Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

mardi 5 avril 2011

Demain, il fera beau...


- Tu viens Simone ?

- Attends, laisse-moi finir, c'est passionnant...

- De quoi ça parle ?

- C'est un livre d'Histoire, qui raconte tout le siècle dernier. C'est fou... Ils ont failli faire exploser le monde avec leur technique. Ils appelaient ça le progrès... Par exemple, le tremblement de terre japonais, il y a 90 ans, tu te souviens ?

- Celui d'avant la guerre ? Avec la catastrophe nucléaire qui a dévasté la moitié du continent ?

- Oui... et bien finalement, c'était bien cette petite centrale qui a transformé le Japon, une partie de la Chine, de la Russie et l'ouest des États-Unis en désert. Et absolument pas le réchauffement climatique.

- Et la guerre, ils nomment les vrais responsables ?

- Pas vraiment. Ils parlent de religion, de mauvaises interprétations, de prétention, d'ingérence... jusqu'à l'élection de Carla Strauss-Kahn, juste après l'assassinat de son mari. A partir du moment où elle a nommé Bernard-Henri Lévy à l'Intérieur, tout est parti en vrille...

- En quelle année ont-ils compris qu'il fallait revenir à des valeurs humbles, naturelles, collectives ?

- En 2077, dix ans après la fin de la guerre, avec la grande convention internationale. Quand on a remis un fil au bout du téléphone, qu'on a interdit les pesticides, la pollution sous toutes ses formes, quand on a baissé les prix et augmenté les ressources, quand on a sauvé les agriculteurs, quand on a relu les livres Saints et qu'on y a trouvé le même amour partout. Quand le respect est revenu, dans les cours d'école, dans les repas de famille, dans le regard des uns sur les autres.

- Quelqu'un de ta famille a connu cette époque ?

- Oui, mon arrière-arrière-grand-mère, elle s'appelait Simone, comme moi. Elle en a beaucoup parlé à ma grand-mère, qui se souvient de tout, et me raconte toute sa vie, depuis que je suis en âge de comprendre. J'aimerais beaucoup lui ressembler. Il paraît que c'est le cas.

- Elle était aussi belle que toi ?

- J'ai vu des photos d'elle à mon âge, elle était d'une beauté incroyable. La plus belle femme de son époque. Raoul, son mari, a participé à la révolution contre l'industrie et le patronat. C'est un peu grâce à lui si nous avons pu retrouver un air pur et un vélo comme ceux-là. Comme ceux qu'on fabriquait en leur temps. Le temps de l'artisanat et de la qualité.

- Simone, plus je te regarde, et plus je me dis que le temps de l'artisanat et de la qualité a de beaux jours devant lui...

- Il faut qu'on y aille, le soleil commence à se coucher.

- Je sais, il a cette lumière amoureuse qui transperce les fins tissus, qui révèle les trésors du quotidien. Simone... si il tire le rideau sur cette journée, j'aimerais ouvrir le tien sur une nuit qui promet, ici, à la belle étoile...

- Belle idée... Faisons corps avec la nature...

- Faisons corps tout court...



© Franck Pelé – 2011

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