Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

mardi 17 février 2015

Une inoubliable Saint Valentin



- Qu'est-ce que c'est que ça ??? Simone ? Simone !!!

Simone descend l'escalier.

- Quoi ? Pourquoi tu hurles comme ça ?

- C'est quoi ça ? J'ai cru qu'il y avait une morte sur la table du salon !!

- Oh... mais non c'est Caroline...

- Quoi "c'est Caroline" ?

- C'est ton cadeau. Enfin ton substitut.

- Mon cadeau de quoi ? Quel substitut ? Elle se substitue à quoi ?? à qui ???

- C'est ton cadeau de Saint Valentin. Je te présente celle qui va me remplacer.

- Bon Simone, tu me dis ce qui se passe ou je dois chercher les caméras ?

- Non, ce n'est pas une blague, je suis très sérieuse Raoul. J'ai pris une décision des plus sages pour la sérénité de notre couple : j'arrête le sexe.

- Pardon ?

- Je comprends que ça puisse être un peu violent à entendre comme ça pour toi, en rentrant du boulot, mais moi j'ai mûrement réfléchi cette décision. J'arrête le sexe et comme je sais que tu as quelques besoins en la matière, je t'ai offert Caroline. J'ai passé des heures dans le magasin avant de la choisir, j'espère qu'elle te plaira...

- Tu arrêtes le sexe ? Mais pourquoi ? Tu as toujours été satisfaite non ? Tu n'as plus envie de moi ? Tu as quelqu'un d'autre ? C'est quoi ce délire ???

- Voilà, c'est exactement pour ça que je veux arrêter. Le sexe régule tout le reste, s'il y en a, et que ça se passe bien, tout le monde pense que tout va bien alors que pas forcément, et s'il n'y en a pas, ou qu'il y en a moins, alors on se pose mille questions sur l'amour, l'envie, la fidélité, etc... Donc, je me suis dit que si on arrêtait le sexe, on serait tranquille, plus de prise de tête à savoir si l'autre a envie, si ses performances sont satisfaisantes, si je dois reprendre une douche parce que Monsieur a un appétit soudain, si je dois faire semblant de dormir quand tu as une envie pas synchronisée avec la mienne, si je dois travailler ma voix de tête avant l'orgasme idéal à entendre, bref, à partir de maintenant, que de l'amour non pollué par la testostérone ou la moindre hormone, et en cas de fièvre, hop, Caroline est là !

- Tu as bu... T'as déjeuné avec une conne...

- Pas du tout...  Et Caroline sera toujours là, quelle que soit l'heure, le jour, l'humeur, tu pourras mal lui parler, lui pincer ce que tu veux, lui mettre une fessée en passant après l'avoir plantée devant l'évier, lui tirer les cheveux en arrière pour lui crier ta joie après un but, tu pourras même ne pas lui parler du tout pendant tes élans, elle n'en aura rien à cirer, la Caro c'est une crème... comme on n'en fait plus !

- Tu as complètement craqué en fait, maintenant c'est sûr... Tu as quelqu'un, c'est ça ?

- Mais arrête avec ça ! Non je n'ai personne, j'ai toi et ça me va très bien ! J'ai adoré le sexe avec toi mais maintenant on a des âges où franchement on peut se faire plaisir autrement et surtout quand on veut et pas quand l'autre veut ! Les couples qui durent, ce sont ceux qui font chambre à part ET ceux qui se font plaisir quand ils en ont envie, sans être prisonniers d'un contrat stipulant que le bonheur de l'un doit dépendre de l'envie d'orgasme de l'autre !

- Et c'est un cadeau de Saint Valentin donc, pour m'exprimer ton amour...

- Mais oui, absolument ! Mille fois oui ! De vouloir nous protéger et protéger la qualité de tes envies si c'est pas de l'amour, je ne sais pas ce que c'est !

- Je rêve... et toi, c'est qui ton substitut ?

- Oh non, non, moi tu sais je suis très manuelle mais je crois vraiment que je vais m'abstenir quelques mois, comme un régime. Et plus si affinités. Je suis sûre que je vais aimer cette nouvelle vie, elle va nous apporter beaucoup de sérénité. Et d'autres perspectives sentimentales, tu verras. Et puis au pire y'aura toujours le primeur en bas, il est très bien.

