Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

samedi 16 mars 2013

Le marteau et les faux-cils



- Ne me regardez pas comme ça s'il vous plaît... C'est insupportable, je craque complètement...

- Je ne peux pas faire autrement, je vous regarde, et je tombe amoureuse... Et j'adore cet état...

- Oh non, pas amoureuse... C'est là que je craque complètement... Il ne faut pas tomber amoureuse Madame, vous comprenez ? Je suis déjà bouleversé par votre beauté, et je ne connais rien de plus fondant qu'une femme amoureuse, alors vous... amoureuse de moi... Je pourrais mourir de plaisir...

- Venez mourir dans mes bras...

- Madame, je vous supplie de vous reprendre.

- Je vous supplie de me prendre. Je veux être à vous. Toute ma vie. C'est vous, je le sais, je le sens. Une femme ne se trompe jamais sur ces choses-là.

- Vos yeux sont tellement...

- ... pleins de vous. Si vous m'aimez comme je vous aime, vous serez le plus heureux des hommes... Embrassez-moi... S'il vous plaît... Je veux goûter votre âme... Je n'ai jamais fait ça avec personne, je ne suis pas facile à séduire, mais vous... vous n'avez rien à faire... Il vous suffit d'être vous-même, et vous m'emportez...


Au moment où il pose ses lèvres sur les siennes, c'est un big bang, une explosion alchimique, de l'amour comme s'il en pleuvait, des rayons de bonheur qui irradient tout son corps, la sensation d'avoir trouvé son île, sa couleur, son paradis...

...mais c'est aussi le moment où, en sentant les lèvres de sa femme dans la réalité, il sort de son rêve. La violence de la réalité le pousse à hurler en repoussant presque inconsciemment sa femme à sa place dans le lit conjugal :

- Aaaaaaaaaah !!!!!

- Chéri ! Chéri !!! Tout va bien !!! ça va... ça va... Tu rêvais...

- Quel cauchemar...

- Raconte-moi...

- J'étais avec Marie-George Buffet, elle m'avait attaché à la cave et voulait profiter de moi...

- Mon pauvre chou... Tu sais que je t'embrasse depuis dix minutes là ?

- Ah bon ?

- Tu avais une telle envie Raoul... Une telle ferveur... Tu ne m'as pas embrassée comme ça depuis des années... Alors soit elle était méchamment gaulée ta Marie-George, soit t'es en train de devenir communiste... mais ce qui est sûr, c'est que t'es en train de me prendre pour une conne !

- Mais ma doudoune... ?

- Remarque, je dois être honnête, quand on fait l'amour, il m'arrive très souvent de penser à un autre...

- A qui ?

- Robert Hue.






Franck Pelé - Mars 2013 - Textes déposés SACD

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