Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

samedi 27 octobre 2012

Le lendemain matin



Hier soir, elle m'a trouvé beau, elle a dit qu'elle adorait ma voix, mes mains, ma peau. On a ri, on a raconté mille vies, on a volé au-dessus du temps, du monde, des gens. Quand ses yeux plongeaient dans les miens, j'avais l'impression qu'elle voulait que je sente qu'elle voulait y plonger, toute entière.

On a bu, on a chanté, pleins d'âme, de frissons, de toutes ces braises qui font les volcan
s vivants. Depuis la seconde où elle m'a ouvert la porte, je l'ai trouvée belle. Terriblement belle. Plus tard, je lui ai dit que j'adorais sa voix, ses mains, sa peau. Dès que je croisais son regard, j'avais la sensation d'être éclairé par toutes les lumières du monde, aucune idée noire n'aurait résisté.

J'étais transpercé par la moindre de ses expressions, de son visage, de son corps, sa façon de se mouvoir, de m'émouvoir, elle ne pouvait pas vivre pour quelqu'un d'autre que moi, parce qu'elle ne pourrait rendre un homme plus heureux que celui fondait sous sa flamme à l'instant. Et si elle pouvait me rendre si amoureux, alors elle allait être la femme la mieux aimée du monde.

Elle m'a dit qu'elle adorait que je sois si doux, si dur, la voir s'étendre, si tendre, se tendre et dans un cri d'extase se détendre dans un sourire qui ressemblait à l'équateur, parce qu'il était chaud, parce qu'il coupait le monde en deux, nous, et les autres.

Attendre, impatiemment, avec la souffrance sucrée qui accompagne le sel de la peur, attendre... La regarder se réveiller, doucement, la voir toujours aussi belle, n'avoir rien oublié, être marqué, parfumé à vie par son existence et prier pour que son sourire vous rassure autant que le vôtre l'inonde.

Son sourire était de ceux-là. Un sourire fait d'eau, de pierre et de feu. De cette eau qu vous désaltère, qui vous purifie, de ces pierres dans lesquelles on peut graver la suspension du temps, éternelles et solides, de ce feu qui saura vous embraser mieux que personne. Près d'elle je n'aurai jamais froid. Sa flamme me fera rêver, la mienne la fera danser.



Hier, déjà, je savais que c'était elle. Ce matin, elle était sûre que c'était moi.


Si c'est le soir qui couche un amour, c'est le matin qui le rend éternel.


Elle s'appelle Simone.






Franck Pelé - oct 2012

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