais juste remarquer non sans une certaine ironie ta bourgeoisie de syntaxe dans une telle situation ! Et nous, nous nous mouvons à quelle heure ? Parce que le mec qui parle à la radio, là, juste en-dessous, il vient de faire "gloub"
- Il a fait "gloub" ?
- Oui
- Combien de fois ?
- Bah c'est bien la quatrième là...
- Putain, y'a le journaliste qui se noie ! Il faut prévenir quelqu'un !
- Et ben descends et meus-toi Raoul !
- Mais... mais... Simone, y'a de l'eau partout !!!
- Oh mon pauv' chou.... allez, saute, à la hussarde !
- Et toi ?
- Moi je ne risque rien, nous sommes très proches l'eau et moi. Et puis on n'a jamais vu une marée submerger une estafette ...
- Non, je ne pars pas sans toi.
- Oh c'est mimi... Dis donc Raoul...
- Oui ?
- Tu serais pas un peu en train de flipper comme un dingue là ? Tu as peur de sauter, c'est ça... ooooh mon loulou... allez, accroche-toi à moi...
- Jamais ! Je suis le roi de la brasse coulée !
- C'est bien ce qui me fait peur...
jeudi 22 juillet 2010
On déménage au 7ème ciel

- Tiens, y'a Charles et Paulette qui déménagent...
- ...ou qui s'engueulent...
- Dans tous les cas, ça va leur faire du bien de changer d'air
- Oui, mais s'ils s'engueulent, je vais encore ramasser Paulette à la petite cuillère moi...
- Simone... Elle est assez grande ta soeur, arrête de la materner comme ça...
- Je ne la materne pas, mais Charles, il connaît pas sa force, regarde sa façon de déménager !
- Ah bah donc ils ne s'engueulent pas...
- Pas sûr, parce que quand ils s'engueulent tous les deux, ça déménage...
- Très fin ça ma chérie... Mais pourquoi tu parles de sa force ? Charles ne toucherait jamais Paulette...
- Justement, ça serait bien qu'il commence à revoir sa position
- Pardon ? Tu prônes la violence ?
- Non, je suis pour qu'il adopte une position qui rapproche ma soeur du bonheur si tu vois ce que je veux dire !
- Ah parce que Charles est du genre à camper sur ses positions ?
- Un peu oui, du genre à ne monter que la tente... et nous dans la famille, on est plutôt du genre à aimer la communion explosive, si on épouse le meilleur des chefs d'orchestre, c'est pas pour qu'il laisse sa symphonie en plan avec la baguette dans le tiroir, nous, on veut exprimer nos violons, on veut faire résonner nos cuivres, on veut faire pleurer Karajan !
- Mais alors, si ça se trouve...
- Quoi ?
- Ils ne s'engueulent pas...
(Simone levant les yeux, souriante et rêveuse...)
- Paulette...
- En même temps, si c'est toujours comme ça, ça va faire cher la communion...
- Raoul, fais-moi voler au lieu de penser à tes meubles...
- Simone, j'adore l'idée de t'emmener tutoyer les cieux, mais ne crois-tu pas qu'il faille penser à l'atterrissage ?
- Raoul, fais-moi voler !!! Je me fous de la fin des histoires, c'est le coeur du frisson qui me fait vibrer, qui me fait me sentir vivante !
- J'en parlerai à ton plâtre...
- Pardon ?
- Rien, attachez votre ceinture mademoiselle, la prochaine zone traversée promet d'être incroyablement turbulente...
- Mon Raoul...
- J'avais dit "attachez"...
- Si on croise ma soeur, on s'arrête dire bonjour ?
mardi 20 juillet 2010
Coupe droite