- Tu vas te taper le primeur ?

- Mais non je parlais d'un régime bio... bref, ça me regarde. Chacun sa sexualité maintenant, assouvie avec l'objet de son désir, et nous, on partage tout ce qui nous lie depuis toujours, l'amour, la tendresse, les rires, la présence chaleureuse, la complicité psychologique... et même physique, on pourra toujours se survoler pour quelques caresses précises, mais plus de voiture dans le garage, fini, tu feras les niveaux avec Caroline.

- Et tu crois que je vais accepter sans rien dire et aller sagement dans ma chambre jouer avec ma poupée gonflable ?

- Elle n'est pas gonflable elle est en silicone, plus vraie que nature. C'est le top tu sais chéri ce que je t'ai pris, attention...

On sonne à la porte. Raoul regarde par la fenêtre :

- C'est ta mère ! (Simone se dirige vers la porte) Non, attends !!! N'ouvre pas maintenant ! Qu'est-ce qu'on fait de Caroline ???

- Oh non pas ma mère...  (Simone regarde partout autour d'elle) mets-la dans le piano à queue !

- Ta mère ?

- Non Caroline !

- Pourquoi dans le piano à queue ?

- Je ne sais pas, ça m'est venu naturellement... Dépêche-toi !!!

Raoul essaie tant bien que mal de replier la poupée sur elle-même et de la faire tenir dans l'habitacle du piano qu'il essaie de fermer.

- Mais j'ai du mal à refermer le piano !

- Bourre-la bien au fond !

Raoul se retourne, la mâchoire crispée et la peau rougie par l'effort autant que la colère sourde

- Tu le fais exprès là ?

- Oh pardon... ah non pas du tout promis... (Simone se pince les lèvres pour ne pas rire) en même temps c'est le mot idéal pour cette situation, je suis désolée du double sens... bon, alors, ça rentre pas ? Tiens ça me fait penser, à propos de double sens...

- Non ça va se voir ! Je ne peux pas fermer le piano complètement !

Odette, la mère de Simone, sonne encore et commence à frapper à la porte.

- Bon, prends-la dans tes bras !

- Quoi ?

- Prends-la dans tes bras ! Et pose sa tête sur ton épaule, comme si elle était triste ou fatiguée ou...

- Bourrée ? (regard noir de Raoul vers Simone)

- Voilà, très bien ! (Simone a du mal à retenir une crise de rire naissante) Mais surtout fais en sorte qu'elle tourne toujours le dos à ma mère, elle ne doit pas voir son visage !

- Ecoute si elle le voit tu lui expliqueras ta nouvelle lubie... Simone, s'il te plaît, évite de rire, c'est déjà assez insupportable comme ça...

Simone ouvre la porte

- Maman ! C'est gentil de passer ! Comment vas-tu ?

- Bonjour ma chérie... bah vous en avez mis du temps ! Je me demandais si... (elle tourne la tête et voit Raoul avec Caroline dans les bras) bonjour Raoul... oh pardon, je vous dérange peut-être ?

- Non ne t'inquiète pas, c'est une amie du travail de Raoul et elle n'est pas très bien...

- Oh bah oui, regardez, elle ne tient pas sur ses jambes la pauvre... Je peux vous aider mademoiselle ?

Raoul

- Non !!! Non merci Odette... ne vous inquiétez pas, je gère... Elle est un peu malade et là, si elle fait le moindre mouvement, j'ai peur qu'elle nous refasse la déco...

Odette à Simone, en chuchotant, un peu plus loin dans la cuisine ouverte sur le salon

- Dis donc ma chérie, je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas mais... c'est Raoul qui t'a dit que c'était une amie de son travail ? Il fait quoi comme travail Raoul exactement ? Il est DJ dans un bar à putes ?

- Oh maman je t'en prie !

- Excuse-moi mais il faut bien appeler les choses par leur nom, regarde son look ! Elle n'a rien d'une collègue de travail, on dirait une poupée gonflable !

- Exactement Odette ! Et vous savez pourquoi elle ressemble à ce point à une poupée gonflable ?

