Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

jeudi 28 novembre 2013

Dernier arrêt avant l'ivresse




Je n'avais jamais été aussi vivante. J'étais tornade, incendie, cascade, incandescence et foudre. Chaque grain de ma peau chantait à l'autre le bonheur de son extase. J'aimais la moindre de ses intentions, j'adorais ces petites pauses qui précédaient la précision de son talent parce qu'elles me donnaient le temps de savourer ce plaisir si rare, si difficile à dompter. Ce plaisir n'existe que dans les livres qui racontent l'histoire d'une autre et c'est à moi qu'il était offert. Il sait me toucher, au plus profond de l'âme, là où dort la source de tous les frissons. Avec un regard, une voix, l'esquisse d'un contact, je suis déjà au bord du vide. Je vais tomber... amoureuse...

Je devrais me l'interdire mais la chute est tellement belle. On peut tomber de haut et se briser en mille illusions c'est vrai, mais uniquement si c'est l'amour qui vous pousse dans le dos. Il regarde votre défaite du haut de sa lâcheté sans savoir l'éternité de la sienne. Je suis tombée de haut parce que l'amour m'a attirée, et c'est toute la différence entre l'obscurité et la lumière, entre une erreur de parcours et un voyage de rêve vers une île idéale. Je suis de celles qu'un seul peut attirer plus que mille autres, avec la seule évidence pour contrat de confiance, je ne laisse aucune chance au pousse-au-crime.

Raoul m'embrassait, m'embrassait, m'embrassait encore, cette sensation de ne faire qu'un avec lui était absolument indicible et pourtant tellement universelle. Deux vies, deux histoires qui se croisent et se fondent en une seule sous la douceur exquise d'une alchimie parfaite. Il sait tout de mes chemins, sans les avoir jamais pris, il sait mon rythme, mes attentes, mes limites, il a toutes les clés des portes les plus barricadées, il souffle sur mes cicatrices et elles s'effacent, il me touche au cœur, il me touche au corps et j'en veux encore, je veux qu'il me cueille, je suis prête, je suis le fruit de son jardin, je vais tomber... amoureuse.

Dernier arrêt avant l'ivresse.




Franck Pelé - novembre 2013 - textes déposés à la SACD

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