- Chérie ?
- Oui mon bébé ?
- C'est quoi ça ?
- Quoi ?
- Cette... tronçonneuse Gucci...
- Aaaah ça ! C'est la Rolls des tronçonneuses mon Raoul.
- C'est surtout l'hyperbole du bling-bling, le zénith de l'artifice, le big bang du n'importe quoi ! T'as perdu la tête ou quoi ? Je sais que tu aimes l'élégance et que ton image t'importe, mais là, je ne suis pas sûr que tu lui fasses du bien...
- Quoi mon image ? Qu'est-ce qu'elle a mon image ? Tu préfèrerais que je sorte au restaurant en jogging et en tong ? Ou en robe orange avec un pull-over rose ?
- Non. Mais ce n'est pas le problème...
- C'est quoi le problème ? Tu n'aimes pas cette robe que je porte par exemple ?
- Arrête avec tes questions, tu n'es heureuse que si les réponses te plaisent...
- Quoi ??? Ca veut dire quoi ça ???
- Ca veut dire, mon amour, que si je te dis qu'elle te boudine, ce que je n'ai pas dit, tu m'en parleras pendant douze ans et tu me diras que je ne t'aime plus comme avant, que tu vieillis, que notre couple vieillit, et que nos lassitudes poussent comme les haies des jardins abandonnés !
- Mais pas du tout !
- Par contre, si je te dis que tu es magnifique dedans, tu seras contente, parce que c'est ce que tu veux entendre, même si tu me jures que tu ne m'en voudras pas d'être franc, que tu as besoin de cette franchise, de mon regard sur toi, sans concessions...
- Mais pas du tout Raoul, j'ai besoin de ton regard sur moi, sans concessions ! Alors, elle me boudine cette robe ?
- Simone, arrête... Tu ne tiendras jamais cette promesse...
- Raoul, je n'ai rien promis, mais puisque tu en parles, je te promets que je ne t'en voudrai pas si tu me dis la vérité...
- Bon... Promis ?
- Promis.
- Bah elle te boudine un peu oui... Tu n'as plus vingt ans chérie...
- Et ta soeur elle a vingt ans ??? Elle me boudine cette robe ? Elle me boudine ??? Mais t'es pas bien mon pauv' vieux ! T'as vu ton bide qui déborde de ta ceinture ? Elle est où d'ailleurs ta ceinture, parce que je la vois plus moi !!!
- Et voilà... Bravo la promesse...
- Quelle promesse ?? J'ai promis de ne pas t'en vouloir si tu me disais la vérité, mais là, ça n'a rien à voir avec la vérité, c'est juste parce que tu es jaloux que je sois encore aussi désirable !
- Pffff....
- Quoi pfff ??? Oui, parfaitement Môssieur j'ai-le-compas-dans-l'oeil ! Je suis au top de mes courbes, et pardonne-moi si j'aime la qualité dans tout ce que je porte et dans tout ce que je fais !
- Ah parce que tailler une haie avec une tronçonneuse Gucci tu trouves ça normal toi ?
- Oui ! Parce que nos haies auront une classe folle avec cette tronçonneuse !
- Tu dis n'importe quoi, si tu coupes droit, tu coupes droit, peu importe avec quoi !
- Et bien non !!! Parce que notre couple vieillit, parce que tu vieillis, parce que la lassitude de notre quotidien pousse comme les haies d'un jardin abandonné ! Et qu'il faudra au moins une tronçonneuse Gucci pour en venir à bout !
- Simone, le casque, là, c'est un casque Gucci aussi ?
- Oui. Pourquoi ?
- Tu me le prêtes ?
- Ah tiens ? Tu aimes la classe maintenant ?
- Celle-là, pas plus que tout à l'heure, par contre, pour ne plus entendre des conneries pareilles, il me faudra au moins un casque Gucci !
samedi 17 juillet 2010
John Lemon Wanted

