Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

samedi 2 juillet 2011

Swimming with sharks


- Simone...

- ...

- Simone !

- Quoi Paulette...

- Je ne vois plus Charles et Raoul...

- Et alors... Arrête de dépendre autant de ton mari Paulette... Profite un peu de ta liberté, regarde, on n'est pas bien là ?

- Si, mais...

- Allez, allonge-toi, bronze, et écoute ce silence... Ils ne rentreront pas sans nous, ne t'inquiète pas. C'est normal de ne plus les voir à cette distance, avec le monde qu'il y a sur la plage, tu ne peux pas les reconnaître...

- Le problème c'est que je ne vois plus la plage non plus...

Simone se redresse d'un seul coup.

- Quoi ??? Mais pourquoi tu me préviens seulement maintenant ?

- Mais ça fait deux heures que je te dis que je ne vois plus Charles et Raoul !

- Oui, mais ça c'était pas très grave, par contre, ne plus voir la plage, là, ça peut vite créer un manque !

- Voilà ! Tu ne sais pas quoi faire ! Quel que soit le côté où on regarde, on ne voit que l'horizon ! On va mourir ! De faim, de soif, bouffées par les requins !

- Mais arrête un peu de t'emballer Paulette ! C'est quoi là, derrière toi ?

- Où ?

- Là !!

Paulette se retourne, plisse les yeux et distingue un bout de terre :

- La côte !

- Allez, rame ! Aide-moi !

- Mais Simone, on n'arrivera jamais jusque là ! Je n'ai pas cette force !

- Bon Paulette, soit tu m'aides à ramer soit je te casse les dents de devant !

- Mais enfin, qu'est-ce que c'est que cette violence ?

- Rame Paulette !

Paulette commence à ramer énergiquement avec les bras, de chaque côté du matelas. Puis elle ajoute :

- Tu as fait exprès de dire les dents de devant hein ?

- Pfff...

- Tout ça parce que c'est maman qui m'a payé l'opération quand j'étais petite... J'ai eu un plus beau sourire que toi avant toi alors tu es jalouse... Et tu veux me le faire payer aujourd'hui...

Simone arrête brusquement de ramer et se retourne vers Paulette, le regard noir :

- Alors écoute-moi bien ma très chère sœur... Premièrement, tu n'as jamais eu un plus beau sourire que moi, ni avant, ni pendant, ni après. Deuxièmement, quand tu as connu ton premier homme, Charles, qui est devenu ton mari, j'avais déjà fait une thèse sur le genre masculin tellement mon sourire avait changé la face de leur monde, troisièmement, si tu veux vraiment éviter les mâchoires des requins, c'est la dernière fois que tu me parles des dents la mère, c'est clair ?

- Oui...

- Pardon ?

- Oui !!!




© Franck Pelé – Juin 2011

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