Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

dimanche 26 août 2012

Règle n°14



" Règle n°14 :  Ne jamais réfléchir au moment où votre femme vous demande : "ça me va bien ça ? Comment tu me trouves ? J'ai grossi non ?"


Un jour, dans le grenier d'une maison que ses parents venaient d'acheter, un petit garçon a trouvé un vieux livre, tellement poussiéreux que le titre n'était plus lisible. Il a d'abord soufflé dessus, toussé un peu, puis a nettoyé la couverture avec sa manche. En jolies lettres d'or, ce titre : "Les vérités de Raoul". Il ouvre le livre et tombe sur une page au hasard :



Toujours donner la meilleure réponse possible. Sinon, on vous la donnera la meilleure réponse. Celle qu'un copain a su donner LUI ! Celle qu'une amie ou une mère a immédiatement lancée, ELLE ! Et on la comparera à la vôtre, votre réponse à vous, pourtant si sincère, vous pensiez aider, vous n'avez fait qu'exprimer un manque d'enthousiasme.

Et vous perdrez. Votre week-end d'abord. Quelques doux réveils ensuite. Et un peu de la confiance de votre femme. En elle, et en vous.

Votre femme ne grossit jamais. Vous oui, mais pas elle. Elle doit perdre un peu de poids mais elle seule a le droit de le penser.

Votre femme ne vieillit pas, si vous lui dites, c'est vous qui la faites vieillir !

Votre femme est toujours belle, et tout lui va, c'est fou...

Parce que si vous trouvez que quelque chose ne lui va pas, elle va immédiatement penser qu'elle a grossi, ou vieilli, ou qu'elle ne vous plaît plus.

Peut-être même va-t-elle fouiller dans le tiroir de votre bureau pour voir si vous n'êtes pas amoureux d'une plus jeune, plus mince, plus belle.

En fait, quand votre femme vous demande "ça me va bien ça ? Comment tu me trouves ? J'ai grossi non ?" elle veut simplement savoir si vous l'aimez.

Je t'aime. Voilà la meilleure réponse possible."





Le petit garçon referma le livre, et souriait comme s'il était sûr d'avoir trouvé un secret qu'il lui permettrait d'être grand plus vite que les autres. Il souriait depuis le titre, parce que lui aussi s'appelait Raoul. Et il pensait à l'amour, ce grand mot dont il ne connaissait rien mais dont il avait beaucoup entendu parler. Une espèce de Dieu, mais qui existerait vraiment. Parce que beaucoup l'ont rencontré. Et que ça change la vie apparemment... Le petit Raoul, gonflé de confiance, monta alors sur son petit tabouret, regarda par la fenêtre, et regardait la petite Simone, qui jouait en face, dans son jardin. Il se disait que plus tard, il l'aimerait. Et qu'il la trouverait toujours belle.




Franck Pelé - Août 2012

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