- Pourquoi on est là Raoul ?
- Facebook veut notre peau...
- Pardon ?
- Ils ont supprimé le compte de John Lemon ce matin, il avait plus de 600 amis...
- Pourquoi ?
- Apparemment parce qu'il parlait de nous trop souvent sur sa page...
- Et comment ses amis vont le retrouver ?
- Grâce à nous, on va mettre son adresse email dans ce message : johnsweetlemon@gmail.com, c'est l'adresse du nouveau profil John Lemon qu'il a créé à 16h ce samedi. J'espère qu'on aura assez d'admirateurs pour relayer l'info...
- Bon, et nous, on fait quoi là ?
- On va inviter des amis pour une petite soirée disco, qu'est-ce que t'en penses ?
- J'en pense qu'il va falloir indiquer sur le carton "mousquetons fournis et voiturier à 500 mètres... plus bas...
vendredi 16 juillet 2010
Paradise Island

- Dis donc Raoul, c'est ça ton île déserte ?
- Bah quoi, y'a personne...
- Tu m'étonnes John ! Evidemment qu'y a personne, tu mets une famille de quatre et c'est complet !
- T'es jamais contente Simone...
- Quoi ?? Tu me promets des vacances paradisiaques sur une île déserte et je me retrouve devant un caillou qui a autant d'arbres que t'as de cheveux ??
- Et alors ? c'est une île déserte non ?
- Et alors ??? Alors à part les arbres, y'a rien d'autre ! Et tu vas faire quoi sur ton île ?? On peut même pas se baigner, parce que si tu plonges, faut prendre un hélico pour revenir !!!
- Justement... c'est de ça que je voulais te parler... j'ai pris un petit crédit pour l'hélico, parce que effectivement, si on veut se baigner, on peut, mais si on veut revenir, il faut se faire hélitreuiller...
- Tu sais quoi Raoul ? Tu vas te balancer au bout de ton échelle de corde, tu vas y aller en premier sur ton paradis perdu, et c'est moi qui vais piloter l'hélico. Ca fera des économies... Et je ne te garantis absolument pas que sur un faux mouvement je ne te fracasse pas ta carcasse sur un pan de la falaise !!!
- C'est con, c'était exposé plein sud, et y'avait le wifi gratuit...
Les feux de l'amour

- Raoul...
- Oui ?
- Tu vois ce jeune couple là, à gauche, assis dans l'herbe...
- Oui...
- C'était nous, il y a cinquante ans...
- Simone...
- Oui ?
- Tu vois ce feu d'artifice là-haut ? Sa majesté, son inaltérable attrait, la fascination qu'il ne cesse d'exercer, année après année ?
- C'est nous aujourd'hui... et c'est toi tous les jours, depuis cinquante ans...
Ca se corse pour Simone

- Raouuuul, mais qu'est-ce que tu fais ??
- Comme tu es malade en montagne, je nous fabrique une route avec accès direct à la mer, ça t'évitera les lacets interminables...
- Mais chéri, tu n'as rien ??
- Mais non, j'ai mon chapeau...
- Tu n'as pas peur qu'on nous repère ?
- Je te rappelle qu'on est en Corse !
- Et alors ?
- Et alors ce genre de champignon, ça fait partie de la flore locale !
- Et le bruit ?
- Pareil ! Dans certains villages, le bruit familier du clocher provoque des "tiens, il est 11 heures...", ici, le bruit familier de l'explosion provoque des "tiens, un Corse fabrique une route..." C'est un exemple... Il pourrait aussi provoquer des "tiens, un député va devoir chercher sa nouvelle villa en Bretagne..."
- Pourquoi en Bretagne ?
- rrrrrooo.... bon, Simone, remets tes lacets, on rentre.
- On ne prend pas ta route ?
- Non, je me suis trompé, la mer est de l'autre côté... remets tes lacets chérie...
- Non.
- Pardon ?
- Non, je ne veux pas remettre mes lacets.
- Et pourquoi donc ?
- Ca me rend malade les lacets, c'est toi qui l'a dit !
- Simone...
- Quoi ?
- Non rien...
vendredi 9 juillet 2010
La nuit détend

