Simone et Raoul

Simone et Raoul
Avant eux, le couple n'existait pas. (photo Marc Montezin)

dimanche 26 août 2012

Le venin de l'amour




- Je t’aime Simone…

- Je te déteste Raoul !

- Je serai toujours là pour toi, tu es la femme de ma vie…

- Je ne serai plus là demain !

- Je veux passer ma vie avec toi

- Je ne veux plus de toi dans ma vie…

- Tu es belle comme le jour, laisse-moi te regarder… Viens là…

- Je ne peux plus te voir, chacun de tes traits me rappelle celui que je tire sur toi

- J’ai besoin de toi, de te voir chaque matin, comme un papillon sur mon épaule

- Je t’écraserai comme l’araignée du soir, espoir…

- Cette femme c’était rien, juste un jeu, qui a dérapé, tromper c’est aimer ailleurs, c’est cultiver une relation extraconjugale… Je n’ai jamais rien fait de la sorte, je n’aime que toi, souviens-toi de notre première communion charnelle, dans le salon, par terre, l’évidence de notre alchimie…

- Je te déférerai au Parquet !

- Je te préférais sur la moquette…

- Parce que tu crois que te rabaisser à coucher avec cette traînée me donne l’image d’un homme qui ne trompe pas ?

- Traînée, tu y vas un peu fort, elle est catholique quand même…

- Elle fait souvent visiter sa chapelle Sixtine la catholique non ?

- Tu aurais préféré que je ne te dise rien ? Il faut quand même un sacré courage pour avouer une chose pareille ! Je pensais que renoncer au « n’avoue jamais » aurait mérité un peu plus de pardon !

- Tu veux que je m’excuse peut-être ???

- Non ! Mais moi, j’ai peut-être visité la chapelle Sixtine mais je n’ai jamais prévu d’y emménager ! Et je ne lui ai jamais dit de mots d’amour !

- De quoi tu parles là ?

- Des lettres que j’ai trouvées dans une boîte à chaussures, au fond de ton dressing !

- Depuis quand tu fouilles mon dressing ?

- Depuis que je voulais prendre une paire de tes chaussures pour vérifier la taille et t’en offrir d’autres, c’était l’année dernière ! Et je n’ai rien dit, jamais ! Parce que je sais ton amour ! Mais ne change pas de sujet. « Je t’aime mon amour, je suis à toi, j’ai envie de toi jour et nuit, je brûle d’être ta chair… etc… » des lettres datées, une correspondance qui a duré plusieurs mois, presque un an, et encore tu n’as peut-être pas tout gardé ! Tu vois, c’est ça tromper !

- Mais ce ne sont que des mots ! Je ne l’ai vu que trois fois en un an !

- Donc si je glisse une fois dans la chapelle d’une catholique c’est tromper et c’est sans excuses possibles, mais toi, t’as allumé trois fois le cierge de Michel-Ange et c’est de la littérature ?

- Raoul… Je n’ai jamais aimé cet homme, c’était un fantasme, une bulle, tu n’étais jamais là… J’avais besoin d’amour, de cet amour que tu ne croyais plus utile de me dire, de m’écrire…

- Je te le donnais Simone, c’est toi qui ne le ressentais plus, trop habituée, trop gâtée ! Me reprocher de ne pas te donner ce que je te donnais bien mieux qu’un inconnu qui avait le seul avantage de ne pas avoir les yeux de la routine, c’est tromper ! C’est ne pas se battre pour cultiver une terre déjà bien fleurie ! Et depuis longtemps !

- Je veux être tous tes matins, tous tes soirs…

- Je t’écraserai comme une araignée du matin ! Chagrin…

- Je serai toujours là pour toi, tu es l’homme de ma vie Raoul…

- Ah oui ? Si je ne t’avais pas parlé de ces lettres, tu m’enterrais vivant ! J’étais la dernière des ordures ! Et j’aurais dû vivre avec cette image toute ma vie. Moi, l’odieux, le salaud, et toi, la victime dont j’aurai détruit le bonheur !

- J’ai été moins courageuse que toi… C’est tellement dangereux d’être honnête… le risque de ne pas être comprise… de tout perdre… pardonne-moi…

- Je te déteste Simone !

- Je t’aime Raoul…





Franck Pelé - 1er août 2012 - 0h39


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