Simone

- Non Raoul !

Il lance Caroline sur la table du salon

- Parce que C'EST une poupée gonflable !!!

- Non, elle n'est pas gonflable, elle est articulée et en silicone, presque réelle !

- Votre fille veut arrêter le sexe ! Et cette poupée, qui se prénomme Caroline, est mon cadeau de Saint Valentin ! C'est avec elle que je dois dorénavant envisager toute communion charnelle ! Si je puis dire...

Odette

- Mais enfin chérie, tu es folle ?

- Bon maman, c'est très profond, tu ne peux pas comprendre.

- De quoi parles-tu ? je peux tout comprendre tu sais... Il me semble qu'on a toujours été assez profond dans la famille...

- Du sujet ! C'est très psychologique, le sexe impose des comportements, induit des mensonges, produit des actes manqués, des envies pas toujours partagées, ça crée des incompréhensions, des tensions, des comparaisons malheureuses, bref, c'est peut-être très bon sur le moment mais sur le long terme, c'est la mort du couple quand on en a fait le tour !

- Mais s'il n'y en a plus, ce sera encore pire ! Tu crois que ton mari va se satisfaire de ta poupée jusqu'à la fin de ses jours ?

- Il pourra en changer, j'ai pris un forfait "4 en 10 ans + 1 offerte".

Odette

- Simone, je te défends souvent mais là, je pense que tu fais une grave erreur. Si j'avais dit une chose pareille à ton père...

Simone

- ...ça lui aurait peut-être évité d'aller voir de vraies poupées pour oublier son quotidien !

- ...

- Pardon maman... mais tu cherches aussi... c'est un sujet qui te dépasse... d'accord ? Dis-moi, tu vas au marché demain matin ?

- Oui, je pense oui...

- Tu peux me ramener des carottes ? Je vais faire un pot-au-feu demain soir.

Raoul

- Bah voyons, un pot-au-feu... et moi qui crevais de faim...pas de pot !!!

- Mais qu'est-ce que tu racontes Raoul, c'est pas la fin du monde non plus, arrête ! Je vais finir par penser que je suis assise sur la seule chose qui compte pour toi ! Je t'aime comme au premier jour ! Tu es l'homme de ma vie, et rien ne change à part ce petit régime sexuel, tu ne vas pas en faire tout un fromage non ? Et je n'ai jamais dit que c'était définitif ! De toute façon, tu ne vas pas me dire qu'en ce moment tu es à fond sur le pot-au-feu quand même ??

Odette

- Tu veux dire qu'il y a le pot mais pas toujours le feu ? (elle se tourne vers Raoul) Ah oui mais là Raoul si c'est ça, autant faire sa cuisine soi-même elle a raison...

Raoul

- Bon, Odette, ne vous essayez pas à la métaphore, je vous en supplie, je crois que nous devons avoir une explication de couple, c'est très gentil d'être passée mais là, on a besoin d'être seuls.

- Oui vas-y maman, à demain, bisous...

- Vous devriez écouter les conseils des anciens, c'est dans les vieux pots qu'on...

- Maman !!!

- Oui, oui... oh la la... j'y vais... enfin je veux bien y aller mais il me faudrait les clés de chez moi, c'est pour ça que je venais au départ...

Simone

- Han !!! Les clés...

Simone met la main devant sa bouche en regardant Raoul.

Raoul

- Quoi les clés... tu les as oubliées ?

- Ah non non, je sais parfaitement où elles sont...

- Où elles sont ?

- Dans Caroline...

- Pardon ???

- Je ne savais pas où les mettre et elle n'était pas facile à porter ! Je suis allée au magasin en vélo avec juste ma carte bancaire dans la poche et les clés me faisaient mal dans mon short moulant. L'entrecuisse de Caroline était le seul endroit qui représentait une cavité assez profonde pour que je puisse mettre les clés en lieu sûr si je transportais Caroline la tête en bas...

- Attends... Tu as traversé toute la ville avec ce truc à l'envers sous le bras ?

- Oui mais je tenais le guidon de l'autre main sans problème. Et puis elle était habillée hein, elle avait pas les fesses à l'air non plus...