- Simone, mon amour...
- Oui Raoul ?
- Quand je te vois dans cette lumière si particulière...
- Dis-moi...
- Tes interdits restent dans l'ombre, un seul trait de toi est mis en lumière, et tu continues pourtant d'exprimer la courbe de l'élégance faite femme à toi toute seule...
- Mon chéri...
- Tu es ma parenthèse enchantée, une virgule qui suspend le temps, le bonheur qui s'ouvre, le néant anéanti, l'aube après la nuit des temps...
- Rejoins-moi dans l'ombre mon Païkan...
- Fige-moi dans ton éternité belle éléa...
Un horizon turquoise

(Simone et Raoul, dans une des maisons de gauche, dans le quartier pauvre, regardant la belle résidence en face d'eux)
- Chéri, tu me promets qu'on vivra là-bas un jour ?
- Non
- Pourquoi non ?
- Parce que ce serait tomber dans le piège...
- Le piège ?
- Oui, le piège du bonheur matériel, tu penserais être arrivée au bout du chemin, mais tu regretterais tellement celui où ton horizon était justement fait de ces rêves inaccessibles.
- Mais tu perds la tête Raoul ! Tu crois que je me plais dans ce taudis ? Le bonheur, il est turquoise, et il est sur les terrasses d'en face !
- Non Simone, le bonheur, c'est le chemin, ce n'est pas la fin, et ici, ta vie est simple, heureuse, tu rêves de turquoise, mais celui que je vois dans tes yeux vaut toutes les piscines du monde. Si tu vivais en face, tu perdrais la couleur de tes rêves, et de ton balcon, tu ne verrais qu'un taudis, gris et triste. Tu n'aurais plus ce doux horizon, tu aurais atteint ton bonheur matériel, mais tu aurais perdu beaucoup plus.
- Mais je me fous d'être philosophe mon grand là tu vois ! Je voudrais me prélasser dans MA piscine, jouer au tennis sur le court privé, et arrêter d'inviter nos amis au restaurant parce qu'on n'existe pas sur le GPS ! Je suis sûr que même les moustiques ils piquent avec plus d'élégance en face !
- Simone, pense à ton horizon...
- Mais je me fous de mon horizon, je regarderai le ciel les pieds dans l'eau, et si je veux regarder en bas, j'irai dans la cuisine !
- Je vais devoir vendre la CX alors...
- Te bile pas mon Raoul, on n'est pas près de bouger, avec ta CX, on pourra tout juste acheter un frigo et un maillot de bain.
- Hey ho, c'est une turbo D quand même !
- Raoul, tu es trop matérialiste, vends ta voiture, retrouve le plaisir de découvrir le monde en marchant, et achète moi un collier pour que ton horizon reste turquoise...
Complètement siphonné

- Mais Simone, qu'est-ce que tu fais ?
- Je vide mon lac.
- Tu vides ton lac ???
- Oui, je vide mon lac.
- Mais... mais comment tu fais ça ?
- Bah j'enlève le bouchon.
- Mais il n'y a pas de bouchon dans un lac !!!
- bah tu vois bien que si Raoul...
- Mais Simone, c'est impossiiiible ! Et puis c'est pas TON lac !
- Bon, Raoul, tu me gonflottes la griotte là ! Si, c'est possible, la preuve ! Tu crois que j'ai creusé un trou jusqu'à l'hémisphère sud avec la pelle du petit ??? Et oui c'est MON lac, parce que j'y viens depuis toute petite, et que j'ai entendu qu'un pétrolier passait dans le golfe pas loin, et j'ai pas envie qu'ils me le souillent !!
- Mais un lac c'est fermé Simone !
- Oh toi, t'es un optimiste ! On ne sait jamais, ils n'auront pas mon lac !
- Et comment les gens vont se baigner maintenant ?
- Et ben ils apporteront chacun un bidon à partir de février prochain, quand le pétrolier sera parti, et si tout va bien, ils pourront se mouiller les pieds en juin.
- Simone... elle a enlevé le bouchon du lac...
- Et ils se plaignaient tous que la plage était trop petite ! Ils vont pouvoir venir en famille à partir de demain !
Raoul à le sens de l'objectif
Croisements
Hair
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