- Tu as pris de la drogue...

Odette

- Bon, et on fait comment maintenant ?

Simone

- Bah on les reprend... Chéri, tu veux bien...

- Je veux bien quoi ???

- ...déshabiller Caroline s'il te plaît ?

- Tu te fous de moi là... Je vais me barrer de cette maison de fous...

- Raoul !!! Oublie le caractère sexuel de la chose d'accord, on la déshabille, tu l'ouvres un peu, tu récupères les clés et on n'en parle plus.

- Ah mais jamais de la vie ! Je veux bien la tenir en la prenant sous les bras mais c'est toi qui récupères les clés, je ne vais pas fouiller Caroline devant ta mère !

Odette

- J'en ai vu d'autres mon cher Raoul...

Simone

- Allez, plus vite ce sera fait, plus vite on pourra discuter...

Simone s'approche de Raoul, hagard, elle prend Caroline et l'allonge sur le dos sur la table du salon. Elle demande à Raoul de la tenir par les bras de l'autre côté de la table pendant qu'elle tire sur sa combinaison pour l'enlever. 

- Rrrroooo j'y arrive pas, c'est trop moulant sa combinaison... Tiens, Raoul, coince sa tête entre tes jambes pour pouvoir tirer plus fort parce que là c'est impossible, je n'ai pas assez de prise, elle glisse...

Raoul n'en croit pas ses yeux, il regarde Simone, Odette, qui lui sourit comme si tout était normal, et s'exécute.

Simone, alors qu'elle essaie d'entrer la main dans la poupée, appelle sa mère.

- C'est trop étroit... Maman, est-ce que tu peux venir ici s'il te plaît, j'ai lu une astuce dans la notice mais j'ai besoin de toi...

- J'arrive ma chérie, dis-moi...

- Est-ce que tu peux lui pincer doucement les seins s'il te plaît...

- Les deux en même temps ?

- Oui, en même temps, ça la fait s'ouvrir...

Raoul a donc passé une jambe par dessus le cou de Caroline pour bien maintenir sa tête entre ses cuisses, Odette est en train de pincer les seins de la poupée pendant que Simone entre enfin à l'intérieur. Le hasard faisant toujours bien les choses, c'est à ce moment précis que Paulette débarque à l'improviste chez sa sœur. Au moment où elle entre dans la maison, sans frapper comme à son habitude, elle tombe nez à nez avec cette scène surréaliste et entend Simone dire :

- Maman, pince-lui les seins plus fort parce que je pense qu'il va falloir que j'entre la main entièrement si tu veux rentrer chez toi... Ou alors essaie toi, tu as les avant-bras plus fins, et moi je pince.

Odette

- Mais tu es sûre qu'elle ne va pas parler si on lui fait quelque chose qui lui déclenche une réponse particulière ? Parce que là je serais mal à l'aise quand même...

- Oui, oui je suis sûre. C'est juste qu'elle est hyper profonde c'est dingue, je ne sais pas sur quoi ils se sont basés mais elle pourrait avoir des jumeaux dans la salle d'attente sans s'en rendre compte la Caro, j'aurais presque pu mettre mon vélo et rentrer à pied ! (Simone rit avec sa mère de sa propre blague devant Raoul qui est livide) Dis donc chéri, si t'as froid aux pieds devant la télé, y'a un truc à faire que t'aurais jamais pu faire avec moi ! Rrrrrooo arrête de faire cette tête franchement...

Paulette laisse alors tomber le plat qu'elle venait de rapporter, figée sur place, à peu près autant que les trois autres protagonistes qui se sont arrêtés net en voyant Paulette.

Simone

- Attends Paulette, ce n'est pas ce que tu crois, on va t'expliquer !

Odette, en train de remonter ses manches

- Oui ma chérie, elle n'est pas vivante, ne t'inquiète pas...

Paulette, tremblante, affolée

- Mais qu'est-ce que vous faites... ?

Raoul

- Ah mais c'est très facile à comprendre, on récupère les clés de ta mère dans le vagin d'une poupée en silicone que ta sœur m'a offert pour la Saint Valentin parce qu'elle ne veut plus de sexe dans notre couple. Mais elle m'aime toujours hein ! Caroline est d'ailleurs une magnifique preuve d'amour... Tu te rends compte de ma chance d'avoir une femme si ouverte... d'esprit ! Et toi, ça va ? Tu venais pour quoi exactement ?

- Je... non rien, je... je venais voir Simone parce que je me sentais seule aujourd'hui... à cause de cette fête des amoureux... je voulais un peu parler avec ma sœur... mais je vais y aller, c'est mieux...

- Mais non reste, ta sœur a le bras long en amour tu sais ! Elle en connaît un rayon... et elle trouve toujours la clé du problème. Tu n'as qu'à rester dormir Paulette... En plus tu pourras dormir avec Simone parce que moi je dors avec Caro, et vu l'éducation saine de ma femme, je n'imagine pas que nous puissions dormir à trois dans le même lit, même avec une amie en silicone... Non, reste, franchement, ça me ferait plaisir que tu parles à ta sœur... (Il se tourne vers Odette) Odette, je vous embrasse, je vais aller me reposer un peu, enfin si ma femme veut bien retirer sa main de ma nouvelle compagne...

Simone se met à sourire en retirant sa main d'un coup sec, et en brandissant les clés :

- Je les ai !!!

C'est alors que Caroline commence à hurler de plaisir dans toute la maison. Un programme d'orgasme sonore s'est déclenché.

Paulette 

- Pourquoi elle crie comme ça ???

Simone

- Je ne sais pas, j'ai dû toucher son point G en ressortant... Elles sont très sophistiquées ces poupées tu sais... Maman, donne-moi la notice qui est sur la table de la cuisine s'il te plaît... Vite, parce que là elle va ameuter le quartier ! On va croire que c'est moi !

Raoul

- Et ça t'ennuie qu'on puisse croire que tu prennes ton pied avec ton mari ?

Simone

- Raoul aide-nous au lieu de raconter n'importe quoi ! Tu ne sais pas comment on peut l'arrêter toi ?

- Ah non, c'est toi la spécialiste des poupées ! Moi je n'ai jamais eu besoin de notice avec ma femme ! Mais si elle fonctionne vraiment comme toi, essaie de lui parler de foot, de découvert à la banque ou dis-lui qu'elle a grossi, normalement elle devrait s'arrêter immédiatement. Et probablement se refermer automatiquement.

- Vous êtes tous pareil, vous êtes persuadés de connaître la notice de tout mais rien n'est monté comme il faut !

Raoul

- Allez, c'est bon pour moi... Salut les barges...

Raoul attrape son manteau, jette un regard noir à Simone, dit bonsoir, et quitte la maison en claquant la porte. Dehors, il croise le mari de Paulette qui s'avance vers la maison.

- Tiens salut Charles...

- Bonsoir Raoul, bah t'en fais une tête... tu t'en vas ? 

- Oui

- Vous faites quelque chose de spécial pour la Saint Valentin ?

- Ah plutôt oui... Simone m'a offert un voyage pour la Silicon Valley

- C'est vrai ? Oh vous allez adorer...

- Pas sûr, c'est un voyage pour un.

- Hein ?     Charles entend alors cette voix de femme qui hurle son plaisir.      
Mais... qu'est-ce qui se passe là-dedans ? C'est... c'est Simone qu'on entend là ? Mais pourquoi elle...

- Simone n'est pas seule.

- Tu plaisantes ??? Elle est avec qui ?

- Elle est avec sa mère et ta femme, mais je te conseille vivement de ne pas les déranger.




Franck Pelé - textes déposés SACD - février 2015


3 commentaires:

  1. Laurent Sébastien.17 février 2015 à 12:49

    Merci Franck pour cette magnifique tranche de vie, "vaudeville" à souhait, digne des plus belle pièce du genre.
    Ton écriture, ton style, tes personnages ont une fois de plus égayer mon déjeuné. Merci à toi, merci à Simone et Raoul de tendre à nous sortir toujours et encore du quotidien... ;-)


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  2. Haha j adore les sous entendus et la coquinerie de cette histoire..... :)

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  3. Quel final Franck! Cela dit, on ne peut en rester là, il nous faut une suite!

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